Jour de fête et de joie aux Cordeliers en ce soir célébrant tous les saints ! La messe de la Toussaint présidée par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri en ce samedi 31 octobre 2015 était l’occasion de rendre grâce pour dix ans de présence à Gap (et presque douze ans dans le diocèse) des Sœurs de Notre-Dame de La Salette.

On était heureux, joyeux, on a dansé, on a ri. Se trouvait ainsi vérifié ce que Mgr Jean-Michel di Falco Léandri disait dans son homélie : “Ce que nous aimons chez vous, mes sœurs, c’est que vous nous présentez une sainteté à portée de main, une sainteté toute simple, une sainteté joyeuse. Et nous en avons bien besoin ici en France !”

Ci-dessous des vidéos de la messe avec les mots d’accueil, les danses, l’homélie.


 

Mots d’Accueil du père Sébastien Dubois et de soeur Estelle


Homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

Je lisais récemment dans un magazine un article concernant la manière dont on fait les saints ! Je veux dire, non pas la manière dont on devient saint – par la sainteté de sa vie –, mais la manière dont on est officiellement déclaré saint par l’Église.

Et cet article disait que, sur plus de 2 000 causes en attente à Rome, la moitié de ces causes étaient italiennes et un quart françaises, le reste du monde se partageant le dernier quart. Le même article disait que les causes latino-américaines et asiatiques augmentaient, mais que l’Afrique restait le parent pauvre, malgré un fonds de soutien et l’exonération de certains frais, tout cela parce que le processus de canonisation coûtait trop cher.

Le pape François a ordonné en septembre dernier que les procédures de reconnaissance d’une nullité de mariage soient gratuites dans toute l’Église afin d’en faciliter l’accès à tous les couples. Peut-être en viendra-t-il à ordonner que les procédures de canonisation soient elles aussi sans frais afin d’en faciliter l’accès à tous les peuples…

En attendant, même si l’île de Madagascar ne compte officiellement que deux bienheureux autochtones (Victoire Rasoamanarivo – je vais doucement pour être sûr que je prononce bien [rires], et Raphaël Rafiringa – « ga » ou « ja » ? [réponse] Il n’y a que vous qui avez répété [en désignant les Malgaches], eux non… [en désignant le reste de l’assemblée] [rires]), je suis sûr que votre pays, mes sœurs, compte bien plus de saints et de saintes anonymes que seulement ces deux-là qui sont connus !

Je l’ai bien vu lorsque je me suis rendu dans votre belle île en diverses occasions. Pour cela, je n’ai qu’à me référer aux critères de sainteté donnés par le Christ lui-même !

Les pauvres de cœur. Vous les avez, mes sœurs, dans votre pays.
Ceux qui pleurent. Ils sont aussi bien nombreux.
Les doux. Vous n’en manquez pas, et vous l’êtes vous-mêmes.
Ceux qui ont faim et soif de la justice. Il suffit de voir ce que fait le père Pedro notamment.
Les miséricordieux. Vous avez eu suffisamment de conflits pour avoir aussi appris la réconciliation et la miséricorde.
Les cœurs purs. Je n’ai qu’à penser aux visages souriants, directs et francs des enfants de chez vous.
Et je pourrais encore continuer longtemps…

La sainteté du peuple malgache, je la vois aussi par la manière dont vous êtes présentes, disponibles, actives dans notre diocèse depuis bientôt douze ans, mes sœurs.

Mais ce soir, je tiens à rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. C’est à lui [se tournant vers le père Dubois] (il s’inquiète, hein ?), c’est au Père Dubois que nous devons la présence de votre première communauté sur le diocèse. Je tiens donc à lui exprimer ma reconnaissance. Depuis, j’ai tenu à ce que vous ayez votre maison et c’est pourquoi nous avons restauré celle de Clairfont à Charance.

Je sais que vous saurez entendre ce que je vais dire maintenant sans que votre ego se développe de manière démesurée :

Ce que nous aimons chez vous, mes sœurs, c’est que vous nous présentez une sainteté à portée de main, une sainteté toute simple, une sainteté joyeuse. Et nous en avons bien besoin ici en France ! Car nous ici, nous croyons encore que la sainteté se gagne à la force du poignet, à force de pénitences. Nous croyons encore que la sainteté consiste à marcher les yeux baissés, en ayant une face de carême ! Mais vous, vous nous témoignez du contraire. Vous nous montrez que lorsqu’on s’ouvre à Dieu, alors on s’épanouit, alors on est sur le chemin de la sainteté. On ne recherche pas à devenir un saint ou une sainte, cela s’appellerait de l’orgueil, on vit tout simplement comme Dieu nous invite à le faire.

Alors, mes sœurs, merci de nous montrer que la sainteté n’est pas à chercher dans le merveilleux, le spectaculaire et le miracle. Vous nous montrez qu’elle est au milieu de nous. Cette sainteté est si proche de nous, si évidente, que souvent nous ne le voyons pas. Elle est comme cachée. « Dès maintenant, nous dit saint Jean, dès maintenant nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ». Comme cette sainteté est cachée, nous la cherchons ailleurs alors qu’elle est bien là : dans la main qui se tend, le regard qui s’illumine, le sourire qui s’épanouit ! Ne cherchons pas la sainteté ailleurs que parmi ceux et celles qui nous entourent. La sainteté est dans l’accueil de l’œuvre de Dieu dans nos vies… ordinaires. Si nous le laissons faire, Dieu peut faire des merveilles. Ne serait-ce déjà que d’être heureux… de vivre, de donner, de partager.

Merci encore, mes sœurs. Car vous nous montrez aussi que la sainteté n’est pas à trouver en allant à contre-courant de ce que nous sommes au plus profond de nous-mêmes. Selon les époques, les peuples, les mentalités, les tempéraments, c’est tantôt un aspect de la vie du Christ, tantôt un autre, qui est mis en lumière dans la vie des saints. Il est impossible pour chaque chrétien de reproduire matériellement, intégralement et totalement la vie du Christ. Chacun donc suit le Christ selon ce qu’il est, avec ses forces et ses faiblesses, ses aspirations et ses besoins. C’est cela qui crée des saintetés aux multiples facettes alors que tous les saints ont vécu du même Christ. Comme femmes, comme religieuses, comme porteuses du charisme de la Salette, comme malgaches, vous avez chacune des talents et des dons propres, et vous en faites profiter notre diocèse. La sainteté est tout simplement l’épanouissement des germes de bonté que l’on porte déjà en soi. Et ces germes de bonté produisent chez l’un une très grande attention aux pauvres, chez l’autre un engagement auprès des jeunes, chez une autre encore la présence auprès des malades, chez un autre le désir de vivre les tâches ménagères dans la joie. Merci de nous le rappeler.

Pour différentes raisons, cette messe d’action de grâce, à l’origine prévue il y a plusieurs mois, a été reportée à ce samedi soir. Peut-être est-ce Dieu dans sa Providence qui l’a voulu ainsi. Car je ne peux oublier, vous l’avez évoqué, ma sœur, tout à l’heure, en cette fête de tous les saints le départ vers le Père, il y a trois ans déjà, le jour-même de la Toussaint, de Sœur Claire-Odette Rasoanatoandro. Comme je le disais lors de ses obsèques à la cathédrale : « Sœur Claire-Odette a témoigné du Christ, de celui qu’elle aimait, de celui à qui elle avait donné sa vie. Si devant cet autel, nous sommes dans la peine et la tristesse, ce qui est normal, soyons aussi dans la paix, la confiance, la joie même. Le Christ ouvre ses bras à sa sœur cadette. Le Christ l’accueille. Le Christ la prend sur son cœur. »<

Alors, voyez-vous : il y a peu de saints officiellement canonisés, mais nous savons en réalité que la foule des saints est immense, et que nul ne peut la dénombrer. Mieux encore, nous savons que nul n’est pour Dieu un anonyme perdu dans la foule. Pour Dieu, personne n’est un numéro et un matricule. Dans le livre du prophète Isaïe on peut lire comment Dieu considère chacun de nous : « Je t’ai appelé par ton nom, tu es mon enfant, tu comptes beaucoup à mes yeux, tu es précieux pour moi, et je t’aime. »

Alors, confiance et courage ! L’amour que Dieu offre à chacun de nous fait de nous des saints si nous le voulons bien. L’amour personnel que Dieu offre à chacun et à chacune des enfants de la terre les fait entrer dans la joie du ciel s’ils veulent bien. Dieu nous aime tellement qu’il suffit d’accueillir son amour pour être transformés par lui et devenir des saints, semeurs autour de nous d’espérance, de paix, de joie, d’amour, de vérité, de foi, de pardon, d’union et de consolation.

Dans notre monde nous sommes confrontés à la souffrance des innocents, à l’injustice, au cynisme des puissants. Combien d’êtres humains sont comptés pour rien ? Mais l’injustice n’aura pas le dernier mot. Le Christ qui est notre juge est aussi notre avocat. Il a partagé nos souffrances, il a été victime de l’injustice, du mensonge, de la calomnie et de la cruauté des hommes. Il règne désormais dans les cieux. Il viendra un jour dans sa gloire. Je ne dis pas cela pour apporter une consolation à bon marché. Je dis cela comme un appel à la responsabilité de chacun ! Le Christ combat l’injustice et veut y mettre un terme. Et il y mettra un terme. Mais cela veut dire aussi qu’il ne veut pas de nos propres injustices, et que nous devons y mettre un terme, en laissant son amour grandir en nous.

Aujourd’hui réjouissons-nous avec l’Église du ciel, avec la sainte Vierge Marie, avec tous les anonymes de la terre précieux aux yeux de Dieu. Soyons dans la joie de travailler à l’avènement du Royaume et d’être appelés à les rejoindre un jour. Et confions-nous à leur intercession.

+ Jean-Michel di FALCO LÉANDRI
Évêque de GAP et d’EMBRUN


Chant d’offertoire

Seigneur, nous t’offrons ces dons qui viennent de toi-même.
Ils représentent toute notre vie. Nous te les présentons avec joie. S’il te plaît, reçois-les
.

1 – Indro re ny tenanay atolotray anao ry Ray
Raiso re raha sitrakao, ho famonjena ho anay

Fiv : Asandratray, asandratray e ‘Zao ho tolotra ho anao ry Ray (bis)

Indro re ny ezakay, atolotray anao ry Ray
Raiso re raha sitrakao, ho famonjena ho anay

Ny fifankatiavanay, atolotray anao ry Ray
Raiso re raha sitrakao, ho famonjena ho anay

Ny adidinay tanterakay, atolotray anao ry Ray
Raiso re raha sitrakao, ho famonjena ho anay


Chant pour la paix

Que la paix du Christ soit avec nous. Que la paix du Christ règne dans nos cœurs.
Que la paix du Christ nous réconcilie. Cette paix est éternellement.

Homba antsika mianakavy anie ny fiadanan’i Kristy e (bis)
Homba antsika mianakavy anie ny fiadanan’I Kristy e (bis)

Fiv: Fiadanana, fiadanana, fiadanan’I Kristy fiadanana mandrakizay.

Hanjaka ao am-pontsika anie ny fiadanan’I Kristy e (bis)
Hanjaka ao am-pontsika anie ny fiadanan’I Kristy e (bis)

Hampifankatia antsika anie ny fiadanan’I Kristy e (bis)
Hampifankatia antsika anie ny fiadanan’I Kristy e (bis)

 

Cet article a 6 commentaires

  1. Elisabeth MEYER

    Quelles belles célébration et Homelie dans la JOiE et la prière.

  2. Becuywe

    Merci vraiment pour les vidéos et les paroles des chants malgaches : avec ça on va pouvoir s’exercer sérieusement et ne plus être à la traîne derrière les soeurs parcequ’on veut absolument prononcer tous les “a” de la feuille de chants 🙂

  3. Ouelbeck

    Entièrement d’accord avec Raymond. Le père Ludovic est très coincé mais c’est formidable que son évêque le secoue !

  4. Brigitte

    À chacun son rythme, n’est ce pas ! Certains seront plus à l’aise avec celui des charismatiques, ce n’est pas mon cas.
    Merci Seigneur pour la diversité des cultures là où tu nous envoies.
    Peut-être un jour des latino américains nous ferons aussi vibrer.

  5. Grimaldi Marie José

    Elles sont géniales !

  6. Raymond

    Le Père Ludovic a l’air curieusement coincé lorsque son évêque lui demande de danser…. vraiment dommage.
    Merci à Mgr pour un telle attitude qui fait du bien. A renouveler au Laus !!!

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