Synode sur la Synodalité 2021/2024 et Mise en oeuvre du Synode 2025-2028

Vous avez dit synodalité ?

Lancé en octobre 2021, le Synode sur la synodalité a réuni à Rome les évêques du monde entier. La synodalité, c’est la participation de l’ensemble des baptisés – clercs et laïcs – à la vie de l’Église. Ce synode, voulu par le pape François, portait donc sur le fonctionnement de l’Église catholique. Un temps d’écoute, de dialogue et de discernement que l’Église tout entière a mené pendant deux ans afin de mieux répondre à sa mission d’annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ au monde entier. Accompagner ce cheminement de l’Église de manière synodale, c’est aussi informer et partager les joies, les espoirs et les bonnes pratiques de nos communautés.

Participer à un Synode, c’est se mettre sur le même chemin que le Verbe fait chair. Cela signifie suivre ses traces, écouter sa parole avec les paroles des autres… N’insonorisons pas nos cœurs; Ne restons pas barricadés dans nos certitudes. Si souvent nos certitudes peuvent nous rendre fermés. Écoutons-nous les uns les autres.

Pape François, Homélie du 10 octobre 2021

2021-2024 Le Synode sur la Synodalité.

Des groupes synodaux se sont librement réunis dans tout le diocèse. Puis un groupe diocésain synodal a relu toutes les contributions et a publié un document synodal diocésain. Ce document a ensuite été envoyé à la Conférence des Evêques pour la phase nationale.

Découvrez ici le récapitulatif de toutes les phases du Synode sur la Synodalité 2021-2024

Voici la synthèse de la phase continentale :

Etape continentale, en français

Le Rapport de synthèse de la XVIème Assemblée générale ordinaire du synode disponible en français ici (Session 1 – octobre 2023)

Découvrez également ci-dessous la lettre au peuple de Dieu issue de la XVIème assemblée synodale réunie au Vatican en octobre 2023. Publiée le 25 octobre, elle raconte l’expérience vécue par les 365 participants.

Chères sœurs, chers frères,

Alors que s’achèvent les travaux de la première session de la 16ème Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques, nous voulons, avec vous tous, rendre grâces à Dieu pour la belle et riche expérience que nous venons de vivre. Nous avons vécu ce temps béni en profonde communion avec vous tous. Nous étions soutenus par vos prières, porteurs de vos attentes, de vos questions et aussi de vos craintes. Voilà déjà deux ans qu’a commencé, à la demande du pape François, un long processus d’écoute et de discernement, ouvert à tout le peuple de Dieu, sans exclusive, afin de « marcher ensemble », sous la conduite de l’Esprit Saint, disciples missionnaires à la suite du Christ Jésus.

La session qui nous a réunis à Rome depuis le 30 septembre constitue une étape importante de ce processus. À bien des égards, ce fut une expérience inédite. Pour la première fois, à l’invitation du pape François, des hommes et des femmes étaient conviés, en vertu de leur baptême, à siéger à la même table pour prendre part non seulement aux délibérations mais aussi aux votes de cette Assemblée du Synode des Évêques. Ensemble, dans la complémentarité de nos vocations, de nos charismes et de nos ministères, nous nous sommes mis intensément à l’écoute de la Parole de Dieu et de l’expérience des autres. À l’aide de la méthode de la conversation dans l’Esprit, nous avons partagé humblement les richesses et les pauvretés de nos communautés sur tous les continents, en essayant de discerner ce que l’Esprit Saint veut dire à l’Église aujourd’hui. Nous avons notamment expérimenté l’importance de favoriser les échanges réciproques entre la tradition latine et les traditions de l’Orient chrétien. En outre, la participation des Délégués fraternels d’autres Églises et Communautés ecclésiales a profondément enrichi nos débats.

Notre assemblée s’est déroulée dans le contexte d’un monde en crise, dont les blessures et les inégalités scandaleuses ont résonné douloureusement dans nos cœurs et donné à nos travaux une gravité particulière, d’autant plus que certains d’entre nous venaient de pays où la guerre fait rage. Nous avons prié pour les victimes de la violence meurtrière, sans oublier celles et ceux que la misère et la corruption jettent sur les routes dangereuses de la migration. Nous avons exprimé notre solidarité et notre engagement aux côtés des femmes et des hommes qui, partout dans le monde, sont des artisans de justice et de paix.

À l’invitation du Saint-Père, nous avons accordé une place importante au silence, afin de favoriser l’écoute respectueuse entre nous et le désir de communion dans l’Esprit. Lors de la veillée œcuménique d’ouverture, nous avons expérimenté combien la soif d’unité grandit dans la contemplation silencieuse du Christ crucifié. La croix est, en effet, l’unique cathèdre de Celui qui, en donnant sa vie pour le salut du monde, a confié ses disciples à son Père, afin que « tous soient un » (Jn 17,21). Fermement unis dans l’espérance que nous donne Sa résurrection, nous lui avons confié notre Maison commune où résonnent de façon de plus en plus urgente la clameur de la terre et la clameur des pauvres : « Laudate Deum ! », a rappelé le pape François au tout début de nos travaux.

Au fil des jours, nous avons entendu l’appel pressant à la conversion pastorale et missionnaire. Car la vocation de l’Église est d’annoncer l’Évangile non pas en se centrant sur elle-même, mais en se mettant au service de l’amour infini dont Dieu aime le monde (cf. Jn 3,16). Interrogés sur leurs attentes à l’égard de l’Église à l’occasion de ce synode, des personnes sans-abri des environs de la place Saint-Pierre ont répondu : « L’amour ! ». Cet amour doit toujours demeurer le cœur brûlant de l’Église, un amour trinitaire et eucharistique, comme l’a rappelé le Pape en évoquant le 15 octobre, à mi-chemin du parcours de notre assemblée, le message de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. « C’est la confiance » qui nous donne l’audace et la liberté intérieure dont nous avons fait l’expérience, n’hésitant pas à exprimer nos convergences et nos divergences, nos désirs et nos interrogations, librement et humblement.

Et maintenant ? Nous souhaitons que les mois qui nous séparent de la deuxième session, en octobre 2024, permettent à chacun de participer concrètement au dynamisme de communion missionnaire qu’indique le mot « synode ». Il ne s’agit pas d’une idéologie mais d’une expérience enracinée dans la Tradition apostolique. Comme l’a rappelé le Pape au début de ce processus : « Communion et mission risquent de rester des termes un peu abstraits si l’on ne cultive pas une pratique ecclésiale qui exprime la réalité concrète de la synodalité (…), favorisant l’implication effective de tous et de chacun » (9 octobre 2021). Les défis sont multiples et les questions nombreuses : le rapport de synthèse de la première session précisera les points d’accord auxquels nous sommes parvenus, soulignera les questions ouvertes et indiquera la manière dont nous devrons poursuivre le travail.

Pour progresser dans son discernement, l’Église a absolument besoin de se mettre à l’écoute de tous, en commençant par les plus pauvres. Cela exige de sa part un chemin de conversion, qui est aussi un chemin de louange : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » (Lc 10, 21) ! Il s’agit de se mettre à l’écoute de celles et ceux qui n’ont pas droit à la parole dans la société ou qui se sentent exclus, même de la part de l’Église. À l’écoute des personnes victimes du racisme sous toutes ses formes, notamment, en certaines régions, les peuples indigènes dont les cultures ont été bafouées. Et surtout, l’Église de notre temps se doit d’écouter, dans un esprit de conversion, les personnes qui ont été victimes d’abus commis par des membres du corps ecclésial, et de s’engager concrètement et structurellement pour que cela ne se reproduise pas.

L’Église a aussi besoin d’écouter les laïcs, femmes et hommes, tous appelés à la sainteté en raison de leur vocation baptismale : le témoignage des catéchistes, qui dans bien des situations sont les premiers annonciateurs de l’Évangile ; la simplicité et la vivacité des enfants, l’enthousiasme des jeunes, leurs questions et leurs appels ; les rêves des anciens, leur sagesse et leur mémoire. L’Église a besoin de se mettre à l’écoute des familles, de leurs préoccupations éducatives, du témoignage chrétien qu’elles offrent dans le monde d’aujourd’hui. Elle a besoin d’accueillir la parole de celles et ceux qui souhaitent s’engager dans des ministères laïcs ou dans des instances participatives de discernement et de décision.

L’Église a particulièrement besoin, pour progresser dans son discernement synodal, de recueillir davantage la parole et l’expérience des ministres ordonnés : les prêtres, premiers collaborateurs des évêques, dont le ministère sacramentel est indispensable à la vie du corps tout entier ; les diacres, qui signifient par leur ministère la sollicitude de toute l’Église au service des plus fragiles. Elle a aussi besoin de se laisser bousculer par la voix prophétique de la vie consacrée, sentinelle vigilante des appels de l’Esprit. Elle se doit également d’être attentive à celles et ceux qui ne partagent pas sa foi mais cherchent la vérité, et en qui l’Esprit est présent et agissant, Lui qui « offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associés au mystère pascal » (Gaudium et spes 22, 5).

« Le monde dans lequel nous vivons, et que nous sommes appelés à aimer et à servir, même dans ses contradictions, exige de l’Église le renforcement des synergies dans tous les domaines de sa mission. C’est précisément le chemin de la synodalité que Dieu attend de l’Église du troisième millénaire » (Pape François, 17 octobre 2015). N’ayons pas peur de répondre à cet appel. La Vierge Marie, première en chemin, accompagne notre pèlerinage. Dans les joies et les peines, elle nous montre son Fils et nous invite à la confiance. C’est Lui, Jésus, notre unique espérance !

Découvrez ici le document final de la XVIème Assemblée Générale Ordinaire du Synode des évêques :

« Pour une Église synodale : communion, participation, mission » – Document final du Synode 2024

2025-2028 Parcours de la mise en oeuvre du Synode

C’est maintenant le CPMD, Conseil Pastoral Missionnaire Diocésain, issu des Orientations Diocésaines Mission Altitude, qui est l’instance synodale diocésaine. Il porte ce souci dans ses compétences.

Un premier groupe de travail pour produire un document de synthèse local du Document final du Synode

Lors de la réunion du bureau du Conseil Pastoral Missionnaire Diocésain du 31 octobre 2024, Monseigneur Xavier Malle a créé un groupe de travail sur les conclusions du synode sur la synodalité. La responsabilité de ce groupe d’étude a été confié à un membre du bureau, Bernard Siegel. Ce groupe s’intègre dans la 6éme orientation de la mission altitude « un fonctionnement à rendre plus synodal ».

Il a pour objectif de s’approprier le document sur les conclusions du synode et de faire des propositions à l’évêque sur les applications possibles, notamment au niveau pastoral, pour notre diocèse.

Afin de constitué le groupe d’étude, p. Jean-Michel BARDET, vicaire général, a contacté les personnes qui avait déjà travaillé sur ce sujet. Avec notre vicaire général sept personnes le composent.

Dans un premier temps : il s’agit de s’approprier le texte. A l’issue d’un travail personnel, les membres du groupe se sont rencontrés  afin croiser leurs études et produire un document de synthèse. La rencontre et l’échange a eu lieu le 4 mars 2025.

Ensuite, un travail collectif, à partir des conclusions du synode et des synthèses, sera effectué 7 mai 2025  afin de produire un document sur les propositions possibles pour notre diocèse.

Un second groupe de travail pour produire le compte-rendu narratif qui sera présenté lors de l’Assemblée diocésaine Synodale du 5 décembre 2026

Il a été constitué lors du CPMD du 12 juin 2026.

Découvrez ici le récapitulatif de toutes les phases de la mise en oeuvre du Synode sur la Synodalité 2025-2028

Pistes pour la phase de mise en œuvre du synode. (Document romain)

Note du Groupe de Travail du CPMD suite à l’étude du Document final du Synode (3 septembre 2025) (document de travail diocésain)

Statuts des Conseils Pastoraux paroissiaux

Vers les Assemblées 2027-2028 (document romain)

L’étape des Églises locales (Diocèses et Éparchies) se situe dans le premier semestre 2027 comme un temps de mémoire et de discernement. Il ne s’agit pas d’un simple exercice de reconstruction, mais d’un acte ecclésial : recueillir et reconnaître ce qui est advenu, en saisir le sens, laisser émerger ce qui est en train de germer. Dans ce contexte, faire mémoire ne signifie pas regarder vers le passé, mais lire le présent à la lumière de l’action de l’Esprit Saint dans l’histoire et dans la vie des communautés. L’horizon du travail de cette étape est principalement narratif.

Dans cette étape, l’Église locale est appelée tout d’abord à recueillir et à mettre en relation les expériences en cours : formes nouvelles de présence missionnaire, pratiques de coresponsabilité, parcours d’écoute, transformations dans les processus décisionnels, réformes des structures. Il s’agit de raconter, en mettant en lumière les dynamiques, les passages, les apprentissages, en gardant à l’esprit la triple conversion ecclésiale soulignée par le Document final : la conversion des relations, des processus décisionnels et des liens entre les Églises et avec les territoires. Dans cette perspective, il sera important de tenir ensemble les dimensions personnelle et communautaire de la conversion, sans négliger le plan des réformes structurelles.

Cette étape se déploie en deux moments étroitement liés et complémentaires.

Le premier consiste en une relecture spirituelle de l’expérience, à mener avant l’Assemblée, qui permet de recueillir, d’ordonner et de mettre en lumière ce qui a été vécu dans les différents domaines. Le fruit de ce travail sera le compte rendu narratif.

Le second moment est l’Assemblée proprement dite, (pour le diocèse de Gap-Embrun, au Laus le samedi 5 décembre 2026) au cours de laquelle cette première élaboration est accueillie, partagée et interprétée de manière organique : c’est là que, à travers l’écoute réciproque et le discernement commun, mûrit une compréhension plus profonde du chemin et que sont identifiés les éléments essentiels à préserver et à relancer.

Les deux moments sont orientés autant vers la croissance interne de la communauté que vers la communication avec les autres Églises locales : ce qui a mûri est reconnu et offert comme contribution à un chemin ecclésial plus vaste. C’est pourquoi l’Assemblée sera aussi l’occasion d’écrire une Lettre aux autres Églises pour partager avec elles les fruits les plus significatifs du parcours d’évaluation.

Le parcours des Assemblées trouve son moment culminant dans l’Assemblée ecclésiale d’octobre 2028, à travers laquelle toute l’Église est appelée à reconnaître, à célébrer et à relancer les fruits mûris dans le chemin de mise en œuvre du Synode. Plus qu’un point d’arrivée, l’Assemblée ecclésiale est le moment où le chemin parcouru est ramené à l’unité, ouvert à de nouveaux développements et confié au discernement de l’Église tout entière, sous la responsabilité du Saint-Père.

Les modalités de déroulement de l’Assemblée ecclésiale seront précisées ultérieurement. Un Instrumentum laboris dédié présentera les contenus et la méthode de travail à la lumière du chemin parcouru.

L’un des aspects marquants de cette étape est son caractère de célébration. Les liturgies, en particulier, seront appelées à rendre tangible ce que signifie être une Église synodale missionnaire : un peuple convoqué par le Seigneur, à l’écoute de la Parole, capable de vivre la communion et de s’ouvrir à la mission. La dimension célébrative ne concernera pas seulement l’événement qui se tiendra au Vatican : chaque Église locale sera invitée à l’accompagner par des moments similaires de célébration et de partage, et à le soutenir par la prière, faisant ainsi l’expérience d’une forme de communion universelle.

Par ailleurs, durant l’Assemblée ecclésiale de 2028 seront prévus des moments de dialogue pour approfondir les noyaux thématiques qui ont émergés tout au long du processus, ainsi que des groupes de discernement composés de personnes qui ont participé au cheminement et de figures dotées de compétences spécifiques, appelées à relire les matériaux selon différentes perspectives (position ecclésiale, de genre, générationnelle, culturelle, sociale). Chaque groupe sera appelé à offrir sa propre contribution sur la base de la question qui anime l’ensemble du processus, opportunément reformulée : quel visage concret d’Église synodale missionnaire et quels nouveaux chemins de synodalité émergent comme fruit du parcours accompli après la conclusion du Synode 2021-2024 ?

Ces contributions ainsi recueillies seront offertes au Saint-Père comme fruit du parcours de discernement.

Dans cette Étape, donc, s’entrelacent action eucharistique et discernement : ce qui a été vécu, est reconnu comme don, partagé dans la joie et confié à la responsabilité de toute l’Église, afin qu’elle puisse continuer à engendrer la vie, sous la conduite du Saint-Père.

Alors que nous sommes appelés à poursuivre ce cheminement synodal, cette prière invite l’Esprit Saint à travailler en nous afin que nous puissions être une communauté et un peuple de grâce.

Nous voici devant toi, Esprit Saint,
rassemblés en Ton Nom.
Toi seul es notre guide :
fais de nos cœurs Ta demeure.
Apprends-nous le chemin à prendre
et comment le parcourir.
Nous sommes de faibles pécheurs :
ne nous permets pas de cultiver le désordre.
Ne permets pas que l’ignorance nous conduise
par le mauvais chemin,
ni que la partialité influence nos actions.
Permets que nous trouvions en Toi notre unité,
afin d’avancer ensemble vers la vie éternelle,
sans nous écarter de la voie de la vérité et de ce qui est bon.
Nous Te le demandons,
à Toi qui es à l’œuvre en tout temps et en tout lieu,
dans la communion du Père et du Fils,
pour les siècles des siècles.
Amen.

Processus synodal vers 2028

Un Documents Épiscopat, n° 1/2022 « La synodalité. Expérience de fraternité et de communion » est paru sous la responsabilité de Mgr Alexandre Joly, évêque de Troyes.

En 2021, le pape François ouvrait, pour l’Église universelle, une démarche synodale. En France, après une phase qui a mobilisé les diocèses, une Assemblée plénière extraordinaire a réuni évêques et référents diocésains en juin 2022. S’ouvrant par une réflexion sur l’histoire et la pratique de la synodalité dans l’Église, ce numéro se fait l’écho des deux phases déjà vécues et présente les textes transmis en vue de la phase continentale qui aura lieu en 2023.

« La synodalité. Expérience de fraternité et de communion », Documents Episcopat n°1/2022, publication du Secrétariat général de la Conférence des évêques de France, 108 pages, 8 €.
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