J’accomplirai la parole de bonheur que j’ai adressée – Confirmations St Bonnet et Vallouise
CONFIRMATIONS les 30 novembre à 18h00 à Saint Bonnet (pour les paroisses du Champsaur-Valgaudemar et Haut-Champsaur) & 1er décembre 2024 à 10h30 à VALLOUISE (pour le doyenné du Briançonnais)
Le prophète Jérémie, que nous avons entendu en première lecture prophétise ceci : « Voici venir des jours – oracle du Seigneur – où j’accomplirai la parole de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël et à la maison de Juda. » « J’accomplirai la parole de bonheur que j’ai adressée ! »
Dieu a donc prononcé une parole de bonheur ; quelle parole et quel bonheur ? Mais quel est le bonheur ? Tous les 25 ans, suivant la tradition biblique, les chrétiens vivent une année jubilaire, une année sainte. Le pape François dans son texte annonçant le Jubilé 2025 et son ouverture dans les diocèses le 29 décembre, constatait que tout être humain cherche le bonheur, mais posait une question : « qu’est-ce que le bonheur ? Quel bonheur attendons-nous et désirons-nous ? Non pas une joie passagère, une satisfaction éphémère qui, une fois atteinte, demande toujours plus dans une spirale de convoitises où l’âme humaine n’est jamais rassasiée mais toujours plus vide. Nous avons besoin d’un bonheur qui s’accomplisse définitivement dans ce qui nous épanouit, c’est-à-dire dans l’amour, afin que nous puissions dire, dès maintenant : Je suis aimé, donc j’existe ; et j’existerai toujours dans l’Amour qui ne déçoit pas et dont rien ni personne ne pourra jamais me séparer. » SNC 21 (Les cadeaux de Noël peuvent être compris soit comme une joie passagère et alors je peux être déçu de ce que je reçois, soit comme un geste d’amour donné et accueilli.) « J’accomplirai la parole de bonheur que j’ai adressée » ; quelle est cette parole d’amour ? Jésus est la parole de bonheur de Dieu adressée à l’humanité. Et ce premier dimanche de l’Avent, a v E n t, nous commençons à préparer nos âmes à accueillir cette parole de Bonheur, le soir de Noël, la venue du Sauveur. Il y a dans l’histoire de l’humanité trois venues du Christ Jésus : 1/ sa venue il y a plus de 2000 ans dans la crèche de Bethléem ; 2/ son retour glorieux à la fin des temps ; ce que prédit notre évangile, et entre les deux, 3/ sa venue discrète dans chacun de nos coeurs. « J’accomplirai la parole de bonheur que j’ai adressée ! » Effectivement dans l’évangile, Jésus lui-même annonce cet accomplissement sous la forme de son retour glorieux à la fin des temps, qu’on appelle en théologie la Parousie : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. » Avec ces paroles, les premiers chrétiens pensaient que Jésus reviendrait très rapidement. Mais la première génération a commencé à mourir ; Jésus n’était toujours pas revenu. Il leur a fallu alors entrer dans une perspective plus longue. Nous sommes dans ce temps long de la patience de Dieu : il attend que les hommes écoutes sa parole de bonheur, son Fils Jésus. Accueillons sa 3ème venue discrète dans chacun de nos coeurs. Le pape invite à ce que, je cite, « l’année Jubilaire soit pour tous un moment de rencontre vivante et personnelle avec le Seigneur Jésus, “porte” du salut. Il est notre espérance » SNC 1
Chers amis confirmands, quel est le sens de votre confirmation, au seuil de cette année jubilaire, en ce premier dimanche de l’Avent ? Il y a une double dimension : C’est un cadeau personnel pour une mission pour les autres.
D’abord personnellement c’est le cadeau de l’achèvement de l’initiation chrétienne. Vous serez pleinement chrétiens, baptisé, communié et confirmé. « Confirmer », étymologiquement, cela veut dire « renforcer » ou « fortifier » : la fonction propre de la confirmation est de fortifier ce qui a été donné en germe par le baptême. Si le baptême fait naître la vie de Jésus-Christ en nous, la confirmation la porte à l’état adulte ; elle fait du confirmé un adulte dans sa foi. Il me faut rendre grâce à Dieu pour cela. En ayant lu et répondu personnellement aux lettres des confirmés de toutes les paroisses du diocèse, je veux remercier vos parents, souvent vos grands-parents et même arrières grands parents. La foi et un don de Dieu, mais chers parents et grands parents, par votre fidélité, par exemple à la prière, vous avez éveillé le désir et ouvert le coeur de vos enfants, petits ou arrières petits-enfants, qui me l’ont écrit. Parfois c’est l’inverse : j’ai confirmé dans une autre paroisse un papa en même temps que sa fille ; et c’est celle-ci qui l’y a invité.
(Cela me donne l’occasion de m’adresser aux adultes ici présents qui ne seraient pas confirmés : sachez que pendant l’Année Sainte, votre paroisse et le diocèse vous proposeront une confirmation d’adultes lors de la messe de la Vigile de la Pentecôte à la cathédrale à Gap. Sont concernés, en plus des catéchumènes adultes qui se préparent déjà pour la confirmation, 3 types de baptisés 1/ Les fidèles pratiquants, mais qui n’auraient pas été encore confirmés pour différentes raisons. 2/ Les fidèles se préparant au mariage pour l‘été prochain, car recevoir l’Esprit Saint en plénitude, lui qui est l’amour entre Dieu le Père et Jésus le Fils ; recevoir une dose d’amour avant de se marier, c’est un gage de mariage durable. 3/ Les parrains et marraines des baptêmes de l’été qui n’ont pas encore été confirmés. Si vous êtes dans l’une de ces 3 situations, n’hésitez pas à en parler à vos prêtres.)
J’ai aussi lu dans vos lettres de demande de la confirmation combien les retraites et les camps proposés par vos paroisses, le diocèse et les mouvements scouts ont été importants. Merci à vos prêtres, vos religieuses, vos catéchistes, vos chefs et cheftaines scouts qui ont compté dans votre chemin de foi. Enfin il me faut aussi vous remercier personnellement, car si vous êtes présents ce jour, c’est que vous avez pris une décision personnelle, basée la plupart du temps sur une rencontre personnelle avec Jésus. Vous avez pour reprendre les termes de Jérémie, accueilli « la parole de bonheur » qu’Il vous a adressée, expérimentant sa douce présence, en particulier lors d’évènements de grande souffrance, comme la mort d’un être cher, ou d’évènements heureux, comme d’avoir été parrain ou marraine de baptême. Certains me confient qu’il y a véritablement eu un avant et un après cette rencontre forte avec Jésus ; Qu’elle a changé votre vie. L’une d’entre vous dit que Dieu l’a sauvée. Mais chers jeunes tout cela ce n’est pas que pour vous, pour votre bien être. L’Eglise, ce n’est pas le salon du bien être !
Ce cadeau de la Confirmation a en effet une dimension communautaire : vous recevez un esprit pour une mission.
C’est à vous qu’il revient d’être témoin et prophète de cette parole de bonheur, en particulier pendant l’année sainte 2025 où le pape nous invite à être pèlerins d’espérance. Je ne vous apprends pas que notre monde ne tourne pas bien, avec un regain de violence et de radicalisation, y compris dans le débat démocratique –, avec une fuite en avant inquiétante sur les questions « sociétales », comme l’euthanasie des anciens, alors que l’urgence serait le développement des soins palliatifs, avec les graves inquiétudes engendrées par l’invasion russe en Ukraine, la guerre au Moyen Orient, les souffrances dues aux migrations et aux changements climatiques. C’est dans ce monde désespérant et désepéré, que Dieu vous envoie proclamer l’espérance. La réouverture et la première Messe à la cathédrale ND de Paris les 7 et 8 décembre, et la venue du pape François à Ajaccio le 15 décembre, sont des signes de cette espérance. Chers jeunes, c’est quand les temps sont plus difficiles que nous avons la belle mission d’être, selon l’invitation du Pape pour le jubilé 2025, des « pèlerins de l’espérance », de proclamer à notre tour Jésus-Christ, notre parole de bonheur. Car c’est dans la nuit que brillera la lumière de l’Espérance. Amen.



