Tu es mon fils, ma fille, bien aimé – homélie Baptême de Jésus & appel décisif à Tallard

Dimanche 12 janvier 2025 – Baptême du Christ à 11h00 à Tallard avec appel décisif de deux catéchumènes (qui seront absents lors de l’appel décisif diocésain au Laus dimanche 9 mars)

« Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Cette voix venant du ciel après le Baptême du Christ, est la même qui est prononcée au Ciel lors de notre propre baptême. Mais il y a une grande différence.

Pour Jésus, vrai Dieu et vrai homme, Dieu le Père fait en quelque sorte une reconnaissance de paternité de son Fils unique. J’emploie volontairement un vocabulaire contemporain pour bien l’expliquer, bien que le mystère soit au-delà : Il est « Dieu né de Dieu, vrai Dieu, né du vrai Dieu, engendré non pas créé, consubstantiel au Père » ; ainsi le décrira les évêques du tout premier concile oecuménique à Nicée en 325, dont nous fêtons les 1700 ans au coeur de notre année sainte 2025.

Pour nous, employant toujours un vocabulaire contemporain, il y a une adoption filiale. Nous devenons fils et filles adoptives de Dieu à notre Baptême.

Peut-être connaissez vous des parents adoptifs ? Ce sont de vrais parents qui aiment et s’occupent de leurs enfants !

Si nous avons été baptisés petits, peut-être que nous ne voyons pas trop l’importance de notre baptême. A ce propos, connaissez-vous la date de votre baptême ? Moi c’est facile, c’est le 15 septembre, le lendemain de ma naissance, car grand prématuré je ne devais pas survivre. Donc pour moi il y a eu un seul jour sans être fils adoptif bien aimé du Père. Je mesure combien j’ai été gâté.

Pour un adulte qui demande le baptême, il y a un avant et un après. Un avant – sans Dieu – et un après de la rencontre avec Jésus qui a aboutie au baptême, comme le prononcé de l’adoption.

A l’occasion de ce jubilé 2025, c’est à dire les 2025 ans de la naissance de Jésus, et des 1700 ans du concile de Nicée, les évêques de France ont écrit un très belle lettre dont voici un extrait : « Dieu entré dans l’histoire y demeure présent d’une manière éminente dans des gestes et des paroles qui actualisent la promesse de Jésus. » 

Dieu entré dans l’histoire y demeure présent, cela fait référence au mystère de Noël que nous venons de célébrer. Cela s’applique aussi à chacun de nous : « Dieu entré dans mon histoire y demeure présent. »

Dieu entré dans mon histoire. Le thème de l’année Sainte 2025 est pèlerin d’espérance. L’espérance est l’espérance d’un Dieu qui vient à notre rencontre et donc s’inscrit dans notre histoire et est capable de la changer. C’est l’expérience de la douce rencontre avec Dieu. Le pape fait le vœu que cette année jubilaire « soit pour tous un moment de rencontre vivante et personnelle avec le Seigneur Jésus, “porte” du salut. Il est notre espérance » SNC §1 

– L’appel décisif que nous allons vivre, est en quelque sorte la confirmation d’une rencontre, celle d’une jeune femme avec Jésus-Christ. Son espérance future sera basée à jamais sur cette première rencontre, aurore d’autres rencontres.

Quel est le parcours d’un catéchumène ?

– Pour nous aussi. Alors il nous est bon de faire mémoire de ce qui et quoi dans notre vie nous permet d’appuyer l’espérance, c’est une invitation à « regarder dans le rétroviseur ». Paradoxalement, affirmait le patriarche orthodoxe Athénagoras, « l’Église se souvient de l’avenir. » « Avec l’aide du Saint Esprit, c’est en témoin du futur qu’elle interprète les traces du passé et discerne les appels du présent. » (Cardinal Aveline – lettre pastorale pour le Jubilé 2025)

Le pape François invite à discerner les signes d’espérance dans le présent : « Outre le fait de puiser l’espérance dans la grâce de Dieu, nous sommes appelés à la redécouvrir également dans les signes des temps que le Seigneur nous offre. (…) Il faut donc prêter attention à tout le bien qui est présent dans le monde pour ne pas tomber dans la tentation de se considérer dépassé par le mal et par la violence. SNC 7

« Dieu entré dans l’histoire y demeure présent d’une manière éminente dans des gestes et des paroles qui actualisent la promesse de Jésus. » Prenons cette seconde partie de la phrase : Ces gestes et ces paroles ce sont les sacrements de l’Eglise. Ainsi le baptême vient continuer ce que Jésus a fait, réconcilier l’humanité avec Dieu son Père. L’Eucharistie actualise sa passion et sa résurrection et nous offre sa présence réelle dans la communion. La confirmation nous transmet le don plénier de l’Esprit Saint, l’amour qui unit le Père et le Fils. Le Baptême est l’inclusion dans l’Eglise, la communauté des croyants en Jésus-Christ notre Sauveur.

« Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » Cette bonne nouvelle et cette joie du baptême de Jésus, et de notre propre baptême qui a changé chacune de nos vies, nous sommes invités à la partager. Il y a une parole dans la première lecture, la prophétie d’Isaïe qui ne m’avait pas touchée quand j’étais curé dans les plaines de la Touraine :  « Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. » Monte sur une haute montagne pour que ta voix porte ! C’est comme un écho de notre « mission altitude », l’appellation de la transformation missionnaire de nos paroisses. Le 16 novembre dernier votre paroisse, comme les autres, a présenté des éléments de son projet missionnaire paroissial. Cela ne doit pas rester un papier. Cela doit être approfondi dans la prière par le conseil paroissial. Comment toujours mieux et plus annoncer l’amour du coeur de Jésus ? Comment « dans le désert, être des Jean-Baptiste, préparer le chemin du Seigneur ;
tracer droit, dans les terres arides de votre paroisse, une route pour notre Dieu » ? « Élève la voix avec force, poursuit Isaïe, (…) Élève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda : Voici votre Dieu ! Voici le Seigneur Dieu ! »

Chers amis, l’Année Sainte 2025 est pour nous une opportunité d’annoncer le Seigneur Dieu.

Dans ce monde désespéré et désespérant, annoncer un jubilé de l’espérance est attendu. Je vous propose d’inviter largement autour de vous à parcourir le chemin jubilaire tracé dans notre diocèse. Permettez-moi de vous en donner les grandes lignes, vous en trouverez le détails dans le livret jubilaire à paraitre et sur le site internet diocésain. Outre les quatre pèlerinages à Rome pour les paroisses et les deux pèlerinages à Rome pour les jeunes, ce chemin jubilaire passera par deux lieux permanents toute l’année, la Cathédrale de Gap et le Sanctuaire Notre-Dame du Laus. Chaque jour vous pourrez y faire un pèlerinage jubilaire. Il y aura aussi neuf lieux jubilaires sur une journée, dont Embrun pour l’Epiphanie dimanche dernier et quatre dans des hauts lieux spirituels, l’abbaye de Boscodon, la première église dédiée à Marie dans nos montagne, Mère Eglise dans le Dévoluy, la Laure des ermites de Montmorin, et le monastère des Bénédictines à Rosans. Il y aura également 4 journées jubilaires, une par doyenné. Pour votre doyenné de Gap-Champsaur-Avance, ce sera à La Saulce le 11 octobre 2025. Des jubilés thématiques compléteront nos jours de rencontres et de joie. À la fin du livret jubilaire, vous trouverez une ‘crédenciale’, comme pour le chemin de Compostelle, c’est-à-dire des pages quadrillées sur lesquelles vous pourrez faire apposer un tampon du lieu jubilaire où vous aurez péleriné.

Je vous inviter également, comme je l’avais fait lors de la confirmation ici-même en novembre dernier, à inviter tous les adultes qui ne sont pas confirmés à venir voir un prêtre pour bénéficier de la confirmation exceptionnelle qui aura lieu le 7 juin prochain.

Chers amis, puissent de nombreux habitants de vos paroisses entendre cette parole du Ciel : « Toi, tu es mon fils, ma fille bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Amen !

Baptême du Christ