Voici que la gloire du Dieu arrivait de l’orient. Homélie pour les 40 ans de la chapelle Notre-Dame de la Laure de Montmorin
Voici l’homélie du samedi 22 août 2026
Laure de Montmorin – 40 ans dédicace chapelle ND de la Paix- Mémoire de Marie Reine
En ce samedi où nous célébrons les 40 de la dédicace de la chapelle ND de la Paix, la lecture continue du livre d’Ezekiel que nous avons en semaine, arrive providentiellement au moment où « l’homme me conduisit vers la porte, celle qui fait face à l’orient ; et voici que la gloire du Dieu d’Israël arrivait de l’orient. »
La « gloire de Dieu » est associée dans l’Ancien Testament à la Shekinah en hébreux qui peut se traduire par le verbe “demeurer”, “résider”. Elle évoque la proximité d’un Dieu qui ne reste pas éloigné de son peuple mais désire “résider”, “demeurer” avec lui, en son sein, pour le guider et le protéger. On peut la rapprocher de l’Esprit Saint, comme une présence agissante de Dieu dans le monde.
« Alors je tombais face contre terre. » Rappelez vous l’évangile de lundi dernier, la pêche miraculeuse, Pierre devant le miracle tombe à genoux. Le prophète et Pierre se rendent compte que Dieu est là. C’est aussi pourquoi quand nous entrons dans une église, nous nous signons avec l’eau bénite et nous génuflexons devant le tabernacle.
La gloire de Dieu habite cette chapelle ND de la Paix. Nous le savons, Dieu est présent dans une église de plusieurs façons. Il habite ce lieu dans l’assemblée des fidèles, corps du Christ, dans la Parole lue et surtout dans la présence réélle. Egalement lors q’un sacrement y est donné. Mais aussi et nos frères orientaux insistent sur ce point, dans les représentations comme les icônes. Dans cette tradition, et je parle sous le contrôle de notre soeur Adriana, l’icône ne représente pas seulement un personnage, elle met le croyant en relation directe avec la grâce et la sainteté de Dieu par le moyen de la prière.
Alors comme dans le temple, il y a 40 ans, « la gloire du Seigneur entra dans la Maison » et « voici que la gloire du Seigneur remplissait la Maison ». Et vous avez alors entendu une voix qui venait de la Maison : « Fils d’homme, c’est ici le lieu de mon trône, le lieu sur lequel je pose les pieds, et là je demeurerai au milieu des fils d’Israël, pour toujours. »
Dans cette chapelle, faisons comme le psalmiste : « J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ? »
Oui dans cette chapelle, vous écoutez Dieu, mais aussi vous écoutez votre âme, et vous cherchez à unifier votre vie. Jésus est sévère pour les scribes et les pharisiens qui ont une double vie : « n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. » Nous savons que c’est la pierre d’achoppement de notre chemin de sainteté. L’unité de notre vie. Et la clef est la double présence, présence à Dieu et présence à soi-même. Présence à Dieu dont la gloire est pr
ésente ici, et présence à soi-même, qu’on peut appeler vivre la grâce de l’instant présent.
La grâce de l’instant présent chères soeurs et chers tous, c’est que nous sommes réunis pour rendre grâce à Dieu pour ces 40 ans de prière dans cette chapelle ND de la Paix. Elle n’a jamais aussi bien porté son nom. Car il n’y a jamais eu dans l’histoire de l’humanité autant de guerres en même temps et sur tous les continents. Continuons à prier avec le psalmiste : « Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles. Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre. »
Regardons un instant la situation du monde et constatons l’impossibilité actuelle de gagner la guerre, et donc d’arrêter une guerre ; que ce soit dans le Golf de Suez, que ce soit à Gaza, en Palestine et en Israël, que ce soit en Ukraine. La guerre en Ukraine se rapproche de la durée de la seconde guerre mondiale.
Et pourtant une voix continue de prêcher dans le désert contre la guerre et pour la paix, et de réfléchir, le Pape Léon XIV. Ainsi dans sa dernière Lettre Encyclique « Magnifique Humanité », un chapitre entier, le chapitre 5, porte sur les conditions de la guerre moderne à l’ère de l’IA, intitulé « La culture du pouvoir et la civilisation de l’amour ». Je vous cite le premier § de ce chapitre 5, le § 182 :
« Après avoir examiné comment l’IA transforme certains aspects de la vie et de la société, avec de graves répercussions sur la dignité humaine, il est nécessaire de tourner notre regard vers un domaine encore plus dramatique : la guerre.
Ici, la question ne concerne pas seulement l’efficacité de nouveaux outils, mais le risque que la technique, dissociée de l’éthique et de la responsabilité, rende plus rapide et impersonnelle la décision sur la vie et la mort, et présente le recours à la force comme une option immédiate et réalisable.
Dans un monde de plus en plus interdépendant, la paix n’est pas un thème parmi d’autres, mais une condition du bien commun universel et un banc d’essai de la maturité morale des peuples, spécialement de ceux qui sont appelés à assumer des responsabilités gouvernementales. »
Lors de sa venue en France et spécialement à Metz le lundi 28 septembre, le pape portera un message de paix et d’unité en Europe, dans cette terre de frontières marquée par la réconciliation franco-allemande pour laquelle Robert Schuman a tant oeuvré.
Que Notre-Dame, Marie Reine, Marie Reine de la Paix intercède. Et qu’en cette chapelle qui lui est dédiées résonne encore plus la prière pour la paix, en particulier le chapelet. Car saint Jean-Paul II écrivait dans sa lettre sur le Rosaire de la Vierge Marie :
- 6 : « Redécouvrir le Rosaire signifie s’immerger dans la contemplation du mystère de Celui « qui est notre paix », ayant fait « de deux peuples un seul, détruisant la barrière qui les séparait, c’est-à- dire la haine » (Ep 2, 14). On ne peut donc réciter le Rosaire sans se sentir entraîné dans un engagement précis de service de la paix, avec une attention particulière envers la terre de Jésus, encore si éprouvée, et particulièrement chère au cœur des chrétiens. »
- 40 « Le Rosaire est une prière orientée par nature vers la paix, du fait même qu’elle est contemplation du Christ, Prince de la paix et « notre paix » (Ep 2,14). (…) Le Rosaire est aussi une prière de paix en raison des fruits de charité qu’il produit. (…) En réalité, tandis qu’il nous conduit à fixer les yeux sur le Christ, le Rosaire nous rend aussi bâtisseurs de la paix dans le monde. Par sa caractéristique de supplication communautaire et insistante, pour répondre à l’invitation du Christ « à toujours prier sans se décourager » (Lc 18, 1), il nous permet d’espérer que, même aujourd’hui, une “bataille” aussi difficile que celle de la paix pourra être gagnée. »
Le Pape Léon a ainsi prié le chapelet dans la Basilique St Pierre de Rome pour la paix le 11 avril dernier. Il a ainsi dit avec force : “Assez avec l’idolâtrie de soi-même et de l’argent ! Assez avec la démonstration de force! Assez avec la guerre ! La véritable force se manifeste dans le service de la vie.”
Le thème de son voyage apostolique en France, pour lequel je vous demande de prière, est « pour que le monde ait la vie. »
« Alors oui, la gloire habitera notre terre. » Amen !


