J’ose encore parler à mon Seigneur – homélie TO17 à La Grave
Après les confirmations le matin à l’Eau Vive à Briançon, Mgr Xavier Malle s’est rendu à La Grave pour la messe dominicale de 18h dans la chapelle des pénitents ; l’église Notre-Dame de l’Assomption étant réservée pour la semaine pour le festival Messiaen. Il a pu ensuite assister à un concert du Festival Messiaen : Les Visions de l’Amen.
Voici son homélie.
Dimanche 27 juillet 2025
TO 17 – Messe à la chapelle des pénitents de La Grave
« J’ose encore parler à mon Seigneur ! » A trois reprise Abraham ose. Il ose prier Dieu, dans un dialogue émouvant pour tenter d’arracher le pardon de Sodome où il y a beaucoup de pécheurs. Dans l’Evangile les disciples, qui ont vu Jésus prier, avec humilité demande : « Apprends-nous à prier ». Oser et apprendre, voilà deux verbes, deux actions que Dieu nous donne ce dimanche (pour la messe finale de votre camp et pour la confirmation de 4 d’entre vous).
Oser.
Le dictionnaire Robert dit : Entreprendre avec assurance, une chose difficile, périlleuse. Alors chers frères et soeurs, à la messe, l’une des introductions possibles du Notre-Père est « nous osons dire » !
Comment ma prière limitée, bien pauvre, avec souvent des distractions, peut rejoindre l’Eternel ? Ce dimanche 27 juillet, lendemain de la mémoire liturgique des grands-parents de Jésus, Anne et Joachim, l’Église universelle célèbre les grands-parents et les personnes âgées à l’occasion de la Ve journée mondiale leur étant dédiée. Bonne fête à tous les grands parents. Avant de rentrer mardi dernier au Vatican, après 10 jours à Castel Gandolfo, le pape Léon a rencontré des personnes âgées et leur a dit : « L’âge est indifférent: c’est Jésus qui veut s’approcher de nous, il se fait notre hôte, il nous invite à être témoins, jeunes ou moins jeunes ». Voilà la clef : c’est Jésus qui veut s’approcher de nous. Par la naissance de Jésus, Dieu s’est fait tout proche. Déjà Abraham osait demander le pardon de Sodome. Depuis l’Incarnation, saint Paul, nous le rappelle, par le baptême, nous sommes morts et ressuscité avec le Christ. La Croix de Jésus nous a donné le pardon de nos péchés ; nous a donné part à sa vie. Nous sommes dignes de nous adresser à Lui. Alors faisons-le avec confiance. Le dictionnaire Larousse donne des synonymes que l’on peut appliquer à la prière : s’armer de courage, s’aventurer, s’aviser de, avoir du cœur au ventre, avoir l’audace de, s’enhardir, se hasarder, se jeter à l’eau, monter au créneau, se permettre. Alors osons prier ; mais cela demande un apprentissage.
Apprendre, le second verbe.
D’un certain côté la prière nous est naturelle. Ainsi quand vous arrivez à un sommet comme le Thabor (ou la Girose), une prière de louange, un whaou pour le créateur monte devant un panorama à 360 degrés ! Que c’est beau ! Merci mon Dieu pour la beauté de ta création. Et alors on peut élargir, et merci pour le sommet de ta création, tes créature, c’est à dire mon frère et ma soeur… mais aussi mon ennemi. Merci.
Autre exemple, quand il s’agit de demander à Dieu dans nos détresses. S’il te plait. Et aujourd’hui, comment ne pas prier pour les pays en guerre, particulièrement GAZA et l’Ukraine, mais aussi la RDC et tant d’autres pays. Je développe un peu car j’ai reçu une lettre reprochant à l’Eglise son silence. Or dimanche dernier, à l’issue de la prière de l’Angélus, le Pape Léon XIV a eu des mots très forts : appelant « à un arrêt immédiat de la barbarie de la guerre et à une résolution pacifique du conflit. » La barbarie s’amplifie de jours en jours. Nous l’avons appris cette semaine, c’est maintenant la famine provoquée volontairement par la politique du gouvernement actuel d’Israël. Ce pays qui nous est si cher, la Terre Sainte, est en train de perdre son âme, et compromet la paix pour des générations. Comment les enfants de Gaza regarderont les enfants de Jérusalem ? Comment les enfants de Kiev regarderont les enfants de Moscou ? Aucun motif ne peut justifier cette barbarie que le pape dénonçe. Léon XIV interpelle la communauté internationale dans son ensemble, afin que soit «respecter le droit humanitaire et l’obligation de protéger les civils, ainsi que l’interdiction des châtiments collectifs, de l’usage indiscriminé de la force et des déplacements forcés de population ». Le Pape s’est adressé ensuite aux Chrétiens d’Orient, « nos chers chrétiens du Moyen-Orient». Il leur dit compatir « au sentiment que vous avez de ne pas pouvoir faire grand-chose face à cette situation dramatique », leur exprimant à nouveau sa proximité. « Vous êtes dans le cœur du Pape et de toute l’Église. Merci pour votre témoignage de foi ». Le Pape a ensuite prié la Vierge Marie, « femme du Levant, aurore du nouveau Soleil qui s’est levé dans l’histoire », afin qu’elle les protège toujours et « accompagne le monde vers des aubes de paix ».
La présidence de la conférence des évêques avait auparavant réagi au bombardement sur l’église de la Sainte Famille à Gaza, qui a tué trois personnes et blessé neuf autres dont le curé, le père Gabriel Romanelli, pour témoigner de sa profonde solidarité avec l’Église et les peuples de Terre Sainte, ainsi que notre compassion à l’égard des victimes et de leurs familles.
Mais la prière est difficile. Par exemple, comment aussi oser prier alors que lq situation semble sans issue. C’est justement quand l’avenir paraît fermé que l’’espérance doit nous aider. Vous savez c’est une vertu reçu à notre baptême. Elle grandit en l’exerçant. La prière en famille pendant les vacances que ma grand mère nous faisait réciter avec tous les cousins était : Mon Dieu, … L’Espérance, n’est pas seulement pour le Ciel, mais aussi en ce monde, elle est l’inattendu de Dieu qui peut survenir, dans la vie du monde, comme dans nos vies, où le pire n’est jamais sûr ! Ne nous laissons pas voler l’espérance. Notre Dieu nous a promis son amour et manifesté un salut en son Fils Jésus-Christ. Alors il nous faut apprendre à prier. Et le Notre-Père est une merveilleuse école de prière. Il a deux parties que l’on peut repérer par les pronoms personnels : « que ton nom soit, que ton règne vienne ». C’est d’abord une prière de louange. Puis « donne-nous le pain, pardonne-nous nos péchés, ne nous laisse pas entrer en tentation », c’est une prière de demande pour nos besoins les plus importants. Dans notre prière personnelle commençons toujours par une louange, en nous mettant en présence de l’Eternel, du Dieu tout-puissant, du Créateur, de son fils Jésus. Invoquons ensuite l’Esprit Saint (que certains vont recevoir en plénitude aujourd’hui), celui qui fait de nous des fils et des filles et en qui nous crions Abba, Père. Puis lisons la parole de Dieu, c’est à dire écoutons le Père, car la Parole contient l’intervention de Dieu dans l’histoire sainte, ses enseignements et la foi du Peuple de Dieu. Enfin terminons notre prière par nos demandes.
On n’est pas bon juges de nos prières ; ce que l’on peut juger, c’est ai-je prié ou pas ? Ai-je pris un temps de prière aujourd’hui ou pas ? Demandons à l’Esprit Saint cette fidélité à la prière quotidienne. Un chrétien qui ne prie pas est un chrétien en danger, il va abandonner toute relation avec Dieu en peu de temps et va en fait peu à peu devenir païen.
Avec confiance et espérance, osons et apprenons à prier le Père du Ciel, car comme dit Jésus « si donc vous qui êtes mauvais, vous savez, donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du Ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui lui demande. » Amen.

