Jésus se tenait sur le bord du lac – première bénédiction des bateaux sur le lac de Serre-Ponçon

Lors d’une visite pastorale de l’évêque dans la paroisse de Chorges-La Bâtie en avril 2026 à l’occasion d’une discussion avec le maire de Prunière Jean-Luc Verrier, est née cette idée de propose une bénédiction des bateaux sur le lac. On dit sans cesse que Serre-Ponçon c’est la mer à la montagne, alors faisons comme à la mer ! Et à la mer les prêtres bénissent les bateaux !
Une quarantaine de bateaux de toute taille se sont retrouvés à 11h lundi 17 août 2026 devant la chapelle saint Michel. Mgr Xavier Malle, guidé par le curé de la paroisse, le père Stive Milongo était dans le bateau du directeur du centre de vacances de la gendarmerie, le vicaire le père Jean-Marie était dans un autre bateau. Après la bénédiction, chaque bateau a pu s’approcher pour recevoir une carte médaille de Saint Christophe, le saint protecteur des voyageurs. Puis à terre un verre de l’amitié a été offert par la paroisse.
Les paroissiens, les résidents secondaires et l’association des pécheurs du lac semblaient heureux de l’initiative … à refaire !
Découvrir ici le livret liturgique de la bénédiction des bateaux
Découvrir l’homélie de l’évêque – Lundi 17 août 2026 – Baie St Michel à Prunières
Nous sommes au bord du lac de Serre-Ponçon, comme Jésus se tenait au bord du lac de Génésareth. Le slogan de beaucoup des activités touristiques autour de notre lac est « la mer à la montagne ». D’où cette idée de faire comme en mer une bénédiction des bateaux ! C’est une première, si elle est concluante, nous le referons les années suivantes.
Plantons le décor de notre évangile, avec quelques considérations géographiques !
Au cours de l’histoire, différents noms désignèrent cette vaste étendue d’eau douce, aujourd’hui dans l’État d’Israël. L’évangéliste Luc conserve la désignation de « lac de Génésareth », tandis que Marc et Matthieu parlent plutôt de « mer de Galilée » (les juifs n’étaient pas des marins de la méditerranéenne! et donc pour eux le lac était comme une mer) et Jean parle de « lac de Tibériade ».
Je me suis amusé au jeu des différences entre les deux lacs de Tibériade et de Serre-Ponçon :
– Superficie : le lac de Tibériade a une superficie de 166 km2, notre lac de Serre-Ponçon et bien plus petit : 28 km² à son niveau maximal. Si les deux lacs ont à peu de choses près la même longueur, 20 kms, la différence de superficie vient que le lac de Galilée est rond et donc aussi large que long !
– Profondeur : le lac de Tibériade a une profondeur moyenne de 25 m, notre lac de Serre-Ponçon a une profondeur maximale de 90 mètres près du barrage.
– Altitude : Le lac de Tibériade est situé à plus de 200 m au-dessous du niveau de la mer, le nôtre est à une altitude maximale de 780 mètre au-dessus.
– Alimentation : le lac de Tibériade est traversé par le fleuve Jourdain, le nôtre par la Durance.
– Les deux lacs sont poissonneux, mais le Lac de Tibériade bien plus.
– Enfin le lac de Tibériade est réputé pour ses tempêtes violentes à cause des différences de température avec les hauteurs environnantes, tandis que le nôtre n’en connait que rarement.
En résumé, notre lac est magnifique, mais le lac de Tibériade est aussi très beau et plus grand.
Et surtout, Jésus se tenait sur son bord !
Beaucoup de personnes venaient l’entendre parler, alors il demande à monter dans une barque, celle d’un pécheur, Simon, qui après une journée de pèche, d’ailleurs infructueuse, était en train de réparer ses filets. Il souhaite utiliser la portance du son par l’eau afin de se faire mieux entendre. (Je ne sais pas si vous m’entendez bien ce matin !)
Et quand il a fini son enseignement, bien qu’il soit menuisier et non pécheur, il donne un conseil au pécheur professionnel qu’est Simon « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. » Bien sûr Simon sait que cela ne servira à rien, mais comme il a confiance dans les paroles de ce rabbi qu’il a déjà entendu, il lui répond : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Et c’est la célèbre pêche miraculeuse, qui a failli faire couler deux bateaux tellement il y avait de poissons !
Avez vous remarqué la réaction de Simon : il tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » Il a perçu la majesté de Dieu en Jésus. Cela peut nous arriver, quand on constate l’action de Dieu. D’ailleurs, la signature de Dieu c’est souvent l’imprévisible, la soudaineté de la grâce.
Ensuite Jésus révèle pourquoi il a fait ce miracle, pas pour se mettre en avant, pas pour sa gloriole, mais comme un acte prophétique de la nouvelle mission qu’il donne à Simon-Pierre : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Et la réaction des pécheurs est immédiate et surprenante : Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent. C’est l’appel des premiers apôtres.
Chers amis, Jésus continue à appeler aujourd’hui. Fin juin j’ai eu le bonheur d’ordonner un prêtre et nous avons un séminariste pour le diocèse. J’ai écrit à cette occasion une nouvelle lettre pastorale intitulées : « Ose la vie avec le Christ, favoriser l’accueil d’une vocation sacerdotale ou religieuse dans nos familles ». Et Si Dieu m’appelait à lui donner toute ma vie ? Et si Dieu appelait un de mes enfants à devenir prêtre ou religieuse ? Vous pourrez piocher des débuts de réponse dans cette lettre que vous trouverez sur le site internet du diocèse de Gap-Embrun. Peut-être que ce qui freine notre amour, c’est la peur. Peur de ce que le Christ peut faire pour nous, en nous, par nous ; peur de gagner le large une fois pour toutes ; peur de rencontrer un Dieu qui nous dépasse ; peur de jeter le filet dans notre vie sur la seule parole de Jésus.
Chers amis, par cette bénédiction, je demande à Jésus que nous le laissions nous mener où il veut. Laissons lui le gouvernail de nos bateaux, de nos vies. Il les mènera à bon port, son cœur très aimant, le Ciel. Qu’il nous donne le courage d’avancer au large, sur la mer de son amour. Amen.



