Médaille du mérite diocésain à Eliane Morhet à titre posthume

Dimanche 7 juin 2026 – Fête Dieu, fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ

11h00 Messe à Laragne suivie de la remise de la médaille du mérite diocésain, à titre posthume, à Eliane Morhet

« Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. »

Jésus dit cette parole à la foule à Jérusalem.

Et tous comprennent à quoi il fait allusion et que nous avons entendus en première lecture, un extrait d’un livre de l’Ancien Testament qu’on appelle le Deutéronome : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; (…) Il t’a fait passer par la pauvreté, il t’a fait sentir la faim, et il t’a donné à manger la manne – cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue. » Après le passage de la mer rouge, le peuple hébreu a marché pendant 40 dans dans le désert avant d’entrer dans la Terre qui lui avait été promise. Il a expérimenté la faim, la soif, le manque. Et il a expérimenté la providence divine, un mot un peu compliqué qui signifie l’aide de Dieu.

Chers enfants, parfois, si le goûter est en retard, vous avez faim. Un bébé qui pleure veut dire qu’il a faim et on lui donne un biberon. Mais dans notre réalité contemporaine, on est souvent rassasié et très souvent on n’expérimente pas cette faim. On a tout. On est autosuffisant. Alors à quoi cela sert de prier ? Pourquoi faire l’effort d’aller à la messe ? On n’a pas besoin de Dieu. Tandis que le peuple hébreux n’avait que Dieu en qui mettre sa confiance.

Parfois cela peut arriver dans notre vie, quand il y a un évènement dramatique, alors on n’a que Dieu sur qui s’appuyer. C’est arrivé avec le Covid, on s’est rendu compte du vide de nos vies modernes rassasiées et à deux cent à l’heure. Et je suis persuadé que les jeunes adultes qui viennent très nombreux frapper aux portes de l’Eglise pour demander le baptême ont faim et soif d’autres chose que des réseaux sociaux. L’auteur de notre première lecture commente d’ailleurs l’épisode de la Manne donnée par Dieu au désert : « pour que tu saches que l’homme

ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. »

Dieu peut rassasier une vie.

Une vie avec Dieu premier servi est une vie pleine et féconde. Eliane Morhet l’avait compris et mis en pratique. Aimer Dieu et son prochain. Son sens de l’accueil a touché beaucoup de personnes, et sa fécondité a été grande. C’est pourquoi à la fin de cette messe, je serai heureux de lui remettre à titre posthume, c’est à dire après sa mort, la médaille du mérite diocésain. C’est un honneur accordé en reconnaissance à un fidèle du diocèse dont la contribution à la vie diocésaine a été particulièrement remarquable.

Il s’agit de remercier Eliane, de rendre grâce à Dieu et de promouvoir pour chacun de nous une culture de l’accueil et de la bienveillance dans un monde digitalisé marqué par le repli sur soi, sur son téléphone et donc la violence.

Nous l’espérons, Eliane est dans l’éternité avec Dieu. Jésus disait aussi :  « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. » Sainte Thérèse de Lisieux dans un mot d’adieu avant de mourir a écrit : « Je ne meurt pas j’entre dans la vie. » J’ai repris cela comme titre de ma lettre pastorale de la Toussaint dernière, sur la mort chrétienne.

Aujourd’hui on célèbre la fête Dieu, la fête du Corps et du Sang du Christ. Et on a raison de fêter cette nourriture du Ciel, ce pain du Ciel, le pain des anges, il est le pain de l’homme en route vers le Ciel, le vrai pain des enfants de Dieu. Chacun de nous est en route vers le Ciel ; les enfants vont faire une procession avec les offrandes, avec le pain et avec le vin qui vont devenir le corps et le sang du Christ. Une procession, c’est prier avec les pieds. Les Chrétiens ont toujours aimés prier avec les pieds, sur le modèle de la marche des hébreux à travers le désert. On apporte les fruits de la terre et du travail de l’homme et Dieu va les transformer en corps et sang du Christ.

Le plus grand trésor du Chrétien, c’est le Saint Sacrement, présent dans nos églises, indiqué par la petite lampe rouge.

C’est pourquoi cette après-midi à Gap, à 16h, je présiderai une procession eucharistique entre l’église des Cordeliers et la cathédrale. Vous êtes tous invités après notre repas partagé ! Marcher derrière le Très Saint-Sacrement pour rappeler que Dieu est au milieu de nous et qu’il se tient à nos côtés, que Jésus est vivant et marche avec nous.

« Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. »

Amen.

Présentation d’Eliane Morhet

par le père Jean-Pierre Oddon, curé de Laragne, à Mgr Xavier Malle, pour solliciter la remise de la médaille du mérite diocésain à titre posthume.

Eliane MORHET est née à Lazer, près de Laragne-Montéglin, il y a 91 ans, dans la famille RICHIER, dans une famille paysanne. Elle a grandi avec ses sœurs et est toujours restée attachée à sa terre natale.

Elle a rencontré Claude, venu travailler dans la région et l’a épousé, continuant avec lui, le travail sur l’exploitation agricole. Son mari a pris des engagements dans la Commune, en devenant maire jusqu’en 2007, année où il est décédé accidentellement.

2 enfants, Patricia et Pierre, sont nés dans leur foyer, puis, plus tard, sont arrivés 6 petits-enfants et, par la suite, 4 arrière-petits-enfants. Sa famille était sa joie première. Elle était heureuse de retrouver les siens, de les rassembler à sa table dans la maison du quartier « Le Lauza », ou allant la visiter. Elle gardait un œil sur le jardin que cultivaient ses enfants, réservant ses fleurs pour la messe dominicale. Au volant de sa voiture rouge, elle allait bon train de Lazer à Laragne-Montéglin, plus loin encore…

A travers l’épreuve du deuil, elle a approfondi son engagement de foi, dans une confiance ouverte vers le Seigneur, avec une tendresse particulière envers la Vierge Marie. Disponible, accueillante, elle a été disponible pour recevoir les prêtres et les séminaristes résidants ou simplement de passage dans le secteur de Laragne-Montéglin. Sa table était ouverte aussi pour accueillir, le samedi matin, après la messe en l’église Saint-Georges de Lazer, la petite communauté paroissiale autour d’un café et d’une brioche maison.

Elle avait une vie de prière fidèle, prenant part à la vie communautaire, portant, avec ses amies, le service de la sacristie, venant à l’équipe de liturgie, aidant au comptage des quêtes … Aux repas partagés à la paroisse, elle n’était pas en reste pour offrir ses préparations culinaires, mais avant tout, son sourire et sa joie de vivre.

Disponible, même avec le nombre des années, elle partait en voyage, pèlerinage, à Notre Dame du Laus, à Lourdes, avec le pèlerinage du Rosaire, en Terre Sainte ou ailleurs dans le monde, à Rome, en particulier.

Elle avait pris part au pèlerinage diocésain à Lourdes, au début du mois d’octobre 2025. Elle en était revenue heureuse, se disant prête à rejoindre le Seigneur. C’est la semaine suivante, revenant d’un repas amical à Gap, qu’un accident de la roue, suite un problème cardiaque, a fait basculer son existence. Elle est décédée à l’hôpital de Gap, entourée de la tendresse des siens et confiée à la Miséricorde du Christ.

Ses obsèques ont été célébrées en l’église Saint-Martin de Laragne-Montéglin le 16 octobre, avec sa famille, ses amis, les prêtres attachés à elle. Un temps de prière et d’hommage a eu lieu ensuite en l’église de Lazer avant l’inhumation au cimetière voisin. Désormais, elle vit dans le Seigneur, ayant rencontré celui en qui elle mettait sa foi, retrouvant ceux quelle aimait dans le Communion d’amour ouverte par le Christ Ressuscité.

Père Jean-Pierre Oddon