L’Assomption, fête à Ain Karem, au Ciel, en France et au Laus
Samedi 15 août 2026 – Solennité de l’ASSOMPTION à Notre-Dame du Laus
Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! La Visitation a eu lieu dans une petite ville de la région montagneuse de Judée, traditionnellement identifiée au village d’Ain Karem, près de Jérusalem. C’est fête d’exultation à Ain Karem, c’est fête au Ciel, c’est fête en France, c’est enfin fête au Laus pour tous les pèlerins ! Vous avez mon plan d’homélie !
Une fête d’exultation à Ain Karem.
L’acte de charité qui pousse la Vierge Marie à visiter sa vieille cousine Elisabeth, enceinte comme elle, se déroule dans une atmosphère de bénédiction. Elisabeth accueille Marie en bénissant Dieu : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. » Marie accueille cette bénédiction par une autre bénédiction, que nous appelons le Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. »
C’est fête au Ciel en ce jour béni de l’Assomption.
On a la même bénédiction à l’entrée de Marie au Ciel : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. » Marie accueille cette bénédiction en reprenant les paroles de son Magnificat. L’Apocalypse de Jean, notre première lecture, nous partage que « le sanctuaire de Dieu, qui est dans le ciel, s’ouvrit, et l’arche de son Alliance apparut dans le Sanctuaire ». L’Arche d’Alliance était ce coffre sacré décrit dans la Bible, fait de bois d’acacia et recouvert d’or, pour contenir les tables de la loi reçus au mont Sinaï, les 10 commandements, les 10 paroles. Les premiers chrétiens ont aimé comparer Marie à cette Arche d’Alliance, qui portait la parole définitive de Dieu, à savoir Jésus. Comme David dansait devant l’Arche d’Alliance, tout le Ciel a dansé de joie devant l’Arche de la nouvelle Alliance, la Vierge Marie. Regardons cette scène au Ciel ! C’est fête au Ciel pour le Père, qui accueille la plus belle de ses créatures. Fête au Ciel pour le Fils qui retrouve sa mère. C’est même encore plus profond : fête au Ciel pour le Fils qui par l’entrée de sa mère voit l’accomplissement, voit le premier fruit, par anticipation de sa mission salvatrice : la Vierge Immaculée ouvre la marche de tous ceux qui sont accueillis au Ciel.
Chers amis, c’est fête au Ciel pour l’entrée de Marie, et c’est fête au Ciel pour chaque entrée au Ciel. En cette Assomption 2026, je pense à deux entrées au Ciel qui marquent l’Eglise de France cet été :
– D’abord les moines de Thibirrine à l’occasion du 30ème anniversaire de leur enlèvement en 1996 en Algérie. Les plus anciens se souviennent du très grand film ‘Des Hommes et des dieux’. La présence parmi nous de Mgr Claude Rault, évêque émérite du Sahara, qui fut très proche de Frère Christian de Chergé, prieur du monastère, nous ouvre en quelque sorte à cette joie du Ciel. Il présidera la messe demain dimanche et donnera une conférence sur les moines de Thibirrine. Je ne sais pas ce qu’il dira demain, mais j’ai trouvé dans un enseignement donné par le prieur à sa communauté le 30 janvier 1990, le secret de leurs vies ; je le cite : « Je sais n’avoir que ce petit jour d’aujourd’hui à donner à Celui qui m’appelle pour toujours. Mais comment lui dire oui pour toujours si je ne lui donne pas ce petit jour-ci ? Dieu a mille ans pour faire un jour ; je n’ai qu’un seul jour pour faire de l’éternel, mais c’est aujourd’hui ! (BIS) »
– C’est le même don de sa vie, le même désir de faire de l’éternel chaque jour en donnant sa vie, qui animait le père Jacques Hamel. Nous avons commémoré le 26 juillet dernier le 10ème anniversaire de son martyr dans son église près de Rouen, au cours de l’eucharistie du matin. Il parlait d’une « vie eucharistique » : « Une vie eucharistique, c’est dans le don du Christ, un don de nous-mêmes, dans toutes les situations de notre existence, un don de soi gratuit, un don de soi qui, vécu dans l’amour, devient source de confiance, d’espérance et de paix.» (Homélie du 7 juin 2015)
C’est fête au Ciel. Cette fête au Ciel nous permet d’appréhender davantage la place que Dieu accorde à Marie au ciel. Et cela nous donne plus de raisons pour l’honorer et nous appuyer sur son intercession toute-puissante. En ce jour, nous prions particulièrement pour la France et pour chacun et chacune d’entre nous, avec confiance.
Car oui, c’est aussi fête en France,
c’est même notre fête patronale. Le roi Louis XIII a fait un vœu pour avoir un héritier, dans lequel il a en quelque sorte donné la France à la Vierge Marie. Alors depuis quelques années, la Conférence des Evêques de France propose une intention de prière particulière pour notre pays. L’an passé c’était pour supplier la Vierge Marie dans le combat contre l’euthanasie et le suicide assisté. Cette année c’est pour confier à la Vierge Marie la fécondité du voyage apostolique de notre saint Père le Pape Léon XIV à Paris, Lourdes et Metz fin septembre prochain. Je vous invite à préparer vos cœurs afin d’accueillir avec confiance le pape Léon XIV et ce qu’il nous dira pour mieux servir cette magnifique humanité voulue et créée par Dieu, « pour que le monde ait la vie », – c’est le message du voyage. Je vous invite aussi à vous inscrire sans tarder, et le plus tôt possible, avant le 3 septembre. Merci de transmettre cette invitation à s’inscrire dès maintenant autour de vous !
Et enfin, c’est fête au Laus pour tous les pèlerins.
C’est fête car vous êtes montés au Laus pour acclamer la Vierge Marie et pour lui confier vos intentions. « Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille », chante le psalmiste. Comme évêque, je suis aussi monté au Laus. On trouve dans les manuscrits du Laus une parole de la Vierge Marie qui peut s’appliquer pour les évêques successifs : « Benoîte eut l’ordre de la Mère de Dieu d’avertir Monseigneur l’Archevêque (à l’époque le Laus était dans l’archevêché d’Embrun) qui était au Laus, que s’il ne prenait pas plus de soin de ce saint lieu, ce serait son plus grand regret et sa plus grande condamnation. Ce qu’elle fit. Il s’en étonna beaucoup et ne lui dit mot ». (CA G. p. 101 XIII [147] – année 1678) J’essaie donc de prendre soin du Sanctuaire et aujourd’hui je porte dans ma prière une nouvelle phase des travaux du sanctuaire. Après le Centre d’Accueil des pèlerins et la cour intérieure, après la chaudière bois, nous voudrions lancer prochainement la troisième grande phase : remplacer cette grande tente où vous vous trouvez par un chapiteau en dur. C’est un très vieux projet qui permettrait au sanctuaire d’économiser 25 000 euros par ans de location de cette tente et d’améliorer l’accueil de chacun. Mais je vais être très concret : après les dons déjà reçus et après les promesses de dons, il manque encore 600 000 euros pour ce projet de 3 millions. Alors est-ce que je dois faire prendre un risque financier au diocèse ? Je supplie la Vierge Marie de m’envoyer un signe. Et peut-être que quelqu’un parmi vous pourra être ce signe, en faisant une promesse d’un don important. N’hésitez pas à me contacter d’ici le 19 août où nous discernerons en Conseil Economique Diocésain le lancement ou pas de ces travaux.
C’est fête à Ain Karem, c’est fête au Ciel, c’est fête en France, c’est enfin fête au Laus pour tous les pèlerins !
« Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille » Amen !

