« Qui est le plus grand ? » Homélie Fête de la nature La Bâtie Vieille 21 septembre 2024

Samedi 21 septembre 2024 – Messe à la fin de la Fête de la Nature à La Bâtie Neuve.

« Qui est le plus grand ? » C’est la question qui taraudait les apôtres en chemin. Ils n’en sont pas fiers, et ils gardent le silence quand Jésus leur demande de quoi ils parlent. Ils ne sont donc pas encore complètement entrés dans un chemin de conversion ; l’orgueil et la jalousie les tiennent encore sous leur coupe, mais on peut estimer que leur gêne montre qu’ils progressent !

Le plus étonnant pour nous est que la question vient juste après que Jésus ait annoncé sa mort et sa résurrection : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » En fait ils ne pouvaient pas comprendre, car ils attendaient un messie victorieux qui les sauverait de l’envahisseur romain, et ils pensaient encore à la gloire humaine. La vaine gloire.

On raconte que quand on parlait à Napoléon d’un de ses généraux comme d’un grand homme, il répondait que ce n’était pas un grand homme mais un homme haut. Finalement, qu’est-ce qu’un grand homme ? Aux yeux de Dieu, qu’est-ce qu’un grand homme ? « Si quelqu’un veut être le premier,
qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Le grand homme, c’est le serviteur. Le même Napoléon, qui n’est pourtant pas un saint, il suffit de demander à nos amis européens ce qu’ils en pensent, et même si dans les Hautes-Alpes a République lui a élevé des aigles impériaux sur nos routes, Napoléon aurait aussi dit : « L’homme n’est jamais si grand qu’à genoux devant Dieu. » Il aurait dû ajouter : et devant ses frères. St Vincent de Paul répondait aux religieuses, les filles de la charité, quand elles s’inquiétaient de quitter la prière pour servir les pauvres, qu’au contraire c’était « quitter Dieu pour Dieu ». Pour l’expliquer, « Jésus prends un enfant, le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : ‘Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé.’ » Chers enfants, ce n’est pas que vous soyez toujours des saints, parfois vous êtes même, comme dirait la comtesse de Ségur, des bons petits diables, mais ce qui est beau chez vous c’est la spontanéité et la confiance que vous avez en vos parents. C’est quand vous vous jetez dans les bras de votre père ou de votre mère aperçus au loin.

Chers amis, c’est cette confiance en Dieu notre Père qui fait le grand homme. C’est avec cette confiance en Dieu qu’il peut s’oublier lui-même et se mettre au service de ses frères et soeurs. Le grand homme est donc le serviteur. J’en profite pour une page de publicité : samedi prochain 28 septembre, nous allons vivre à Embrun, de 14h à 17h, une fête autour de nos diacres et de leurs épouses, car cela fait 60 ans que le diaconat permanent est restauré en France.

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Ce n’est point quitter Dieu que quitter Dieu pour Dieu, c’est-à-dire une œuvre de Dieu pour en faire une autre. Vous quittez l’oraison ou la lecture pour assister un pauvre, oh ! sachez que faire tout cela, c’est le servir. St Vincent de Paul