Réjouissez l’Esprit – Messe pèlerinage Chapelle St Sixte BREZIERS

Dimanche 11 août 2024 – TO19

Chapelle St Sixte BREZIERS

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« Frères, n’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, qui vous a marqués de son sceau en vue du jour de votre délivrance. » On pourrait reprendre cette invitation de st Paul aux habitants d’Ephèse d’une manière positive : Frères et soeurs, réjouissez l’Esprit Saint que vous avez reçu à votre baptême, en vivant au niveau pour lequel vous avez été baptisé, la sainteté. Il synthétise ce niveau de cette façon : « Cherchez à imiter Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés. » C’est à dire « Vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous ».

Tout est donc une question de niveau. C’est peut-être pour cela qu’on est monté sur cette montagne, à la suite de nos ancêtres, puisqu’il semble que ce soit un très vieux pèlerinage.

Trois parties selon notre expérience de montagnards :

1/ « Montagnes, portez au peuple la paix ! » Cette parole du psaume 71 est en exergue de la vision pastorale du diocèse de Gap-Embrun, intitulée Mission altitude. La Haute Montagne est un lieu de paix, car on ne peut y vivre, où plutôt y survivre seul. La solidarité des montagnards n’est pas un élément de langage de communicants ! En haute montagne, on est souvent en cordée ; cela peut sauver la vie en cas de chute.

Après notre baptême souvent nous vivons en dessous du niveau dont je parlais. Nous chutons. Mais encordés dans l’Eglise, nous nous relevons, par le sacrement de la confession, par les pèlerinages, et l’an prochain en particulier par le jubilé 2025.

Après la confession, après une journée de pèlerinage, et nous avons le sanctuaire ND du Laus pour cela, nous sommes dans une paix profonde, car nous sommes revenus au bon niveau.

2/ La haute montagne, comme la haute mer, comme le désert, sont les lieux où il est plus facile d’entrer en contact avec Dieu. Ou peut-être où l’on s’est rendu plus disponible à l’écouter. Car on part le sac léger. 

Peut-être pouvez-vous profiter de cet été pour trouver votre propre montagne. Ce peut-être le sanctuaire du Laus. Ce peut-être chez vous… mais pour cela il faut avoir un sac léger. Déposer les soucis, déposer les distractions. Déposer le smartphone.

Elie a aussi expérimenté la montagne. Pourchassé par la reine Jézabel marcha toute une journée dans le désert puis désespéré demanda la mort : « Maintenant, Seigneur, c’en est trop ! Reprends ma vie : je ne vaux pas mieux que mes pères. » Cela peut nous arriver de dire à Dieu et c’est bien légitime : c’en est trop, je souffre trop de telle situation dans ma famille, dans mon travail, dans mon village, dans ma santé? « Mais voici qu’un ange le toucha et lui dit : « Lève-toi, et mange ! » « Il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à l’Horeb, la montagne de Dieu. » Parfois l’ange de Dieu nous réconforte et nous donne spirituellement à manger, et même parfois la divine providence s’occupe de nos soucis économiques.

Dans l’évangile, Jésus dit « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel ». Il rappelle la manne du désert, puis plus tard il multipliera les pains, et le jeudi saint il offrira son corps en sacrifice sous les espèces du pain et du vin. « Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts… Moi, je suis le pain vivant …si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. »

3/ Enfin la haute montagne est le lieu d’où on a une vue à 360 degrés, une vue magnifique. Cette vue vaut d’ailleurs toute la fatigue voir les souffrances acceptées pour monter si haut. Alors regardons Dieu. Le psalmiste chantait « Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage. Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses. »

Et surtout regardons le avec un regard de foi, au-delà des apparences. C’était la difficulté des interlocuteurs de Jésus qui récriminaient contre lui parce qu’il avait déclaré : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. » « Celui-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire maintenant : ‘Je suis descendu du ciel’ ? »

Ils ne pouvaient imaginer l’humilité de Dieu qui se fait petit homme. Parfois nous ne pouvons imaginer l’humilité de Dieu qui se fait bout de pain. Et pourtant c’est ce pain devenu son corps qui est la nourriture pour la vie éternelle, c’est à dire pour le salut, pour la vie avec Dieu pour l’éternité.

Finalement, pour vivre au bon niveau, nous avons besoin de deux choses, la foi et l’eucharistie. La foi en Jésus venu donner sa vie pour moi, en Jésus qui est avec moi jusqu’à la fin de ma vie comme il l’a promis à l’Ascension.

Mais aussi l’Eucharistie, la communion à son corps et à son sang. C’est déjà le Ciel sur la Terre. 

La foi et l’Eucharistie refont nos forces quand nous sommes fatigués de monter, parfois fatigués de la vie. Chaque jour le Seigneur envoie son ange comme au prophète Elie.

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