Moi, je suis la porte des brebis – homélie à Réotier

Dimanche 24 avril 2026 – Pâques 4 – Messe des familles à Réotier

Journée mondiale de prière pour les vocations sacerdotales et religieuses

La semaine dernière au cours de la visite pastorale sur la paroisse de La Batie Neuve, j’ai visité une ferme. La bergerie avait brûlée et était reconstruite. Dans notre diocèse, les deux images qu’emploie Jésus dans l’évangile de ce jour sont concrètes. « Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. » et il poursuit l’utilisation de cette image : « Moi, je suis la porte des brebis ». Et auparavant, il parlait du « pasteur, le berger des brebis ». Reprenons ces deux images.

Les autres lectures nous aident à comprendre l’image de la porte.

Dans les Actes des apôtres, ceux qui ont écouté Pierre après la Pentecôte sont touchés au cœur : « Frères, que devons-nous faire ? » Pierre leur répondit : « Convertissez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ. » La porte pour nous c’est le baptême, c’est à dire devenir chrétien. Et nous avons eu le bonheur d’accueillir encore cette année beaucoup de baptêmes d’adultes. Ensuite toute la vie du chrétien c’est de vivre en cohérence avec son baptême, c’est à dire de toujours passer par la porte, Jésus Christ.

Dans la seconde lecture extraite de la première lettre de Pierre, il écrit : le Christ « vous a laissé un modèle afin que vous suiviez ses traces ». Voilà l’invitation à passer par la porte qui est le Christ, à faire ce qu’il a fait. Et Pierre donne en exemple Jésus pendant sa Passion : « Insulté, il ne rendait pas l’insulte, dans la souffrance, il ne menaçait pas, mais il s’abandonnait à Celui qui juge avec justice. »

Chers amis, que c’est beau d’être chrétien ! Mais que c’est dur. Je dois vous avouer que moi quand on m’attaque, je n’ai qu’une envie, c’est de répondre coup pour coup. Mais Jésus n’a pas répondu à la violence par la violence, au mal par le mal. Passer par la porte, c’est essayer de vivre comme il l’a fait. Porter nos croix avec amour, être plein de bonté et de générosité. Mais c’est impossible sans l’Esprit Saint. Pour saint Séraphin de Sarov, un saint orthodoxe, le sens de l’existence consistait en, je cite, « l’acquisition du Saint Esprit ». Alors chers amis, peut-être qu’il y en a parmi vous qui ne sont pas baptisés, ou pas encore confirmés, c’est à dire qui n’ont pas vécu leur pentecôte personnelle. Rassurez-vous, ce n’est pas compliqué, il suffit de rencontrer votre curé !

Pour conclure sur l’image de la porte, remarquez que l’Église passe toujours par la porte qu’est le Christ, chacune des prières de la messe se concluant ainsi : « Par JC ton Fils notre Seigneur. Nous offrons nos prières au Christ pour qu’Il les présente au Père. C’est le même mouvement qui anime nos prières personnelles. Par exemple en reprenant la prière que Jésus a enseigné à ses apôtres, le NP. Ce devrait aussi être la porte de nos relations interpersonnelles, de nos relations de familles. Une famille qui prie, un couple qui prie, pour qui Jésus est au centre, est durable. C’est lui la porte, c’est aussi lui le bon berger.

Nous arrivons à la seconde image de l’évangile :

« Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. » Il y a quelques mois j’avais visité dans le Champsaur une ferme bovine. L’éleveur connaissait chacune par son nom et il en avait quelques dizaines. Dieu nous connaît par notre nom et désire une relation personnelle avec chacun de nous.

En raison de cette image du bon berger, ce 4ème dimanche de Pâques est le dimanche de prière pour les vocations sacerdotales et religieuses.

Comme le bon berger, les prêtres et les religieuses marchent en tête du troupeau. Vous savez que la crosse de l’évêque est directement inspirée du bâton du berger, mais chez lui la partie courbe en fer est en bas, et il s’en sert pour ramener à soi la brebis pour la soigner, pour en prendre soin. Le curé, c’est celui qui prend soin, curare en latin, de son troupeau, de ses paroissiens.

Alors la bonne nouvelle c’est que Dieu appelle encore aujourd’hui des jeunes à lui donner sa vie pour être prêtre ou religieuse. C’est maintenant officiel, je vais ordonner prêtre Joseph Nguyen Cong Nhan, qui est actuellement diacre sur la paroisse d’Embrun. Ce sera dimanche 28 juin à 15h30 à la cathédrale de Gap. Si vous n’avez jamais assisté à une ordination de prêtre, profitez-en, c’est une magnifique célébration. A cette occasion on distribuera une nouvelle lettre pastorale que je suis en train d’écrire, sur l’appel aux vocations dans nos familles. C’est le plus beau cadeau que Dieu puisse vous faire. « Moi, dit Jésus, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. » Amen !

Dimanche 26 avril 2026 Vêpres pour les vocations au sanctuaire ND du Laus