Fête Dieu du St Sacrement du Corps et du Sang du Christ à Chorges 22 juin 2025

Dimanche 22 juin 2025 à ChorgesFête Dieu du St Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Baptême de Hugo et accueil dans le diocèse de Gap-Embrun d’Hélène de Villoutrey, de l’ordre des Vierges consacrées dans le diocèse de Nanterre

(désolé l’enregistrement n’a pas fonctionné, voici la base incomplète de l’homélie)

« Frères, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis » Dans notre seconde lecture, en l’an 57 st Paul recueille le plus ancien témoignage de la célébration du repas du Seigneur par les Chrétiens. C’est très émouvant. Mais c’est aussi tellement simple et pour nous peut-être tellement devenu une habitude, que chaque année l’Eglise nous offre un Dimanche pour méditer sur le trésor de l’Eucharistie.

Prenons conscience que les apôtres ont été préparé à recevoir ce dernier repas,

la Ste Cène du jeudi saint, où Jésus se donnerait lui-même en nourriture, comme un élément constitutif de leur vie religieuse. D’abord comme juifs, ils célébraient le repas pascal, qui se nomme le séder. C’est le grand repas de la pâque juive. Les familles juives ferventes se réunissent toujours aujourd’hui à la tombée de la nuit autour de la table pour lire la Haggada, un récit racontant la fuite d’Égypte des israélites, puis partager un festin très codifié. Avant de commencer le festin, les juifs procèdent à des bénédictions. C’est là que le maître de maison récite la prière du Kadosh, un verre de vin à la main. 

Ce repas pascale a été en quelque sorte anticipé par le repas de Melkisédek qui se fait apporter du pain et du vin, c’était notre première lecture tirée du livre de la Genèse.

Mais surtout ils ont été formés par Jésus à l’occasion des deux multiplications des pains, dont nous avons entendu la première. Le sens en est très riche. Jésus donne généreusement sans compter lors de ce miracle ; c’est la surabondance de l’amour. De cinq pains et deux poissons, ils nourrissent cinq mille hommes et il en reste 12 corbeilles. Les pères de l’Eglise comparent Jésus à Moïse, Moïse qui avait nourri le peuple libéré de l’esclavage avec la manne tombée du ciel. C’est donc le symbole d’un partage fraternel, mais aussi le symbole du chemin que devront suivre les apôtres, à savoir transmettre la Bonne Nouvelle. Cette multiplication est le début de l’Eucharistie qui se perpétue jusqu’à aujourd’hui. Il y a 3 gestes communs entre la multiplication des pains et le dernier repas : Jésus prends le pain, prononce une bénédiction puis le rompt. Rompre le pain c’est à la fois le partager et le casser, c’est à dire participer à l’offrande du sacrifice. 

Cette fête Dieu précède de quelques jours la solennité du Sacré-Coeur.

Je participerai vendredi prochain à la clôture du jubilé des 350 des apparitions du coeur de Jésus à Paray le Monial. La dernière encyclique du pape François, comme son testament, est consacrée au coeur de Jésus, Dilexit Nos, il nous a tant aimé. J’ai eu la curiosité, avec un moteur de recherche, de regarder le mot eucharistie dans cette encyclique. Il me semble que cela peut nourrir notre piété eucharistique.

§26 « Le saint cardinal « Newman a trouvé dans l’Eucharistie le Cœur de Jésus-Christ vivant, capable de libérer, de donner un sens à chaque instant et de répandre en l’homme une paix véritable : « Ô très Sacré, très aimant Cœur de Jésus, tu es caché dans la Sainte Eucharistie et tu bats toujours pour nous. […] Je t’adore donc avec amour et crainte, avec une affection fervente et une volonté soumise et résolue. Ô mon Dieu, quand tu condescends à me permettre de te recevoir, de te manger et de te boire, et à faire de moi pour un moment ta demeure, oh ! fais battre mon cœur à l’unisson du tien. Purifie-le de tout ce qui est terrestre, fier et sensuel, de tout ce qui est dur et cruel, de toute atonie, de tout désordre, de toute perversité. Remplis-le de ta présence, afin que ni les événements de la journée, ni les circonstances du temps présent n’aient le pouvoir de le troubler ; mais que, dans ton amour et dans ta crainte, il puisse trouver la paix ».

§84 « La proposition de la Communion eucharistique des premiers vendredis du mois, (qui a été indiqué par Jésus à Ste Marguerite Marie à Paray le Monia) était un message fort à une époque où de nombreuses personnes cessaient de recevoir la Communion parce qu’elles n’avaient pas confiance dans le pardon divin, dans sa miséricorde, et considéraient la Communion comme une sorte de prix pour les parfaits. Dans ce contexte (…), la promotion de cette pratique a fait beaucoup de bien, en aidant à reconnaître dans l’Eucharistie l’amour proche et gratuit du Cœur du Christ qui nous appelle à l’union avec Lui. Elle ferait beaucoup de bien également aujourd’hui pour une autre raison : parce qu’au milieu du tourbillon du monde actuel et de notre obsession pour les loisirs, la consommation et le divertissement, les téléphones et les réseaux sociaux, nous oublions de nourrir notre vie de la force de l’Eucharistie. »

Aujourd’hui j’ai la joie d’accueillir parmi les Vierges consacrées inscrites dans le registre des consacrés du diocèse de Gap Hélène de Villoutrey.

Elle a été consacré dans l’ordre des VC par Mgr Gérard Daucourt, alors évêque de Nanterre. Elle a quitté le diocèse de Nanterre en 2012. Après un passage dans les diocèses d’Amiens puis de Grenoble, elle s’était installée en 2016 dans les Hautes-Alpes et donc nous la connaissons déjà très bien. Entre 2019 et 2023 elle avait déménagé à Tours pour occuper le poste de responsable de la bibliothèque diocésaine et ensuite est revenue dans le diocèse de Gap-Embrun. Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre a donné son accord pour le transfert du domicile canonique d’Hélène et le diocèse de Gap-Embrun s’enrichit d’une Vierge consacrée de plus, venue rejoindre Béatrice Devos. Une autre Vierge consacrée, Pascale Claire Cyrot, du diocèse de Beauvais, habitant maintenant Guillestre, est également en train de rejoindre canoniquement notre diocèse. Et je n’oublie pas les différentes formes de consécrations, à la Laure des ermites de Montmorin, et toutes les autres formes de vie religieuses présentes dans le diocèse, contemplatives comme les bénédictines de Rosans, semi-contemplatives comme les bénédictines au Laus, et actives comme les soeurs de st Joseph, les soeurs de la Providence et les petites soeurs de Jésus à St Bonnet.

Pour Hélène, la date de la fête Dieu est signifiante. Dans l’Eucharistie, nous recevons dans un petit morceau de pain l’amour surabondant de Dieu et nous sommes appelés à lui rendre amour pour amour, dans la prière et dans le service de nos frères. Hélène de Villoutrey, en donnant sa vie à Dieu comme Vierge consacrée nous montre une des voies pour rendre amour pour amour. L’amour de Dieu vaut la peine de lui donner sa vie. C’est l’occasion pour moi de lancer un appel aux vocations pour les plus jeunes de nos familles, que ce soit dans la vie consacrée ou dans la vie sacerdotale ; il s’agit toujours de rendre amour pour amour à Dieu qui se donne en surabondance dans l’Eucharistie. Amen.

 

Vendredi 27 juin inauguration première tranche des travaux de l’église st Victor de CHORGES