Bénédiction des travaux de toiture de l’église de Saint Léger Les Mélèzes
Dimanche 9 août 2026 – TO19
Saint Léger les Mélèzes – Bénédiction des travaux de toiture de l’église saint Léger, en présence du maire de la commune Gérald Martinez et des membres de l’Association du patrimoine de la Commune « Les Deux Autanes ».
DISCOURS de Mgr Malle pour la bénédiction
Heureux de revenir dans votre commune. Vous m’aviez accueilli monsieur le maire dans votre mairie à l’occasion de ma visite pastorale du Haut-Champsaur et vous m’aviez fait visiter votre église communale.
L’église saint Léger est un patrimoine important de votre commune. Construite sur le terrain d’une plus ancienne chapelle, émanation du prieuré de Saint-Léger fondé au début du XIe siècle par des moines bénédictins clunisiens de Saint-André de Gap, elle fut inaugurée en 1886. Son saint patron, comme celui de la commune, st Léger, est le saint Léger évêque d’Autun à partir de 663, diocèse dans lequel se trouve l’abbaye de Cluny. Ol est mort martyr dans le diocèse d’Arras, en butte à la haine d’Ébroïn, maire du palais du roi de Neustrie Théodoric. Sa fête se célèbre le 2 octobre.
Votre église est connue patrimonialement pour plusieurs raisons :
– d’abord pour sa flèche légèrement brisée par souci, dit-on, d’économie. « C’est grâce à la générosité exceptionnelle de deux habitantes, Mme Roussel et Mme Brochier, que le chantier a pu aboutir sous la houlette de Monsieur le Curé. Seulement voilà, alors que le clocher était presque fini, les fonds vinrent à manquer et il fallut se résigner à doter l’édifice d’une flèche légèrement brisée. Mais aujourd’hui, cette singularité architecturale fait partie de la mémoire de Saint-Léger, car chacun sait que l’on brille bien souvent par ses différences et non l’inverse » (selon le site internet de l’office du tourisme).
– Ensuite sa cloche est une des plus anciennes du département car elle date de 1482.
– Et enfin l’église a miraculeusement résisté au grand incendie du village en 1921. Seuls le château, quelques maisons et l’église sont épargnés par les flammes.
Ce patrimoine compte non seulement pour ses vieilles pierres, mais aussi pour les pierres vivantes que sont les habitants de la commune et qui y ont vécus les moments heureux ou douloureux de leurs vies : BA, MA, SE, communions, etc.
Alors on comprends que l’Association du patrimoine « Les 2 Autanes » se soit si bien mobilisée aux cotés de la commune.
Ma présence ce matin veut signifier la reconnaissance de la communauté chrétienne non seulement de st Léger, mais aussi de tout le diocèse de Gap-Embrun, pour vous élus, et pour vous chers bénévoles de l’association Les 2 Autanes.
Pour continuer à donner pour l’église saint Léger, via la Fondation du Patrimoine.
HOMELIE
« Jésus gravit la montagne, à l’écart, pour prier. » Voilà une parole de St Matthieu qui nous va très bien en ce temps estival et dans nos montagnes. Je vais garder trois expressions de la Parole de Dieu que nous avons entendue, comme autant d’appels de Dieu.
Première expression : « Jésus gravit la montagne, à l’écart, pour prier. »
On ne sait d’ailleurs rien de sa prière. Mais il priait. De plus en plus de nos contemporains vont faire des retraites en abbaye, et je le fais aussi volontiers. D’ailleurs c’est une obligation pour les prêtres et les religieuses de faire une retraite en silence de 5 jours chaque année. Aller à l’écart du brouhaha de notre monde et de notre vie, d’abord peut-être pour nous retrouver. Pour faire une pause. Mais aussi pour y retrouver Dieu. Chers amis, beaucoup de nos contemporains entrent dans nos églises pour cela aussi. Alors merci à vous qui permettez de l’ouvrir régulièrement et qui l’entretenez. C’est un lieu de paix. Un lieu pour recevoir la paix de Dieu et être homme et femmes de paix. Et c’est important dans notre monde à feu et à sang. Premier appel : gravir la montagne, à l’écart, pour prier.
J’en arrive à la seconde expression : le murmure d’une brise légère.
L’auteur du premier livre des Rois, notre première lecture, raconte la fuite du prophète Elie car la reine Jézabel veut le tuer après qu’il eut triomphé des prophètes du dieu païen Baal au mont Carmel. Elie monte aussi sur une montagne, l’Horeb, le Mont Sinaï, là où Moïse avait reçu les tables de la Loi, et y passe la nuit. Et Dieu va se manifester à lui, pour lui rendre la confiance : il y a un ouragan, mais Dieu n’est pas dans l’ouragan. Il y a un tremblement de terre, mais Dieu n’est pas dans le tremblement de terre, il y a un feu, mais Dieu n’est pas dans le feu. Après ce feu le murmure d’une brise légère. Elie comprends que Dieu passe. Chers amis, dans nos vies, comme dans celles de nos institutions, il peut y avoir des ouragans, des tremblements de terre, des feux, et nous le savons encore plus cet été. Mais Dieu n’y est pas. Dieu est après. Dans la brise légère. Car Dieu ne s’impose pas. Car Dieu nous aime trop pour respecter notre liberté.
Cette brise, nous pouvons la ressentir parfois dans notre prière. Nous pouvons aussi la ressentir dans les événements de notre vie. Dieu est en train de passer, discrètement. Comme évêque, j’ai plein d’exemples de la providence divine, qui par exemple met sur ma route des personnes qui se révèlent importantes pour ma mission.
Second appel : discerner Dieu qui passe dans le murmure d’une brise légère.
Après avoir prié seul, Jésus rejoint ses apôtres, en marchant sur la mer. C’est la troisième expression.
Marcher sur la mer, cela nous semble certes miraculeux, mais c’est bien plus que cela: la mer pour les hébreux, qui n’étaient pas des marins, c’était le lieu des démons. Jésus qui marche sur la mer, c’est une scène de Résurrection, de victoire sur la peur, de victoire sur la mort. Les disciples en effet ont peur ; c’est mentionné à deux reprises :
– d’abord ils prennent Jésus qui s’approche pour un fantôme. Réponse magnifique de Jésus : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » Prenons conscience de ces trois termes : « Confiance ! » ; « c’est moi » ; « n’ayez plus peur ! » Peut-être que Jésus le dit ce matin plus particulièrement à l’un ou l’une d’entre nous. Mais c’est certains que tous nous devons l’entendre : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »
– Et puis ensuite, Pierre, toujours plein d’ardeur : si c’est toi, ordonne-moi de venir à toi ! Finalement il demande à Jésus de partager sa domination sur la mort, sa résurrection. Viens ! répond Jésus. « Viens », nous dit Jésus ce matin.
Mais Pierre eut peur. Nous aussi on peut avoir peur de suivre Jésus. (Je vous indique que j’ai écrit à l’occasion de l’ordination d’un prêtre, Joseph, fin juin en la cathédrale de Gap, une lettre pastorale intitulée : « Ose la vie avec le Christ, favoriser l’accueil d’une vocation sacerdotale ou religieuse dans nos familles ». Et Si Dieu m’appelait à lui donner toute ma vie ? Et si Dieu appelait un de mes enfants à devenir prêtre ou religieuse ?
Alors Pierre fit la prière la plus courte de toute la bible : « Seigneur, sauve-moi ! » Laissons aussi résonner cette prière : « Seigneur, sauve-moi ! » « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
Troisième appel : marcher sur la mer, c’est notre part à nous, notre réponse à Dieu qui vient dans le murmure d’une brise légère. Ne pas nous laisser guider par nos peurs, mais par notre foi, c’est à dire notre confiance en Dieu.
Reprenons ces trois paroles : « Jésus gravit la montagne, à l’écart, pour prier – le murmure d’une brise légère – en marchant sur la mer. Et les trois appels : gravir la montagne, à l’écart, pour prier – discerner Dieu qui passe dans le murmure d’une brise légère – marcher sur la mer de nos peurs avec confiance.
Si vous désirez retenir une seule parole qui pourrait les réunir toutes les trois, je vous re-propose celle de Jésus à ses apôtres : « Confiance ! C’est moi ! N’ayez plus peur ! » Amen.


