Bénédiction de la restauration de la chapelle des Prats au hameau La Montagne de Montmaur
Samedi 12 septembre 2026 – Chapelle Notre-Dame des prés – La Montagne à MONTMAUR- TO 24
PHOTOS de la restauration par les habitants aidés d’une association de compagnons
Historique de la restauration par les habitants du hameau avec le soutien de la municipalité
Homélie de Mgr Xavier Malle
« Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Nous sommes des êtres « pour ». Pour Dieu et pour les autres. Cette chapelle Notre Dame des Prés est une merveilleuse parabole de la vie communautaire des chrétiens. Un lieu pour se rassembler, restauré par un soutien mutuel. Soyez infiniment remerciés. Nos églises, sauf exceptions, sont bien entretenues et restaurées, grâces à la mobilisation des habitants et des résidents secondaires, en soutien des municipalités. Vous avez donc maintenant un lieu de plus pour vous rassembler.
Il y a un fondement de la vie communautaire des chrétiens à expérimenter et dont nous parlent tous les textes de ce dimanche : le pardon. Pardon et support mutuel sont en effet deux fondements importants d’une vie communautaire, qu’elle soit en couple, en famille, en hameaux, en commune, en paroisse, en pays. Et par cette litanie, on voit bien que cela dépasse nos petites personnes, pour aller jusqu’au niveau des relations internationales. Le pape Léon XIV que nous allons bientôt accueillir en France en parlera certainement dans son étape à Metz, comme il en a parlé longuement dans son encyclique Magnifique Humanité que je vous invite à travailler.
Revenons sur la parabole du débiteur impitoyable, qui nous aide à comprendre la porté du pardon.
Une phrase est impitoyable : quand il n’arrive pas à rembourser sa dette, « le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette ».
Le vécu du temps de Jésus nous aide à comprendre la porté du pardon : une dette n’était pas un chiffre sur un site internet, c’était une menace vitale. Celui qui ne rembourse pas sa dette est venu comme esclave avec sa famille. Par sa parabole, basée sur le vécu de l’époque, Jésus nous fait comprendre que le pardon n’est pas une question morale, OK je te pardonne, vite dit. C’est une question de vie et de mort, de liberté et d’esclavage. Le non-pardon enferme, à la fois celui qui refuse de pardonner et celui dont la demande de pardon a été refusée, ou celui qui refuse de demander pardon. A l’inverse, pour le pardon, « saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette ».
Le vocabulaire nous aide aussi à comprendre la porté du pardon.
Dans la prière du NP, nous demandons à Dieu de nous pardonner nos péchés comme nous pardonnons aussi à celui qui nous a offensé. Le texte d’origine en grec, dit « Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à ceux qui nous doivent ». Comme il faut comprendre le contexte du temps de Jésus pour percevoir la portée des mots, on a traduit pour la liturgie pardonne-nous. Mais « remets-nos nos dettes » nous montre qu’il s’agit réellement d’une porté de vie ou de mort, de liberté ou de prison intérieure.
C’est valable à titre individuel pour chacun de nous.
C’est aussi valable comme je le mentionnais au titre des relations internationales. Le jeu mortifère des représailles entre les USA et l’IRAN, entre Israël et le Hamas, est terrible. Jésus est venu casser le dicton oeil pour oeil dent pour dent, dont le gouvernement israélien se prévaut encore.
Le pape Léon XIV reprends à son compte le terme de civilisation de l’amour que les chrétiens sont appelé à forger dans le monde. Et il donne en conclusion de Magnifique Humanité différents conseils, dont un tout simple, mais si difficile au § 239.
« Prenons soin de nos relations ! À une époque qui tend à tout accélérer et à tout fragmenter, la chair humaine continue de demander à être soignée et reconnue par des mains capables de tendresse, par des esprits attentifs et par de bonnes paroles. La culture numérique multiplie les connexions et offre de nouvelles possibilités de rencontre ; pourtant, le cœur humain conserve un besoin irremplaçable de proximité. J’invite à préserver les lieux et les moments où la présence physique reste déterminante : la table partagée, la communauté chrétienne qui se rassemble, la visite à ceux qui sont seuls, le service aux pauvres. Ce sont là les signes d’une humanité qui continue de croire que chaque corps est temple de l’Esprit et demeure de Dieu… ».
Merci pour cette occasion de rencontre ce jour en cette chapelle ND des prats. Amen !
Se préparer à la visite du Saint Père en France du 25 au 28 septembre


