Être ou ne pas être son disciple – homélie bénédiction des cartables et canonisation Carlo Acutis
Dimanche 7 septembre 2025
Le Laus – Bénédiction des cartables – le jour de la canonisation de Carlo Acutis à Rome – TO23
Être ou ne pas être, that’s the question, c’est la question du jour. « Être mon disciple ». À trois reprises, Jésus emploie cette expression. Le disciple est celui qui suit un maître et Jésus nous propose de le suivre. Mais il ajoute que celui qui veut le suivre doit commencer par réfléchir car il doit bien prendre conscience des conséquences et des conditions nécessaires pour être disciples. Il donne deux exemples pour montrer la nécessité qu’il y a à réfléchir avant de prendre une décision importante :
–Le premier est celui d’un homme qui veut construire une tour. Il doit commencer par s’asseoir pour prendre le temps de calculer la dépense et s’assurer qu’il a les moyens de l’achever. Car s’il ne peut pas terminer les travaux tous vont se moquer de lui.
–Le second exemple est celui d’un roi qui part en guerre contre son ennemi. Il doit lui aussi bien réfléchir avant. Et s’il se rend compte qu’il ne peut gagner la guerre, il lui faut envoyer un ambassadeur plutôt qu’une armée.
Jésus détaille ensuite les conditions pour le suivre, pour être son disciple.
Lundi 22 septembre 17h30 Inauguration du nouveau lycée Saint Joseph à Gap
Que faut-il faire pour être son disciple ?
Faut-il donner une part de ses biens ? Faut-il donner une grande part de ses biens ? Jésus est bien plus radical : « celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple ». Certains parmi nous sont appelés à entendre à la lettre ces paroles de Jésus et à tout quitter pour le suivre dans une vocation de religieuse ou de prêtre. C’est une très belle vocation et un très beau cadeau quand cela arrive dans nos familles, quand Dieu appelle l’un de nos enfants à devenir prêtre, religieuse. A l’arrière de la basilique, vous avez une chapelle des vocations, pour prier pour les vocations.
Mais si tous ne doivent pas vendre ce qu’ils ont et le donner aux pauvres, tous doivent se détacher profondément de toute forme, de cupidité, de tout attachement aux richesses, matérielles ou bien terrestre. Ce n’est pas ce que nous possédons qui nous permettra d’entrer au ciel. Comme a dit une fois le pape François, « on a jamais vu un coffre-fort, suivre un corbillard ! »
Le début de notre évangile est encore plus radical : « celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite, ne peut pas être mon disciple ». L’auteur du Livre de la Sagesse, notre première lecture, se demande « quel homme peut découvrir les intentions de Dieu, qui peut comprendre les volonté du seigneur ? Nous constatons bien cela dans l’Évangile du jour quand Jésus dit « si quelqu’un vient à moi, sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple ». Ces paroles sont déconcertantes d’autant qu’on se rappelle qu’un des 10 commandements est « Honore ton père et ta mère », et que Jésus le connaît bien. Il veut nous faire comprendre qu’au-delà de toutes nos affections familiales naturelles qui sont et nous l’expérimentons, limitées et imparfaites, il faut nous ouvrir à l’amour divin, qui lui est parfait. C’est cet amour de Dieu accueilli en nos âmes qui alors nous permet d’aimer en vérité.
Chers enfants, Jésus n’est pas un ami parmi d’autres. Il veut être votre ami, mais il veut être surtout votre meilleur ami. Car il est le fils de Dieu et qu’il sera le meilleur de tous vos amis. Alors pour cela il faut lui faire toute la place dans notre vie. Pas la dernière place car alors on prie quand on en trouve le temps et quand on en trouve pas le temps, on ne prie pas. Non, il faut lui donner la première place. Alors je dois décider de prier chaque jour, pour aimer Jésus, être son disciple, l’accueillir comme mon meilleur ami.
Jeudi 18 septembre 18h à la cathédrale d’Aix-en-Provence,
promulgation des orientations interdiocésaines de l’Enseignement Catholique.
Ce matin à Saint Pierre de Rome, le pape Léon XIV déclare saint Carlo Acutis,
un jeune lycéen, né en 1991 à Londres et mort le 12 octobre 2006 en Italie, à Monza d’une leucémie, en même temps que Pier Giorgio Frassati, un jeune étudiant. Il est beau que notre fête de la rentrée scolaire tombe ce jour où un jeune qui a aussi porté un cartable est déclaré saint. Carlo était un garçon absolument normal, à jouer du saxophone, du ballon ou des jeux vidéos, mais avec une grande amitié avec Jésus. Ses parents n’étaient pas des catholiques pratiquants, mais leur jeune fils manifeste une piété précoce, récitant quotidiennement le chapelet tout jeune, et demandant à entrer dans toutes les églises pour, disait-il, « saluer le Christ ». Il a une dévotion particulière pour l’eucharistie et pour la Vierge Marie, qu’il définit comme « l’unique femme de sa vie ». Dès son plus jeune âge, il manifeste le désir de recevoir la communion. qu’il fait à 7 ans.
Célèbre est sa phrase: « Tous naissent comme des originaux, mais beaucoup meurent comme des photocopies ». Pour ne pas mourir en photocopie, Carlo puise à la source des sacrements, qui pour Carlo sont les moyens les plus puissants pour grandir dans l’amitié avec Jésus. “Être toujours uni à Jésus, c’est mon programme de vie”, écrivait-il à sept ans. Depuis lors il n’a jamais manqué au rendez-vous quotidien de la Messe et un peu d’adoration eucharistique ou avant ou après la Messe, ainsi que le chapelet quotidien. Il écrit que lorsque nous « nous tenons devant le soleil, nous bronzons… mais lorsque nous nous tenons devant Jésus Eucharistie, nous devenons saints ». Pour lui, « l’Eucharistie est son autoroute vers le Ciel », et aussi la voie la plus puissante pour devenir rapidement saints.
Devenu lycéen, il enseigne le catéchisme aux enfants qui se préparaient à la Première Communion et à la Confirmation, et il fait du bénévolat à la « cantine des pauvres » gérée par les Frères capucins et par les Sœurs de mère Teresa ; il secoure les pauvres de son quartier; il aide les enfants en difficulté à faire leurs devoirs.
Passionné d’informatique, il est aussi connu comme le « cyber-apôtre » des miracles eucharistiques et des apparitions mariales, créant une exposition à la fois itinérante et disponible sur Internet recensant et expliquant les miracles eucharistiques ayant eu lieu à travers le monde. Peut-être est-il le contrepoint suscité par Dieu pour faire contre poids des milliardaires de la tech qui ont fait allégeance au président des Etats Unis et veulent gouverner la terre et en faire un monde sans Dieu, conformément à leur idéologie libertaire.
Début octobre 2006, ses parents le croient affecté d’une grosse grippe ; c’est en réalité une leucémie foudroyante, et il mourra le 12 octobre 2006. Il est enterré à Assise, dans la basilique qui commémore un évènement de la vie de St François : après la rencontre avec des lépreux, François prend conscience du peu de poids de sa vie de jeune riche. Il dépense alors beaucoup d’argent en aumônes. Furieux des excentricités de son fils, Pietro Bernardone, son père marchand de tissus, exige qu’il lui rende des comptes, et ne craint pas de l’assigner en justice pour le déshériter. À l’issue de ce procès au tribunal de l’évêque d’Assise, François rend à son père l’argent qui lui reste, ainsi que ses vêtements et dit à son père et à la foule rassemblée : « Jusqu’ici je t’ai appelé père sur la terre ; désormais je peux dire : Notre Père qui êtes aux cieux, puisque c’est à Lui que j’ai confié mon trésor et donné ma foi. » Il applique la parole de Jésus que nous avons entendu : « si quelqu’un vient à moi, sans me préférer à son père » et « celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple » ». L’évêque l’enveloppe alors de sa cape.
François d’Assise, Carlo Acutis, sont deux vrais disciples de Jésus. Je termine avec la prière approuvée par l’évêque d’Assise.
PRIÈRE À SAINT CARLO ACUTIS
Carlo, sourire du ciel
pour cette terre blessée et sans paix,
nous louons Dieu pour ta vie simple, joyeuse et sainte.
Tu as accueilli avec confiance
d’être dépouillé de ta jeunesse
pour te consacrer au ciel,
avec Jésus et Marie,
à une mission d’amour sans limites.
Reposant avec ton corps mortel
à l’endroit où François d’Assise
s’est dépouillé de tout bien terrestre,
tu cries avec lui au monde
que Jésus est toute notre joie.
Jeune homme plein de rêves,
attiré par la nature, le sport, internet,
mais plus encore ravi par le miracle
de Jésus réellement présent dans l’ Hostie Sainte,
aide-nous à croire qu’Il est là,
vivant et vrai, « autoroute” mystique qui conduit au ciel,
et apprends-nous à Le contempler avec Marie,
dans les mystères du Saint Rosaire.
Explique-nous, Carlo,
qu’au-delà des modes,
seul Jésus, en nous unissant à Lui,
fait de nous des « originaux et pas des photocopies »,
vraiment libres.
Obtiens-nous de pouvoir Le rencontrer
en toute créature, mais surtout dans les pauvres,
afin que l’humanité soit plus juste et plus fraternelle,
riche de beauté et d’espérance,
à la gloire du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

