Avec empressement vers la région montagneuse – Messe à la chapelle des Roses, un des lieux d’apparition de ND du Laus

Samedi 5 septembre 2026 – Chapelle des Roses – Valserres – Fête de Ste Mère Teresa

Messe dans cette chapelle où la Vierge Marie est apparue à Benoîte Rencurel, présidée par Mgr Xavier Malle, introduite par le père Jean-Marie Dezon, vicaire de la paroisse, en présence du père Benjamin, chapelain du Laus et prêtre auxiliaire sur la paroisse, et du diacre permanent Henri Pascal.

Homélie de Mgr Malle :

Quelques mots sur le miracle des roses,

trouvés dans le livre du père Ludovic Frère : Suivez le chemin du Laus p 53

Vous noterez deux choses : 1/ la douceur de cet épisode, qui sera suivi des parfums, et de l’huile du Laus, et 2/ son caractère miraculeux, car ayant eu lieu en mars quand les roses ne sont pas  encore fleuries.

Cela fait penser à Sainte Roseline de Villeneuve, bien connue dans les Hautes-ALpes puisqu’elle a été moniale à la chartreuse de Rabou et qu’un pèlerinage en fait mémoire au début de juillet : la légende raconte qu’interrogée par son père sur le contenu de son tablier chargé de victuailles, qu’elle destinait aux pauvres malgré l’interdiction de son père, elle dévoile des brassées de roses au lieu de la nourriture. Ce miracle est attribué à d’autres saints : Élisabeth de Hongrie, Élisabeth du Portugal, Germaine de Pibrac, ainsi que Juan Diego, le berger de Notre-Dame de Guadalupe.

Dans la tradition mystique chrétienne et les récits d’apparitions, la rose n’est pas un simple élément décoratif, mais elle est chargée d’une théologie profonde. 1. C’est d’abord un symbole marial. Ainsi on parle de :

  • La « Rose mystique » : C’est l’un des titres traditionnels de la Vierge Marie dans les Litanies de Lorette ; la rose sans épines symbolisant sa conception immaculée, préservée du péché originel.
  • Et puis bien sûr le nom même du Rosaire, signifiant étymologiquement une « couronne de roses ». Chaque JVSM offert à la Vierge est comme une rose spirituelle qui lui est présentée.

2. C’est aussi le signe de la présence divine

  • L’odeur de rose devance ou confirme la présence céleste, ainsi chez Padre Pio.
  • La pluie de roses promise par Sainte Thérèse de Lisieux avant sa mort symbolise les grâces divines.

3. C’est également la preuve de l’authenticité du Miracle quand les roses apparaissent hors saison, comme à Guadalupe pour saint Juan Diego ou au Laus pour Benoîte Rencurel. Ces roses fraîches qui éclosent en plein hiver ou sur une terre aride servent de « preuve » tangible pour les autorités de l’Église.

4. C’est enfin l’alliance des épines et d’une fleur magnifique, rappelant que les épreuves terrestres de la Passion aboutissent à la joie de la Résurrection.

Quelques mots maintenant sur la Parole de Dieu choisie pour ce pèlerinage.

Lecture du Livre d’Isaïe 7,10 – 14 est la prophétie de l’Emmanuel. Acaz, qui menace d’être envahi par son puissant voisin veut faire alliance avec un autre de ses puissants voisins, contre l’avis du prophète Isaïe qui lui propose alors de demande un signe de la part du Seigneur. Acaz répondit faussement: « Non, je n’en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve. » car il tenait à son idée. Alors c’est la célèbre prophétie de l’Emmanuel : « le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel c’est à dire Dieu-avec-nous. » Et bien sûr cette prophétie a été lue par les premiers chrétiens comme une prophétie de la nativité de Jésus en Marie.

Retenons ce nom d’Emmanuel, Dieu avec nous. C’est par le Oui de Marie que cette prophétie s’est réalisée.

Puis dans l’évangile de Jésus-Christ selon Saint Luc (1, 39-45), nous avons lu le récit de la visitation. A Marseille le pape François en avait fait une homélie mémorable sur le thème du tressaillement : « l’enfant a tressailli d’allégresse en moi ». Alors je vais me concentrer sur cette parole qui nous touche dans nos montagnes : « Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. » Quel est cet empressement ? Ce n’est pas seulement la hâte de vérifier les dires de l’ange Gabriel que sa vielle cousine serait enceinte, preuve que ce qu’il annonçait était vrai, mais c’est surtout l’empressement de la charité.

Sainte Mère Teresa de Calcutta, fêtée aujourd’hui, écrivait dans sa dernière lettre aux Missionnaires de la Charité en 1997 : « Soyez toutes à Jésus par Marie… Vous serez alors de vraies missionnaires de la charité. »

Ste Thérèse de Lisieux a une belle expression dans son poème Vivre d’Amour : « la charité me presse », comme st Paul disait en 2 Co 5,1 : « l’amour du Christ me presse ».

Chers amis, demandons à Marie, ainsi qu’à la vénérable Benoîte, dont la charité était si grande, et à sainte Mère Teresa, d’être renouvelé en ce début d’année scolaire : Dieu est avec nous, alors que la charité nous presse !

Comme le disait un hymne du bréviaire de ce matin : « Toute la bonté du monde, en toi Marie, est rassemblée ! » Amen.

 

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