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Dimanche 6 mars 2022 – Vêpres solennelles

AUDIO de l’homélie de Mgr Xavier Malle : Ceux qui reçoivent en abondance le don de la Grâce

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« Si, en effet, à cause d’un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a établi son règne, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes. »

Voilà la phrase importante de ces paroles que saint Paul écrit aux chrétiens de Rome. Je vais essayer de rendre plus facile ce texte qui est effectivement compliqué, et en tirer des lumières pour ce que nous vivons cette après-midi, l’appel décisif des 9 catéchumènes qui seront baptisés la nuit de Pâques dans leur paroisse.

Voyons d’abord comment Saint Paul décrit l’histoire de l’humanité.

C’est une histoire de péché et de grâce, de mal et de bien. Une lutte à mort entre ces deux pôles, et nous voyons bien que cette lutte continue ; je pense à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. St Paul voit trois étapes de cet affrontement, avec trois acteurs pourrait-on dire :

1ère étape, ADAM, ce qu’on a appelé le péché originel d’Adam et Eve. Je ne peux détailler beaucoup, mais dire que le péché en question consiste à refuser d’être des créatures et à vouloir être le créateur. Le tentateur leur a proposé de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Or décider ce qui est bien et mal ne dépend pas de l’homme, mais est inscrit dans notre nature humaine par Dieu. Adam a voulu se faire Dieu, a refusé Dieu comme créateur.

Seconde étape, MOÏSE. Moïse est celui qui fait sortir le peuple hébreux d’Egypte où il était esclave, vers la Terre Promise où il sera un peuple libre. Pour cette liberté, Dieu lui donne les 10 commandements, « un seul Dieu tu honoreras, tu ne commettras pas de meurtre », etc ; soit en fait le mode d’emploi de l’être humain libre, non soumis au mal et au péché. Auparavant, Dieu s’était révélé comme un Dieu proche dans le buisson ardent, puisque Moïse avait pu s’approcher du feu, et Dieu lui avait révélé son nom,  JE SUIS CELUI QUI EST, c’est à dire qu’il est à l’origine de tout, le créateur, et que l’homme n’est rien en lui-même.

3ème étape, JESUS CHRIST. Par sa confiance et son obéissance au Père, Jésus a rétabli l’humanité dans la relation, dans la communion, avec Dieu. Et il nous a révélé que Dieu est un père très aimant. C’est en étant uni à Jésus que nous sommes unis à Dieu le Père.

Alors quel est le lien avec l’appel décisif de ce jour ?

AVANT LE BAPTÊME, vous l’expérimentez, vous n’êtes pas sans péchés. Vous faites du mal aux autres et à vous-mêmes parfois. A l’occasion de ces dernières semaines de préparation, vous vous apprêtez à dire non au mal & oui au bien ; non au diable l’auteur du mal & oui à Dieu, la source de tout bien. Vous allez passez d’une étole violette que l’on va poser sur vos épaules dans quelques instants, à un vêtement blanc après votre baptême. Ce choix de demander le baptême est le choix de la vie contre la mort. Car comme dit St Paul, par le péché est venue la mort. Par votre baptême, qui est la plongée dans la mort et la résurrection de Jésus, ce « don gratuit de Dieu conduit à la justification » ajoute st Paul.

Donc ce jour, vous manifestez votre détermination, votre engagement à choisir Dieu et à renoncer au diable, à choisir le bien et à renoncer au mal.

Mais APRES LE BAPTÊME, est-ce à dire que vous ne ferez plus de péché ? Je peux témoigner personnellement malheureusement que ces forces de mort sont encore à l’oeuvre, et que comme chacun des baptisés ici présent, je fais encore des péchés. Mais j’en suis conscient et je suis déterminé à lutter pour ne plus pécher et pour faire le bien, et je reçois pour cela régulièrement le sacrement du pardon, la confession. Comme disait un prédicateur, un chrétien, c’est un PPPP, pauvre petit pécheur pardonné. Alors c’est grand un chrétien.

Je termine par une histoire : la soeur de la religieuse carmélite sainte Elisabeth de Dijon, vient d’avoir un bébé qui vient d’être baptisé. Alors Elisabeth lui écrit une magnifique lettre : « si j’étais près du berceau, je m’agenouillerait, car c’est grand un chrétien ». Frères et soeurs catéchumènes, par votre baptême, vous serez fils & fille bien aimé du père tout aimant, frère & soeur de Jésus et temple de l’Esprit. C’est d’ailleurs pourquoi le prêtre qui vous baptisera versera trois fois de l’eau sur votre front, au nom du P, du F et du SE. Avec saint Paul je conclue : « Combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes. » Amen.

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De la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 

Frères, nous savons que par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et que par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, étant donné que tous ont péché. Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde, mais le péché ne peut être imputé à personne tant qu’il n’y a pas de loi. Pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse, la mort a établi son règne, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam. Or, Adam préfigure celui qui devait venir. Mais il n’en va pas du don gratuit comme de la faute. En effet, si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ. Le don de Dieu et les conséquences du péché d’un seul n’ont pas la même mesure non plus : d’une part, en effet, pour la faute d’un seul, le jugement a conduit à la condamnation ; d’autre part, pour une multitude de fautes, le don gratuit de Dieu conduit à la justification.  Si, en effet, à cause d’un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a établi son règne, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront ils dans la vie, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes. Bref, de même que la faute commise par un seul a conduit tous les hommes à la condamnation, de même l’accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie. En effet, de même que par la désobéissance d’un seul être humain la multitude a été rendue pécheresse, de même par l’obéissance d’un seul la multitude sera-t-elle rendue juste.