Photo et homélie Messe Chrismale à Briançon – Alpha et Oméga – Je suis au début et à la fin et tout au long de ta vie.

Mardi 31 mars 2026 – Messe Chrismale 18h00 Collégiale de Briançon

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HOMELIE

 

« Moi, je suis l’Alpha et l’Oméga, dit le Seigneur Dieu, Celui qui est, qui était et qui vient, le Souverain de l’univers. » Le Seigneur, par cette expression qui se trouve dans le livre de l’Apocalypse de saint Jean, éclaire notre existence. En particulier en ces années tellement et guerrières. « Que la grâce et la paix vous soient données, de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né des morts, le prince des rois de la terre. » Nous voudrions le crier aux dirigeants du monde. Dans cette période incertaine, mettons notre confiance en Dieu car, dit le Seigneur, « moi, je suis l’Alpha et l’Oméga ». A la Vigile Pascale, lors de la préparation du Cierge pascal, nous graverons dans la cire ces deux lettres, la première et la dernière lettre de l’alphabet grec. C’est à dire « je suis au début et à la fin de ta vie ». Mais aussi, tout comme les expressions françaises « de A à Z » ou « du Nord au Sud », cela indique une totalité, quelque chose de complet. « Je suis au début et à la fin et tout au long de ta vie. » Alors il y a deux parties dans mon homélie : le début et la fin, et entre temps, tout au long de notre vie. 

Au début et à la fin.

Cette confiance en Dieu, provient de savoir où nous allons, en sachant d’où nous venons.

« Avant même de te former au ventre maternel, prophétise Jérémie, je t’ai connu » (Jr 1,5) Dieu nous a désiré ; cela change tout et nous donne une grande force. Le Pape François l’exprimait dans l’encyclique ‘Laudato Si’ au §65 : « Quelle merveilleuse certitude de savoir que la vie de toute personne ne se perd pas dans un chaos désespérant, dans un monde gouverné par le pur hasard ou par des cycles qui se répètent de manière absurde ! (…) Nous avons été conçus dans le cœur de Dieu », et donc, « chacun de nous est le fruit d’une pensée de Dieu. Chacun de nous est voulu, chacun est aimé, chacun est nécessaire ». Comme un enfant sait qu’il a un père et une mère, nous savons d’où nous venons ; nous venons du coeur aimant du Père.

Et nous savons que nous y retournerons. Nous connaissons nos racines et notre avenir, l’alpha et l’oméga. Point n’est besoin de consulter les astrologues, ce qui est d’ailleurs un péché de non-confiance en Dieu. L’Apocalypse affirme le retour du Christ : « Voici qu’il vient avec les nuées, tout œil le verra, ils le verront, ceux qui l’ont transpercé ».

Je vous invite à lire ma dernière lettre pastorale, datée du 2 novembre dernier : « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie ». Y a t’il une mort chrétienne ? Ce n’est certainement pas l’euthanasie.

Permettez-moi un point d’actualité. L’urgence dans notre pays ne semble pas la paix dans le monde, mais de légaliser l’euthanasie et légaliser, cela veut dire pour le grand public que c’est bien. Or que camoufle-t-on sous le vocabulaire mensonger « d’aide à mourir », sinon donner la mort à une personne âgée ou malade au lieu d’en prendre soin dans les services de soins palliatifs. Continuons à nous former, à nous mobiliser, à écrire à notre sénateur et à nos députés.
Dans ce projet de loi mortifère, en plus de légaliser un homicide et de renier le serment d’Hyppocrate des médecins, il y a deux autres choses très inquiétantes :

  • La première est la création d’un délit d’entrave : pourrais-je encore dire que euthanasier c’est un homicide ? Pourrais-je encore dissuader quelqu’un de le demander et lui recommander les soins palliatifs ? 
  • L’autre chose est le refus d’une objection de conscience pour les institutions. Les établissements de soins à caractère confessionnel chrétiens se trouveront dans une situation délicate : financés par l’État, ils souhaiteront préserver leur identité chrétienne et refuseront de pratiquer l’euthanasie. Ainsi les Petites Sœurs des Pauvres, qui ont des établissements pour personnes âgées ont alerté les sénateurs qu’elles envisageaient la possibilité de quitter la France si aucun compromis n’était trouvé. Qu’en sera-t-il dans notre diocèse de l’Ehpad Jean Martin des soeurs de la Providence de Gap. Notre pays sortira-t-il grandi de perdre ses établissements catholiques au profit d’établissements à buts lucratifs ?

À Monaco samedi dernier, Léon XIV s’est exprimé sur la Doctrine sociale de l’Eglise, rappelant le principe de la destination universelle des richesses, appelant à « mettre les pauvres au centre » et à secouer « les structures de péché qui creusent des abîmes entre riches et pauvres ». Il a aussi mis l’accent sur la défense de la vie, « de sa conception à sa fin naturelle ». Il a interpellé directement les fidèles : « Défendons-nous vraiment l’être humain ? Protégeons-nous la dignité de la personne en préservant la vie à toutes ses étapes ? » Lors de la messe finale, le Pape a même dénoncé les « calculs faits dans le monde pour tuer des innocents ». Cela fait allusion aux calculs des économies faites dans certains pays pour justifier l’euthanasie. Il a appelé à un « amour pour la vie » sous toutes ses formes : « la vie naissante et indigente », « la vie jeune et âgée », « la vie en bonne santé ou malade ». 

J’en viens à ma seconde partie: tout au long de notre vie !

Entre la naissance naturelle et la mort naturelle, comment rester connecté au Seigneur chaque jour ? Qu’est-ce qui nous soutient ? Pour nous Chrétiens, c’est en premier la prière et la prière liturgique. « Sans le dimanche, nous chrétiens, nous ne pouvons pas vivre » témoignaient les 49 martyrs d’Abitène dans l’actuelle Tunisie alors que l’empereur romain avait interdit le culte chrétien.

Au service de la liturgie, sont ordonnés des prêtres et des diacres. Nous en rendons grâce avec St Jean : « À lui qui nous aime, à lui qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, qui a fait de nous un royaume et des prêtres pour son Dieu et Père, à lui, la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles. Amen. » 

En cette messe Chrismale où les prêtres et les diacres de tout le diocèse sont réunis, je souhaite approfondir cette phrase : « Il a fait de nous un royaume et des prêtres. » Cette parole de l’Apocalypse a été le fondement du texte important du Concile Vatican II sur l’Eglise : ‘Lumen Gentium’, lumière des peuples, qui articule le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel au § 10 : « Les baptisés (…) sont consacrés pour être une demeure spirituelle et un sacerdoce saint. (…) C’est pourquoi tous les disciples du Christ, persévérant dans la prière et la louange de Dieu, doivent :

1/ s’offrir en victimes vivantes, saintes, agréables à Dieu,

2/ porter témoignage du Christ (sur toute la terre…), et 

3/ rendre raison (…) de l’espérance qui est en eux d’une vie éternelle. »

Voilà frères et soeurs, notre belle mission de baptisés ! Nous offrir à Dieu, Porter témoignage et redonner l’espérance au monde.

Puis le Concile Vatican II l’articule avec le sacerdoce ministériel du prêtre : « Le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel ou hiérarchique, qui ont entre eux une différence essentielle et non seulement de degré, sont cependant ordonnés l’un à l’autre ». C’est magnifique mes chers frères prêtres, nous sommes ordonnés non pour nous-mêmes, mais pour que les fidèles puissent réaliser leur sacerdoce baptismal. Et nous le faisons dit encore le Concile, en offrant le sacrifice eucharistique à Dieu « au nom du peuple tout entier ». Merci chers fidèles du Christ pour votre fidélité. Merci chers prêtres pour votre fidélité.

Léon XIV vous a adressé une lettre le 8 décembre dernier pour vous encourager, dans laquelle il exprimait, et je le reprends à mon compte : « ma gratitude pour le témoignage et le dévouement des prêtres qui, partout dans le monde, offrent leur vie, célèbrent le sacrifice du Christ dans l’Eucharistie, annoncent la Parole, absolvent les péchés et se consacrent généreusement, jour après jour, à leurs frères et sœurs en servant la communion et l’unité et en prenant soin, en particulier, de ceux qui souffrent le plus et vivent dans le besoin. » (Une fidélité §4)

C’est aussi pour encourager les prêtres – et le peuple de Dieu – que le 11 février dernier j’ai promulgué trois textes post-CIASE, qui précisent le cadre des trésors spirituels que sont la confession et l’accompagnement spirituel et également les modalités de l’accompagnement de la vie du prêtre lui-même.

Chers frères prêtres, vous allez dans quelques instants renouveler vos promesses sacerdotales. Nous ne nous habituons pas à ces paroles et à la réalité reçue :  « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle. » 

Chers diacres, vous avez renouvelé vos promesses diaconales avant l’évangile que vous proclamez à la messe. Chacun peut constater que le ministère du diacre est le plus proche de celui de l’évêque à la messe, assis à sa droite. Relié ainsi au ministère épiscopal de communion et signifiant l’amour préférentiel de l’Église pour les pauvres, le diacre se fait aussi proche de ceux qui sont le plus loin, dans son milieu de vie et de mission. Comme l’hirondelle qui passe sa vie à aller et venir, entre deux continents, il va et vient entre le monde du travail et le monde de l’Église, entre sa vie de famille et sa vie diaconale. Partout, pour servir. C’est une grâce pour notre Église diocésaine. Dieu appelle au diaconat permanent. Si vous ressentez cet appel, n’hésitez pas à venir me rencontrer.

Chers frères et soeurs, pour soutenir notre vie chrétienne par les sacrements, je vais avoir la joie bénir les Saintes huiles et en particulier le Saint Chrême, avec lequel nous espérons pouvoir ordonner un prêtre fin juin. Chères familles, Dieu appelle aujourd’hui encore au sacerdoce ministériel ; Dieu envoie aujourd’hui encore en mission, Dieu consacre aujourd’hui encore. C’est la plus belle chose qui puisse arriver à votre famille. 

Le Saint Chrême servira aussi pour les baptêmes des 41 catéchumènes adultes de notre diocèse. Vue la taille de notre diocèse, je ne me rendais pas compte de la forte augmentation : en 4 années, nous sommes passés pour l’ensemble du diocèse de 4 baptêmes à 11 puis 22 et cette année à 41 catéchumènes. 21 000 adultes et jeunes seront baptisés la nuit de Pâques en France cette année. C’est un signe fort de Dieu. Les catéchumènes sont un don de Dieu, mais aussi une responsabilité pour chacun de nous, de bien les accueillir et de les entourer. 

Seigneur Dieu, tous, quelle que soit notre vocation, nous te reconnaissons comme l’Alpha et l’Oméga de notre vie, Celui qui est, qui était et qui vient, le Souverain de l’univers et de chacune de nos vies. Amen.

 

Quête du Vendredi Saint pour la Terre Sainte

Qu’est-ce que la Vigile pascale ?