Gloire et louange – homélie du 3e dimanche de Pâques à La Grave
Dimanche 4 mai 2025
Pâques 3 – Visite pastorale à LA GRAVE
Nous sommes le troisième dimanche de Pâques, car le dimanche de Pâques compte comme étant le premier. Il en faudra encore d’autres, au total le temps pascal courre sur 7 dimanches puis ce sera le dimanche de la Pentecôte.
Dimanche après dimanche nous approfondissons le mystère inéffable de la résurrection de notre Seigneur JC.
Ce dimanche on va se demander qu’est-ce qu’il se passe après la résurrection de Jésus ? Qu’est-ce qu’il se passe au Ciel ? Qu’est-ce qu’il se passe pour les apôtres ? Puis nous ferons un arrêt sur image sur l’actualité de l’Eglise avec la future élection du pape.
Qu’est-ce qu’il se passe au Ciel ?
La vision de St Jean dans le livre de l’Apocalypse nous en dit quelques chose. Attention, apocalypse ne veut pas dire comme dans le langage courant la fin du monde, cela veut dire en grec révélation. Révélation sur le plan d’amour de Dieu pour l’humanité. La question est : que se passe t’il au Ciel après la Résurrection , Regardons ! « Moi, Jean, j’ai vu : et j’entendis la voix d’une multitude d’anges qui entouraient le Trône, les Vivants et les Anciens ; ils étaient des myriades de myriades, par milliers de milliers. Ils disaient d’une voix forte. » D’abord la bonne nouvelle c’est qu’il y a du monde au Ciel. Il n’est pas vide, et nous espérons tous y aller. Nous espérons tous chanter la même louange, un peu comme deux amoureux se regardent sans voir le temps passer. Il est beau mon amour ! « Il est digne, l’Agneau immolé, de recevoir puissance et richesse, sagesse et force, honneur, gloire et louange. » Et encore : « À celui qui siège sur le Trône, et à l’Agneau, la louange et l’honneur, la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles. » Chers amis, au Ciel ce sera une immense prière de louange. C’est à dire une prière gratuite, reconnaissant que Dieu est Dieu. Ce sera le bonheur d’être avec un amour nommé Jésus, pour l’éternité.
Dans son texte d’ouverture du jubilé 2025 – vous savez qu’il y a un jubilé ordinaire tous les 25 ans -, le pape François a donné le thème de cette Année Sainte : pèlerin de l’Espérance. Je le cite : Chrétiens, « en vertu de l’espérance dans laquelle nous avons été sauvés, nous avons la certitude que l’histoire de l’humanité ne se dirige pas vers une impasse ou un abîme obscur, mais qu’elle s’oriente vers la rencontre avec le Seigneur de gloire. Vivons donc dans l’attente de son retour et dans l’espérance de vivre pour toujours en Lui. » Pape François SNC 19
Mais attention, notre espérance, une vertu reçue au baptême, n’est pas que pour la vie future en Dieu, mais aussi pour le présent : C’est une vertu surnaturelle par laquelle les croyants attendent de Dieu, avec confiance, 1/ sa grâce en ce monde (pour aujourd’hui) et 2/ la gloire éternelle dans l’autre (pour demain).
Donc nous attendons la grâce de Dieu pour ce temps ici bas aussi.
J’en viens donc à ma seconde question : qu’est-ce qu’il se passe pour les apôtres ?
Prenons d’abord l’évangile. On y voit les apôtres après la Résurrection, reprendre leur métier d’antan : « Simon-Pierre leur dit : Je m’en vais à la pêche… Nous aussi, nous allons avec toi. Ils partirent et montèrent dans la barque. C’est pas une partie de pêche dans le torrent de la vallée, c’est reprendre leur métier de pécheur. Comme si rien ne s’était passé. Mais ils ne prirent rien de la nuit, et pourtant c’était des professionnels ! C’est que Dieu avait un autre plan. Et survint l’inattendu : « Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage : Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Bah non, ils n’ont rien pris. « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait, saint Jean, dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! »
L’espérance pour le présent, c’est l’inattendu de Dieu qui peut survenir, dans la vie du monde, comme dans nos vies, où le pire n’est jamais sûr ! C’est ce qu’on pourrait aussi appeler l’espérance « intermédiaire », par rapport aux fins dernières. On a vu un exemple récent de l’inatendu de Dieu, avec la photo des présidents Zelensky et Trump assis l’un en face de l’autre sur deux simples chaises dans la basilique St Pierre à l’occasion de la sépulture du Pape François.
Un théologien dit que « celui qui espère choisit de ne pas exclure d’être un jour heureusement surpris alors même que la prudence ou la raison tend à enregistrer une fermeture de tous les possibles humainement envisageables. Dans les situations obscures ou des contextes fermés, l’espérance maintient ouverte la possibilité du bien (…) L’acte d’espérer est alors remise de soi aux événements à autrui ou à plus grand que soi. (…) La non-maîtrise est caractéristiques de l’espérance. Elle est encore plus sensible lorsque l’on consent à espérer non pour soi-même mais pour autrui. Tenir dans l’espérance pour un proche qui s’enfonce dans une impasse existentielle est parfois plus difficile que d’espérer pour soi-même. Il n’y a plus aucune illusion facile sur les possibilités ordinaires d’agir. » (Emmanuel Durand, Théologie de l’espérance, Paris, pp. 67-68) Mais chers amis faut-il encore que nous ouvrions les portes de notre coeur à cet inattendu de Dieu ! Un peu comme le pape, en ouvrant le soir de Noël la porte sainte de la Basilique saint Pierre de Rome pour marquer le commencement de l’Année Sainte 2025. Le pape François a posé un acte de foi étonnant dans un monde à feu et à sang. Comme s’il disait à Dieu : « Seigneur, ouvre les portes là où il n’y a plus d’espoir ! » Comme s’il nous disait à chacun : « Avec le Seigneur, tu peux ouvrir des portes dans ta vie ! »
Après la Résurrection les apôtres ouvrent leur coeur. Et cela les rends forts dans l’adversité. Prenons la première lecture : ils osent dire aux conseil suprême qui avait le pouvoir de les condamner à mort : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. (Car) Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus (…) nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. » Ils reprennent leur mission de témoins, d’apôtres.
En novembre prochain je vais avoir la joie de confirmer des jeunes de vos villages, ici à La Grave. Ils vont recevoir le don pleine de l’Esprit Saint. Peut-être que certains d’entre vous ne sont pas encore confirmés. La veille de la Pentecôte, en vigile, je vais confirmer des adultes à la cathédrale, qui sont croyants fervents, mais qui n’ont pas été confirmé pour x ou x raisons. Je voudrais vous faire une proposition : si parmi vous il y avait des adultes non-confirmés : avec une préparation qui serait faite spécialement par votre curé, vous pourriez être confirmé en même temps que les jeunes de vos villages. Parlez en au père Jean-Pierre.
Je termine avec l’actualité de l’élection du Pape,
car à la fin de l’évangile nous trouvons les qualités que l’on peut attendre d’un pape, avec les paroles de Jésus : « M’aimes-tu, suis-moi et pais mes brebis. » Aussi, finalement on peut attendre quelqu’un qui aime profondément Jésus ressuscité, un disciple qui suive le Christ de près et qui garde l’unité de son troupeau qu’est l’Église, dans toute sa richesse et sa diversité.
Je vous invite à vivre les jours à venir avec une grande confiance et à accueillir le futur pape avec une grande reconnaissance.
Comme disait un paroissien de la Cathédrale à Gap lundi soir dernier lors de la messe d’action de grâce pour le pape François : « moi je vais bien dormir, car l’Esprit Saint connaît déjà le nom du futur pape. » Amen !

