Une relation personnelle, profonde et solide avec Jésus – homélie bénédiction autel La Rochette
Dimanche 11 mai 2025
Pâques 4 – LA ROCHETTE bénédiction d’un nouvel autel portatif
L’évangile nous parle du bon pasteur, raison pour laquelle c’est le dimanche de prière pour les vocations sacerdotales et religieuses. Déjà ensemble nous nous réjouissons d’avoir un nouveau pape à Rome, Léon 14. Sur le site internet vous pourrez y lire quelques réflexion de ma part pour l’accueil de notre nouveau Pape. Je reviens à l’évangile. Le vocabulaire du bon pasteur parle encore dans nos régions d’élevage. C’était la vie commune au temps de Jésus. Il y a quelques jours, j’étais en visite pastorale au Chazelet, un hameau au dessus de la Grave, et j’ai eu la joie de visiter un élevage de brebis. Je peux vous dire qu’il y a une relation forte entre la bergère et ses brebis ; ce n’était pas un très grand troupeau, ce qui lui permet de les connaître par leur nom !
Jésus, nous parle de la relation qu’il entretient avec nous ses brebis :
« mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais, et elle me suivent. » Il y a entre Jésus et nous ses brebis une relation de connaissance. Une précision, en ces temps antiques la connaissance n’est pas une connaissance intellectuelle mais expérientielle, une présence d’amour réciproque. Jésus nous dit que cette relation est un don de Dieu : « Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. » Notre relation personnelle avec Jésus est particulièrement profonde ; elle est voulue par le Père. Ce n’est pas une relation entre un professeur et ses élèves ni entre un homme politique et ceux de son parti politique ; c’est une relation plus profonde et elle est solide : « jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. » Car « mon père qui me les a données est plus grand que tout, et personne ne peut rien arracher de la main du Père ». Cette relation est donc à la fois un don du Père, qu’il faut comprendre comme une attirance. Et une réponse libre de la créature : « personne ne peut venir à moi si le père qui m’a envoyé ne l’attire vers moi. » « Elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle. » Encore faut-il que quelqu’un annonce la Bonne Nouvelle, et c’est notre mission de disciple missionnaire, comme a dit le pape Léon 14 dans sa première homélie : « nous sommes appelés à témoigner de la foi joyeuse en Jésus Sauveur ».
Dans la première lecture, nous voyons un certain nombre de personnes qui n’écoutent pas la volonté de Dieu.
Pourtant, Paul et Barnabé ont magnifiquement annoncé la bonne nouvelle de la Résurrection de Jésus et de nombreux païens adhèrent à leurs messages, mais un certain nombre de leurs interlocuteurs refusent ce message et tombent dans un grand péché, la jalousie. Ils voudraient que le Salut leur soit réservé. Mais ils oubliaient que l’élection du peuple hébreu est une élection pour une mission, le Salut du monde entier ; c‘est un peuple au service du plan de Dieu sur les autres peuples. C’est ce que Jésus puis les apôtres sont venus annoncer : le salut est pour l’univers entier. Quel est le salut ? Dans l’Évangile, Jésus parle de la vie éternelle qu’il veut nous communiquer : « je leur donne la vie éternelle ». La seconde lecture fait clairement référence à cette vie éternelle obtenue par les martyrs, ces hommes qui ont été fidèles au bon pasteur, jusqu’à sacrifier leur vie pour leur foi. L’apocalypse décrit une foule immense, « que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues ». C’est le projet de Dieu décrit dans la première lecture : « J’ai fait de toi la lumière des nations pour que grâce à toi il parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » Ce salut universel se réalise dans la vie éternelle. Et la vie éternelle, c’est participer à la liturgie céleste devant le trône de Dieu et devant l’agneau, revêtu de vêtements blancs, portant des palmes à la main. Chers frères et soeurs, nous l’anticipons dans notre liturgie de la Messe.
Le trône de Dieu c’est l’autel,
ou encore l’autel c’est le Christ. Et je vais avoir la joie de bénir ce nouvel autel de cette église de La Rochette, grâce à la bonne collaboration entre la municipalité, particulièrement madame le maire, votre paroisse et le responsable diocésain de l’art sacré, le père Jean-Pierre Mollon que je remercie ici pour son travail dévoué et discret. Je vais le bénir et non le consacrer car dans notre tradition, on ne consacre un autel que s’il est fixe. Un autel mobile est plus simplement béni.
Le mot latin ‘altare’, qui signifie « autel », vient de la racine altus, qui veut dire « élevé ». Originellement, l’autel est un haut-lieu servant de point de jonction entre Dieu et le monde. Les montagnes et les collines sont, pour cette raison, les lieux privilégiés où l’on construit des édifices sacrés ; Dieu y descend et l’homme y monte : « Touche les montagnes et qu’elles fument » (Ps 143, 5). Dans les traditions antiques et dans l’ancienne Alliance, placer des aliments sur cette table de pierre revient à les mettre entre les mains de Dieu ; les faire fumer, c’est les diriger vers le ciel, pour que Dieu en respire l’agréable odeur (cf. Gn 8, 21). Dans la nouvelle Alliance, le Christ est à la fois l’autel – comme Dieu – , la victime et le prêtre – en tant qu’homme – : « Quand il livre son corps sur la croix, chante la cinquième Préface pascale, tous les sacrifices de l’ancienne Alliance parviennent à leur achèvement; et quand il s’offre pour notre salut, il est à lui seul l’autel, le prêtre et la victime. »
A la basilique st Pierre, – vous avez peut-être vu des messes à St Pierre à la télévision – , « il est disposé au-dessus du tombeau de l’apôtre Pierre, exprimant ainsi que le sacrifice du Seigneur, se célèbre dans la communion des saints. (…) Les martyrs perpétuent le sacrifice du Christ à travers l’histoire, ils sont en quelque sorte l’autel de l’Eglise, un autel fait de pierres vivantes, d’hommes devenus membres du corps du Christ, donnant un sens nouveau au culte : le sacrifice est l’offrande de l’humanité, devenue tout amour par le Christ. » (Joseph Ratzinger l’Esprit de la Liturgie p 65) L’origine vient des premières messes célébrées dans les catacombes à Rome sous la persécution romaine : les prêtres célébraient les mystères dans des cryptes souterraines sur la pierre tombale où reposait le corps d’un martyr, dans des absides. Cela explique le respect que l’on doit à l’autel, marqué par exemple par le baiser que le célébrant y dépose au début et à la fin de la Messe.
Prions frères et soeurs, pour que sur cet autel monte l’offrande du Christ et l’offrande de nos vies, pour le salut du monde, c’est à dire concrètement pour le salut de nos voisins qui n’ont pas encore cette relation personnelle et forte avec Jésus. Puissions nous leur transmettre ces premières paroles du pape Léon 14 à la loggia de la basilique St Pierre : « Dieu nous aime, Dieu vous aime tous, et le mal ne triomphera pas ! Nous sommes tous dans les mains de Dieu. Alors, sans peur, unis main dans la main avec Dieu et entre nous, avançons. Nous sommes des disciples du Christ. Le Christ nous précède. Le monde a besoin de sa lumière. L’humanité a besoin de Lui, comme d’un pont pour être rejointe par Dieu et son amour. »
Chers frères et soeurs, prions pour les vocations. Nous avons besoin de prêtres, de religieux, religieuses et consacrées qui donnent leur vie pour transmettre cette bonne nouvelle. Prions pour que naissent ces vocations dans nos familles.
Amen !


