Église et clergé diocésain dans la seconde moitié du XVIIIe siècle

Le jeudi 13 mars 2014, Luc-André Biarnais, archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun, est intervenu à Tournoisis dans le Loiret pour une conférence devant 130 personnes sur « Église et clergé diocésain dans la seconde moitié du xviiie siècle ». Il a illustré son propos à partir d’exemples du centre de la France dont les diocèses d’Orléans et de Chartres, de l’ouest du Poitou, de l’ancien diocèse de Gap et de l’ancien archidiocèse d’Embrun. Ci-dessous sa conférence dans son intégralité :

Les intervenants et les membres du bureau des vingtièmes “Jeudis de l’Histoire” de Tournoisis

Église et clergé diocésain
dans la seconde moitié du XVIIIe siècle

Le thème proposé aujourd’hui, « Église et clergé diocésain dans la seconde moitié du xviiie siècle », nous permet d’étudier la place des prêtres diocésains au sein de l’Église catholique, c’est-à-dire essentiellement ceux qui sont en paroisses, les curés particulièrement.

Mon propos s’étend à l’ensemble de la France dont les frontières sont sensiblement les mêmes qu’aujourd’hui, nonobstant les variations tout au long des limites orientales : pour l’essentiel, le traité d’Utrecht de 1713 fixe les limites d’État, de province et de diocèse notamment dans les Alpes. C’est l’application de la théorie du pré carré de Vauban qui a voulu protéger le territoire par une ligne de forts comme à Besançon et à Montdauphin. Dans ce dernier lieu, créé de toute pièce, une église a été édifiée sous le vocable de saint Louis, entre 1697 et 1704. Évidemment, la complexité des statuts des diocèses ne peut être rendue ici même si elle a une importance pour le fonctionnement de l’État. En effet, le clergé contribue aux finances de l’État avec un « don gratuit » décidé par l’assemblée générale du clergé.

Pour cet exposé je veillerai à donner des exemples du Centre de la France, particulièrement puisés dans les diocèses de Chartres et d’Orléans. Ces deux diocèses sont suffragants, c’est-à-dire qu’ils dépendent de l’archidiocèse de Paris depuis 1622. Auparavant, ils étaient rattachés à la métropole de Sens. J’ajouterai des éléments venant du Dauphiné et de l’ouest du Poitou, territoires que je connais mieux.

En revanche, il faut justifier le découpage chronologique. Nous admettrons une fin du xviiie siècle en 1789 avec la Révolution française, même si nous évoquerons l’Église après le serment à la Constitution civile du clergé, début 1791. Aller au-delà nous conduisait au Concordat de 1801-1802, voire à celui de 1817. Certes, il ne faut pas oublier que le clergé de 1801 est, pour l’essentiel, ordonné avant 1789, c’est la thèse de Plongeron. Cependant, la rupture de la décennie révolutionnaire est violente, et tout le clergé l’aura vécu dans des conditions particulières : schismes, exil, renonciation forcée ou désirée au ministère, mariage. Les ordinations ont été rares et clandestines. À Paris, Mgr Maillé de La Tour Landry, ci-devant évêque de Saint-Papoul et futur ordinaire de Rennes, ordonne des prêtres clandestinement. À Nice, donc à l’étranger, parmi d’autres diacres, l’abbé manosquin François Antoine Arbaud est ordonné prêtre en 1791, avant un exil de 6 ans en péninsule italienne. Il deviendra évêque de Gap en 1823.

Le début de la période est plus difficile à saisir. 1762 et 1763 sont deux années importantes avec la suppression des Jésuites en France. La compagnie tient nombre de séminaires, pensons à Luçon dans le Bas- Poitou et à Embrun dans le Dauphiné. La guerre de Sept Ans prend fin en  1763, année également de la mort de l’abbé Prévost, personnage sur lequel nous reviendrons. Cependant, nous aurions pu partir du début du règne de Louis xv (1715 – 1774) ou de la bulle Unigenitus (1713, une année déjà rencontrée), qui divise le clergé catholique. Les questions autour des relations entre le Protestantisme et le Catholicisme auraient justifié un découpage séculaire entre 1685 (édit de Fontainebleau, c’est-à-dire la révocation de l’édit de Nantes) et 1787 date de l’édit de tolérance dont le clergé bas-poitevin demande la suppression dans les cahiers de doléances et à l’assemblée provinciale de Poitiers. Le cœur de mon propos traitera donc de la période 1760-1790 mais nous ferons quelques excursions dans les années qui la précèdent. Cette époque charnière est ainsi décrite dans le tome x de l’Histoire du Christianisme de 1997 :

« La conjoncture des années 1760 impose ce déplacement de rythmes : l’incrédulité montante favorisée par des appareils d’Église sclérosés qui mettent en parallèle les post-jansénistes, dans l’Église catholique, et les piétistes, dans le monde de la Réforme, attaquant les ‘despotismes’ et les ‘dogmatismes’ ; l’accélération dans la démographie, l’urbanisation, les transformations économiques avec à l’horizon le triomphe d’un capitalisme bourgeois, moteur de révolutions ; enfin l’élévation sensible du niveau culturel du clergé par la généralisation des séminaires ».

Nous trouvons également le signe d’une évolution de longue durée dans la comparaison des représentations des curés dans les états généraux de 1614 et de 1789. Dans les premiers, ils sont moins de 10 % du clergé. En 1789, ils sont 208 soit 70 % de la délégation du clergé selon les chiffres de Pierre Pierrard. Les chiffres varient de quelques unités selon les auteurs mais la tendance est bien là.

Un siècle de liberté

Comment définir la liberté et le libertinage au xviiie siècle ?Pour expliquer mon propos, il nous faut revenir au xviie siècle et à nos souvenirs de collège. Beaucoup d’entre nous avons étudié Le Malade imaginaire de Molière. Vous vous souvenez évidemment de la scène du compliment de Thomas Diafoirus à la belle-famille que lui a réservé son père et, à sa question « Baiserai-je ? » Et le professeur de français, devant la classe qui pouffe, d’expliquer que, par-là, Diafoirus junior demande s’il doit embrasser sa promise. C’est là occulter l’effet comique voulu par Molière, dans l’ambiguïté de cette scène. Le libertinage du xviiie siècle jouit – si vous me permettez l’expression -, du même voile pudibond. Or, ce siècle est bien celui de Louis-Antoine Caracciolli qui affirme « que pour bien jouir de soi-même, il faut appartenir à la religion chrétienne ». Il est bien sûr celui de la liberté de l’esprit qui donne L’Encyclopédie, les œuvres de Condorcet, Voltaire, Raynal… Il est aussi la liberté de l’art avec Boucher et Fragonard, peintres qui montrent la liberté de la chair. Il est également la liberté – relative en ce qui concerne les publications – d’écriture avec Sade. Nous sommes aussi au siècle où des poèmes légers, dans les années 1780, mettent en scène tel évêque du sud de la France avec telle maîtresse supposée. C’est cette liberté qui donnera la licence de placer sur une gravure révolutionnaire, Mgr de Juigné, archevêque de Paris, dans une position pornographique. C’est enfin, une liberté de mœurs réelle ou à laquelle aspire de jeunes étudiants issus de la bourgeoisie de campagne.

Si le séminaire est un lieu de formation, de mélange social dans une certaine mesure, en 1769, celui de Toulouse apparaît comme très libre de mœurs, si nous en croyons la description épistolaire qu’en fait Jacques Pierre Thieriot, futur médecin se rendant à Montpellier pour ses études et frère d’Alexis Thieriot qui sera député à la Législative. Jacques Pierre Thiériot écrit à Philippe Charles Aimé Goupilleau dit Goupilleau de Montaigu, qui sera aussi député à la Législative :

« Nous arrivâmes enfin à Toulouse qui est une grande ville mal bâtie. La société y est fort belle car on nous dit qu’il y avait 2000 jeunes gens dont les étudiants en droit sont le plus grand nombre, après eux sont les abbés qui sont plus libertins dans ce pays-là que partout ailleurs. Le parterre en est plein le soir à la comédie ; ils y mènent des putains aussi librement que des laïcs ; on les voit même le jour avec elles aux promenades ; enfin les étudiants en droit sont regardés comme très sages auprès d’eux ».

N’oublions pas non plus les médisances rapportées par le révolutionnaire Brissot sur les aventures galantes qu’aurait eues durant sa jeunesse Mgr de Lubersac, évêque de Chartres à partir de 1780. Vraies ou fausses, ce qui importe est qu’elles aient été crédibles et non forcément avérées.

La fin de notre période est teintée, chez un certain nombre d’intellectuels, d’un mélange d’utopie et de millénarisme à laquelle participe la construction des États-Unis d’Amérique considérés comme un nouvel éden.

Revenus des prêtres

Nous sommes aussi à l’époque de l’abbé François Antoine Prévost, auteur de Manon Lescaut. Il décède en 1763, nous l’avons dit. Manon Lescaut fait attendre indéfiniment le chevalier des Grieux… L’abbé Prévost est jésuite de formation. Militaire, puis, en 1721, bénédictin de Saint-Wandrille puis de Jumièges. Il travaille notamment à la Gallia Christiana. Prêtre en 1726, il quitte son monastère sans autorisation et s’exile en Angleterre puis en Hollande. Dans ces deux pays, il a au moins deux maîtresses, trois si nous comptons la littérature. L’abbé Prévost revient en France et chez les Bénédictins en 1734. Il obtiendra, notamment, le bénéfice de l’abbaye de La Grainetière, diocèse de Luçon, près des Herbiers. Or, l’abbé Prévost ne s’est jamais rendu en Bas-Poitou ! Il avait le revenu du bénéfice, simplement. Et c’est là un cas concret permettant de comprendre l’hostilité du clergé diocésain envers les moines – parfois qualifiés d’inutiles à la fin du xviiie siècle. Le clergé paroissial aurait aimé garder ce revenu-là… Il n’a pas l’âme d’un mécène envers des moines non résidants, et auteurs d’une littérature interdite de surcroît. De plus, ce même clergé paroissial est soumis parfois à la nomination de ces abbayes. En effet, le réseau des paroisses date du Moyen Age classique, époque à laquelle de grands ordres, bénédictins, clunisiens, cisterciens, parfois en lutte entre eux, parsèment le territoire des pagi de prieurés. À l’époque que nous traitons, souvent encore, ce sont les abbayes qui nomment les curés, faisant fi de l’autorité de l’évêque sur son territoire et même si les derniers moines sont partis au cours de la guerre de Cent Ans. La Révolution française puis le concordat de 1801-1802 mettent fin à cette situation qui rendait les curés concurrents entre eux pour obtenir une cure et remettait en cause l’autorité de l’évêque.

Cette question des bénéfices n’est pas purement anecdotique. Elle soulève des points de droit extrêmement précis. Le concile de Trente (1545-1563) pose de nouveau le principe du bénéfice unique avec des exceptions. Je tire de l’ouvrage de l’Oratorien Louis Thomassin, Ancienne et nouvelle disciplines de l’Église touchant les bénéfices et les bénéficiers, datant de 1725, l’extrait suivant : « des bénéfices de la même Église [c’est-à-dire du même diocèse], on n’en peut jamais tenir deux de même nom, quoiqu’avec dispense de l’évêque, mais s’ils sont de différente espèce, et que l’un soit insuffisant, l’Évêque peut permettre d’en posséder deux, pourvu qu’ils ne demandent pas résidence » (tome ii, p 1238).

À la même époque, et c’est un exemple supplémentaire, l’abbé Goupilleau a résigné le bénéfice curial de Montaigu qui, avec l’approbation de l’évêque, doit aller à un chanoine de Montaigu. C’est Marion qui devient curé.

La fin des années 1760 est marquée par le travail d’une commission qui va décider de la fermeture d’un certain nombre d’abbayes, sur le critère du nombre de moines. C’est, notamment, le cas à Boscodon, dans l’archidiocèse d’Embrun. C’est en 1769 que la décision est prise mais les derniers moines ne partiront qu’en 1773, le temps d’avoir épuisé quelques voies de recours pour essayer de se maintenir.

Curieusement, l’époque est marquée par un renouveau érémitique, la société approuvant cette démarche qu’elle oppose à celle du monachisme. Des ermites, clercs et aussi nobles et bourgeois, se trouvent en forêt de Sénart, au mont Valérien et près d’Orléans.

Quels moyens a le clergé pour vivre ? Nous connaissons la portion congrue. Elle est le revenu officiel donné au curé qui n’aurait pas assez pour vivre. C’est la portion convenable selon la tradition, suffisante – juste suffisante évidemment – et qui deviendra synonyme de revenus étriqués. Clairement, la portion congrue n’enrichit pas le curé ! Un tiers des curés du diocèse de Nevers est concerné à la fin du xviiie siècle. Elle est de 400 livres dont 50 imposés pour les décimes. Sur les 350 livres qui restent, il faut que le curé mange, s’habille, paie un éventuel domestique.

Les droits fiscaux participent aux revenus du clergé et ils évoluent. Par exemple, en 1769-1770, le clergé poitevin tente d’obtenir la création d’une dîme (prélèvement portant sur les fruits de la terre et des troupeaux destiné à l’entretien des prêtres). Elle se substituerait au boisselage traditionnel (perception d’un boisseau par famille pour la même rétribution annuelle). Cette amélioration des revenus, plus juste pour le contribuable, se heurte à l’hostilité des propriétaires, que la terre soit noble ou roturière. Le clivage entre le clergé et les propriétaires perdure jusqu’à la Révolution alors que les mérites du clergé sont socialement reconnus de manière presque unanime. C’est la naissance d’une difficulté sociale du xixe siècle, les propriétaires s’élevant contre l’emprise du clergé y compris dans des délibérations des conseils généraux. Il faut d’ailleurs y voir une survivance de la question des biens nationaux née de la Révolution française.

Dans le diocèse de Luçon, le curé de Saint-Georges de Montaigu apparaît plus intéressé que charitable en raison d’acquisitions multiples de biens des pauvres de sa paroisse. Les abus du clergé en matière de lucre sont surveillés par les évêques. Mgr Berger de Malissoles, dans les statuts synodaux de Gap en 1712, fait défense de réclamer par avance : « la rétribution que nous avons marquée pour la publication des bans » et il interdit de demander une somme supplémentaire pour la célébration du mariage.

Le Protestantisme

Le siècle commence avec la révocation de l’Édit de Nantes qui entraînera l’exil et le Désert pour beaucoup de Protestants. Les troubles civils consécutifs à la révocation de l’édit de tolérance entraînent chez certains évêques des protestations contre les dragonnades. Il ne s’agit pas pour eux d’une question de tolérance mais plutôt de paix civile. L’évêque de Gap est parmi les protestataires ainsi que son confrère grenoblois, avec des évêques de diocèses pyrénéens. Notons donc que ces protestations touchent surtout des diocèses montagneux et frontaliers. Il faudrait vérifier cette particularité et en chercher la cause.

Avant la révocation de 1685, la hiérarchie ecclésiastique critiquaient les membres du bas-clergé « qui boivent avec les Protestants » dans le diocèse de Chartres. La situation était semblable en Dauphiné. À la connivence locale répond donc la réprobation des autorités supérieures.

Les statuts synodaux du début du xviiie siècle nous éclairent aussi sur la situation au moins pour la Haute-Provence et les diocèses de Sisteron et Gap que j’ai étudiés pour notre rencontre d’aujourd’hui. Les textes se ressemblent, Gap a manifestement copié sur Sisteron. Les curés sont invités à affermir la foi des nouveaux convertis, comprenez des Protestants devenus de force catholiques. Pour cela, il faut user de « patience, de charité paternelle, du bon exemple » et ne jamais avoir « de paroles rudes, ou de menaces ». Cependant, ces nouveaux convertis ne seront admis aux sacrements, s’ils ne se présentent pas régulièrement, qu’après une profession de foi et le renouvellement de l’abjuration – condamnation disent les statuts de Gap – des hérésies que l’Église catholique condamne.

Obligations civiles

Les curés doivent déposer un exemplaire des registres tenus en double au greffe de la sénéchaussée. Ces registres sont manuscrits, les formulaires naitront dans la seconde moitié du xixe siècle. Sur cette question des formulaires je vous renvoie vers les travaux d’Anne-Marie Bruleaux. Il s’agit de noter les baptêmes, les mariages et les funérailles. C’est un travail canonique, les mariés doivent être baptisés, noter un mariage évite d’en célébrer un second pour une même personne. C’est également une obligation civile. Les actes de baptême des réfugiés du Canada dans les ports français après le Grand dérangement, de 1755 à 1760 ou, parce que l’administration reproduira le même mode d’indemnisation, de la guerre de Vendée à Nantes ou La Rochelle, leur permettront de justifier de leur identité. Si nous en croyons les statuts synodaux gapençais et de Sisteron, les registres ne peuvent être sur des feuilles volantes mais doivent être reliés. À Sisteron, il est même enjoint à ceux qui détiendraient des actes de les remettre aux curés sous peine d’excommunication. Le curé doit faire signer les actes, il a la garde exclusive des registres. En cas de décès du curé, ni les vicaires ni les héritiers ne peuvent s’en saisir.

Si ces exigences peuvent être posées, sinon acceptées par tous les curés, c’est que les prêtres sont mieux formés. Dans le diocèse de Luçon, les statuts synodaux de 1767 fixent à trois années complètes les études au séminaire composées de 27 mois de cours et trois mois de vacances par an, du 19 juillet au 19 octobre.

Autre obligation civile, l’attention à l’enseignement, en réalité un pouvoir d’inspection pour le curé. Selon les statuts synodaux de Sisteron, l’évêque se réserve le droit d’approuver à leurs emplois les régents des collèges de Sisteron, Forcalquier, Manosque… Le curé doit s’opposer à toute personne enseignant sans autorisation. Les curés et les consuls des villes doivent « faire leur possible pour établir les petites écoles dans chaque paroisse et [il est ordonné] aux curés et vicaires d’en prendre un soin très particulier, de les visiter tous les mois, de veiller sur les régents et de voir si [les] ordonnances faites à ce sujet sont fidèlement observées ».

À Sisteron, les régents doivent veiller à ce que les élèves « étudient leur leçon », ils doivent reprendre doucement et gravement les élèves qui se trompent mais en « prenant garde de ne les point injurier, frapper ou pousser rudement ». Le règlement pour les maîtresses est le même que pour les régents, à quelques ajouts près. À Gap, les termes sont différents mais le principe reste le même : les curés doivent visiter les écoles, accompagnés d’une dame « de piété » pour les écoles de filles. Les maîtres ne doivent pas aller au cabaret et doivent éviter les jeux de hasard, les mauvaises compagnies, les écoles doivent accueillir enfants pauvres et riches.

Le xviiie siècle est une époque où l’idée d’éducation scolaire progresse, même si l’école est accusée d’enlever des bras à l’agriculture. En 1724, Louis xv signe une déclaration royale rendant l’école et le catéchisme obligatoires jusqu’à 14 ans. Ce texte est, certes, non appliqué mais significatif de son époque. Au début du siècle que nous étudions, en Bas-Poitou, il faut compter une centaine d’écoles pour 350 paroisses. L’absence de véritable obligation scolaire, les difficultés financières qu’entraîne l’emploi d’un régent pour les communautés expliquent ce ratio d’une école pour trois à quatre paroisses.

Jansénistes, jésuites et formations des clercs

En 1758, sous l’épiscopat de Mgr de Verthamon de Chavagnac, lui-même plutôt jansénisant et qui décède en octobre 1758, les jésuites sont expulsés du séminaire de Luçon. L’intérim est assuré alors par le clergé diocésain qui recevra le renfort, ensuite, de Lazaristes. À l’autre bout du diocèse, à Montaigu, le curé est lui aussi jansénisant. À Embrun, les jésuites tiennent le séminaire. Lors de leur départ, ce sont des prêtres diocésains qui assurent la gestion et le suivi pédagogique de ce collège. Cependant, la suppression de la compagnie en 1773 provoque l’expulsion d’Italie d’un jésuite originaire du diocèse, l’abbé Rossignol de Vallouise. Celui-ci revient donc à Embrun, comme directeur des études du séminaire, jusqu’au serment de la Constitution civile du clergé. Il le refusera et partira de nouveau en exil.

À Chartres, le clergé est plus cultivé et plus édifiant qu’au xviie siècle. Il est sensible aux idées nouvelles, à la fin du siècle que nous étudions. Pensons au rôle de Mgr de Lubersac durant les états généraux et, surtout, à Sieyès, son grand vicaire. Jean-Baptiste Graziani, dit Gratien, le supérieur du séminaire, sera en 1792 évêque constitutionnel de Rouen.

Les bibliothèques des séminaires et des noviciats sont souvent bien pourvues. Par exemple, la bibliothèque diocésaine de Gap, héritière de celles des séminaires, conserve les Institutions théologiques du continuateur d’Honoré Tournely et les Praelectiones theologicae dudit chanoine Tournely. Des volumes viennent de la bibliothèque des frères minimes d’Aix-en-Provence, un autre porte les armes de Mgr Arbaud, il a donc été relié au xixe siècle après une première vie. Les derniers proviennent de la paroisse de Chantemerle : un curé a dû y emporter ses livres de séminaires. Tournely est, sous Louis xiv, gallican et anti-janséniste. Ses ouvrages destinés aux séminaristes, écrits en 1725-1726, juste avant son décès, sont utilisés tout au long du xviiie siècle.

Liturgie

La sanctification des fidèles, l’enseignement avec la catéchèse, la liturgie reviennent aux curés pour une part. L’Église catholique de rites latins (je souligne le pluriel) célèbre en latin, selon des missels diocésains ou provenant de diocèses importants. Autrement dit, la forme de la messe n’est pas la même en 1770, à Gap, Blois, Paris ou Luçon. Il ne faut pas exagérer les disparités puisque les rits romains et parisiens l’emportent et les différents rits diocésains sont adaptés de chacun d’eux. Nous allons le voir.

La liturgie est un souci particulier des diocèses et des paroisses pour la rendre belle et pour être au plus près de la célébration de la cène et du mémorial du sacrifice du Christ. Acquérir un livre pour une paroisse, à la demande d’un curé, a un coût… et les ouvrages liturgiques ne sont pas souvent remplacés. Par exemple, les offices de la Vierge des confréries de Pénitents passent de mains en mains au gré des décès parmi les confrères.

Les visites des archivistes et des bibliothécaires dans les sacristies et les presbytères permettent de constater qu’ils s’y trouvent souvent des ouvrages liturgiques même si ces « trouvailles » sont plus fréquentes en milieu rural que dans les villes, où les brocanteurs et antiquaires sont parfois passés avant ! Selon les lieux et les traditions liturgiques propres, les curés ont pour leur usage soit des missels romains soit des missels de leur diocèse. Les missels romains, je parle pour l’actuel sud-est de la France, sont souvent imprimés à Lyon, pour l’essentiel chez les Valfray et aussi chez Delaroche.

En 1751, le diocèse d’Embrun se dote d’un propre nouveau, se plaçant dans la lignée d’ouvrages liturgiques depuis le xvie siècle au moins. Le rituel de cette époque est remarquable ! Dans le diocèse voisin, celui de Gap, Mgr François de Narbonne-Lara (1763-1774) fait imprimer un missel s’inspirant du rit parisien en 1764. Au xixe siècle c’est d’ailleurs ce dernier qui l’emportera avant que Mgr Depéry n’impose le missel romain à toutes ses paroisses à l’époque du travail de Dom Guéranger. Ce sera alors plutôt un retour pour ce rit puisque Mgr François Berger de Malissoles, au début du xviiie siècle, avait cherché à le répandre. Un missel romain imprimé par Pierre Valfray et portant un ex-libris de Mgr Berger de Malissoles est conservé à la bibliothèque diocésaine Mgr Depéry. En 1785, un missel de Sisteron est promu par Mgr de Suffren : il est imprimé à Toulouse. Nous trouvons des missels diocésains un peu partout : à Dijon, par exemple avec deux versions, l’une de 1762 et l’autre de 1767. À Bourges avec un missel de 1741, également conservés à la bibliothèque diocésaine de Dijon avec les différents missels romains de Valfray : 1702, 1735, 1746… et de missels parisiens, avignonnais et anversois. Encore, me suis-je limité au xviiie siècle pour les recherches ! Cela signifie que les séminaristes dijonnais, avant d’être en paroisse, peuvent étudier la liturgie.

À Besançon, nous suivons une généalogie liturgique particulièrement prolifique : quatre éditions en 120 ans. Un missel est édité en 1667, il sera réimprimé en 1753. Un nouveau sort des presses en 1766, un autre en 1781 !

À Orléans, le missel de Mgr de Jarente a été imprimé par la veuve Rouzeau-Montault, en 1774. L’un des cinq exemplaires se trouvant dans le catalogue de la bibliothèque diocésaine d’Orléans, provient du château du Bouchet à Olivet. Cinq exemplaires, c’est le signe d’une impression en grand nombre et d’une volonté de diffusion. Nous en trouvons un exemplaire à Nantes.

À Chartres, dans les années 1780, Mgr de Lubersac adapte la liturgie parisienne avec, dans son chapitre, la crainte d’une contagion janséniste. Le missel date de 1782. L’imprimeur choisit par Mgr de Lubersac est celui qui a composé le missel parisien de 1739. Notons que l’imprimeur de Chartres, Deshayes, contraint à n’être que distributeur, comme libraire, attaque l’évêque en justice car il soutenait avoir le monopole sur les imprimés épiscopaux. C’est le signe d’un enjeu à la fois de prestige et économique. Le catalogue de la bibliothèque diocésaine de Chartres n’est pas en ligne et je ne sais donc pas quels trésors elle conserve. En revanche, je trouve un exemplaire de ce missel à la médiathèque publique de Chartres, un autre à la bibliothèque du diocèse de Versailles.

Autorisez-moi une digression au sujet des imprimeurs. À Embrun aussi, l’archevêque a un imprimeur, nommé Moÿse. Celui-ci imprime l’ordo, c’est-à-dire l’annuaire liturgique qui demande moins de matériel qu’un missel ou une pièce de plain-chant, qui sont prioritairement confiés à l’atelier Faure de Grenoble. Nous avons déjà évoqué les statuts synodaux. Il est imposé au clergé du diocèse de Sisteron de s’en procurer un volume dans les trois mois suivant la parution : c’est l’assurance d’un bon tirage pour l’imprimeur aixois Adibert.

Le xviiie siècle est traversé par des expériences pour rendre intelligible aux fidèles des célébrations qui ne l’étaient pas toujours. Ces tentatives sont exposées par l’évêque constitutionnel du Loir-et-Cher durant la Révolution, l’abbé Henri Grégoire, dans un texte intitulé Avis au lecteur. Dans cette publication Grégoire rappelle la demande de Charles ix (1550-1574) auprès du concile de Trente (1545-1563) pour obtenir l’administration des sacrements en langue vernaculaire. Surtout, l’abbé Grégoire s’appuie sur les travaux d’Antoine Arnauld dit le Grand Arnauld, le chef de file du jansénisme. Dans Lecture de l’Ecriture sainte Antoine Arnauld montre que les apôtres ne se limitaient pas à l’usage du latin ou du grec dans la liturgie et utilisaient des langues courantes. Rappelons ici les travaux de traduction en français de la Bible par Lemaistre de Sacy, un autre fidèle de Port-Royal, également à la fin du xviie siècle et au début du suivant. Selon Grégoire, une dizaine de chantres parisiens seulement, sur le millier que compte la ville, a lu le psautier en français. Autrement dit, les autres chantent pour la plupart sans comprendre. En 1724, 70 ans avant, à Asnières, le curé, l’abbé Jubé est contraint de cesser une expérimentation d’introduction du français. La réforme liturgique de Grégoire s’achève avec le schisme constitutionnel. L’époque suivante sera celle de l’unification liturgique avec l’imposition du rit romain.

Le dimanche, tous les curés ne prêchent pas, par manque de talent, tous ne sont pas des Bossuet et simplement, les habitudes sont ainsi. Par exemple, après la Révolution française, il faut attendre 1814 pour que les paroissiens des Brouzils, dans le diocèse de Luçon, entendent un sermon. Auparavant, le service était assuré par un ancien chanoine de la collégiale de Montaigu qui s’était réfugié en forêt durant la guerre de Vendée. De surcroît, il ne reste que peu de sermons dans les archives paroissiales, soit qu’ils n’aient jamais été écrits soit qu’ils aient été détruits par des successeurs à la cure considérant ces documents comme peu importants. La vie spirituelle et pastorale ne se scrute pas par l’homélie.

Pourtant, des outils existent pour les curés avec des modèles d’homélies comme ce Dictionnaire apostolique à l’usage de MM les curés des villes et de la campagne, et de tous ceux qui se destinent à la chaire du père Hyacinthe de Montargon, datant de 1787. Le titre précise à « ceux qui se destinent à la chaire » comme si certains ne s’y destinaient pas !

Statuts synodaux et encadrement paroissial

Les statuts synodaux sont des textes issus d’assemblées, devant définir le droit de l’Église dans les particularités d’un ensemble diocésain. C’est un outil que le curé utilise pour son quotidien qui est la charge des âmes. À Aix-en-Provence, les statuts diocésains datent de 1708 et sont imprimés en latin. À Sisteron, pour notre période, ils datent de 1711. À Gap, Mgr Berger de Malissoles publie les statuts en 1712, imprimés à Grenoble. À La Rochelle, diocèse de Louis-Marie Grignion de Montfort, les statuts synodaux datent de 1711 et stipulent que le prêtre, tout particulièrement le curé de paroisse doit :

– dépasser le commun des fidèles en piété,
– assurer l’encadrement de la vie religieuse des paroissiens,
– assurer la desserte des chapelles de campagne sans titulaire,
– recentrer, contrôler, surveiller la piété populaire qui se traduit par des célébrations dans les chapelles, par les fêtes patronales, des demandes de grâces de guérisons.

Les statuts synodaux veulent faire reculer les « recours à un culte superstitieux » selon les termes de l’abbé Perouas dans sa biographie de Louis-Marie Grignion de Montfort.

Que sont ces cultes superstitieux, disons plutôt hétérodoxes ? Ils se traduisent notamment par l’érection d’oratoires. À partir de l’ouvrage de Pierre Irigoin sur Les Oratoires de France depuis les origines, je recense quatre oratoires édifiés au xviiie siècle pour les actuels départements d’Eure-et-Loir et du Loiret. N’oublions pas, non plus, que les oratoires du xviie siècle n’ont pas disparu et font partie du quotidien. Deux oratoires sont dédiés à Saint-Sébastien. Le premier à Mézian, commune de Beauche en Eure-et-Loir, le second à Saint-Benoît. Saint-Sébastien est un saint protecteur de la peste ! Trois de ces quatre oratoires sont placés près d’un point d’eau. C’est le cas de l’oratoire Notre-Dame de Saint-Lubin des Joncherets, en face d’une « mariette » à La Poterie. Cet oratoire porte la date de 1760. Une « mariette » c’est à la fois une petite mare, le diminutif de Marie, et le nom de ces oratoires placés près d’un point d’eau. Aucune des notices utilisées n’indique que le clergé a participé à l’érection de ces oratoires. Autrement dit, l’absence du clergé est patente.

La dévotion au Sacré Cœur est précédée de quelques années par celle du Saint-Sacrement. Marie-Hélène Froeschlé-Chopard signale à Chartres la publication en 1706 d’un opuscule concernant les confréries et l’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement. Marguerite Marie Alacoque et Paray-le-Monial marquent un point de départ à la fin du xviie siècle pour cette dévotion au Sacré-Cœur dont le développement est rapide avec 230 confréries en France en 1730 pour 1090 recensées en Europe. Les Jésuites sont des propagateurs de cette dévotion, Marie Leczynska, la reine, également. L’Église officielle refusera longtemps d’accorder une fête au Sacré-Cœur en raison du grand nombre de jours fériés et aussi pour des raisons théologiques. En effet, le Sacré-Cœur de Marie vient souvent s’associer à celui de Jésus, voire le remplace !

La piété populaire, c’est aussi la confiance aveugle qui est mise parfois en certains lieux. Et cela aussi, l’Église officielle essaie de l’encadrer. Par exemple, en 1711, l’évêque de Sisteron défend « à tous les fidèles, sous peine d’excommunication, de porter les enfants morts sans baptême à la chapelle de Notre-Dame du Laus, ou ailleurs, et de les déterrer à cet effet, sous le prétexte ridicule, et superstitieux, qu’il s’y fait des miracles continuels, et que les enfants ressuscitent pour un instant, pour recevoir le baptême ».

Le développement des confréries dans les paroisses, notamment celles des pénitents, peut aussi être une concurrence directe pour le pouvoir spirituel du curé. Les réunions dans les chapelles notamment sont mal vues du clergé paroissial… surtout quand il n’y est pas invité. Pourtant ces confréries de pénitents assurent les sépultures des plus pauvres, les confréries de châritons sont les ancêtres des bureaux de bienfaisance et des Centres communaux d’action sociale… au point que les archives des premiers sont parfois conservés dans les bureaux des CCAS d’aujourd’hui !

L’encadrement paroissial est assuré en partie par les missions. Les Lazaristes, les Montfortains, les Jésuites, les Passionnistes sont spécialistes de ces missions avec pour chacune de ces sociétés un modèle de pédagogie catéchétique particulier. Au début du siècle que nous traitons ces missions sont des fondations : une personne laisse un capital dont les intérêts permettent de financer les missions. Grignion de Montfort, qui a été pèlerin à Chartres, souhaite des missionnaires vivant de la charité.

En citant les statuts synodaux, j’ai évoqué des publications ente 1708 et 1712, hormis pour ceux de Luçon. À la fin du siècle, les évêques réunissent moins les synodes diocésains. C’est alors que se développe une ecclésiologie très centrée sur l’évêque diocésain et sur l’évêque de Rome, le Pape. Cette absence de rencontres provoque le souhait de certains curés de se réunir dans les années 1780. C’est le cas en Dauphiné où l’abbé Henri Reymond, curé congruiste de Saint-Georges de Vienne, publie une Défense des droits des curés et des paroisses (1776). Henry Reymond deviendra le second évêque constitutionnel de l’Isère (1792-1802). Là, comme en Provence voisine, en Bretagne aussi, des groupes se réunissent et publient à la fois sur des questions pratiques, spirituelles et politiques. Ainsi, l’amélioration de la portion congrue côtoie la remise en cause de l’autorité épiscopale en matière civile et politique. Ce souhait d’une autonomie plus grande et d’une collégialité des prêtres avec les conciles provinciaux, les synodes diocésains, de conférences ecclésiastiques, s’accompagne de libertés gallicanes anti-romaines. Il faut aussi relativiser la teneur des revendications. Les conférences ecclésiastiques, très encadrées il est vrai par les évêques, existent un peu partout. Les statuts synodaux de Sisteron publient une ordonnance de l’évêque à ce sujet, dès 1711. En Bas-Poitou, les prêtres s’appuient sur ce réseau des conférences pour évoquer entre eux le serment qu’ils doivent prêter dès le début de l’année suivante, à la fin de 1790. Ces revendications, l’appel aux libertés gallicanes aboutissent à Qu’est-ce que le Tiers État de l’abbé Sieyès, grand vicaire de Chartres, aux thèses presbytériennes de l’abbé Maultrot donnant la Constitution civile du clergé et, enfin, à l’Église constitutionnelle de l’abbé Grégoire.

Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun

 

 

 

Bibliographie indicative

Dubray Jean (père), Le français, langue liturgique : la réforme de l’Église constitutionnelle (1791-1801) et le rôle de l’abbé Grégoire (1750-1831), in Prêtres diocésains, n° 1505, mars 2014, p 117-124.

Caraccioli Louis-Antoine, La jouissance de soi-même, Amsterdam : Van Harrevelt libraire, 1760, 440 p.

Daniel-Rops, Histoire de l’Église du Christ, vol. vii, viii, ix.

Delumeau Jean, Mille ans de bonheur, Fayard, 1995, 493 p. Il s’agit du second tome d’Une Histoire du paradis.

Dompnier Bernard et Vismara Paola (dir.). Confréries et dévotions dans la catholicité moderne (mi xve – début xixe siècle), Rome : Ecole française de Rome, 2008, 442 p.

Irigoin Pierre, Les Oratoires de France depuis les origines, Connaissance et sauvegarde des oratoires, 2007, 1ère édition 1977, 314 p.

Lemaitre Nicole (dir), Histoire des curés, Fayard, 2002, 523 p.

Mayeur Jean-Marie et al (dir.), Histoire du Christianisme des origines à nos jours, tome x : Les Défis de la modernité (1750-1840), sous la responsabilité de Bernard Plongeron, Desclée, 1997, 1002 p.

Pierrard Pierre, L’Église et la Révolution (1789-1989), Paris : Nouvelle cité, 1988, 273 p.

Pierrard Pierre, Histoire des curés de campagne de 1789 à nos jours, Paris : Plon, 1986, 337 p.

Plongeron Bernard, La Vie quotidienne du clergé français au XVIIIe siècle, Hachette, 1974, 288 p.

Histoire locale d’Eure-et-Loir

Bulletin de la société archéologique d’Eure-et-Loir, particulièrement ici les mémoires XXVIII – 3 du n° 80, 1er trimestre 1980 et XXIX – 3 du n° 100 de novembre 1983.

Histoire locale vendéenne

Bonetti Philippe et David Abel, Montaigu parcours historiques, Cholet : éditions Hérault, 1998, 192 p.

Bossis Mireille et Philippe, Goupilleau de Montaigu, les apprentissages d’un révolutionnaire vendéen (1763-1781), Paris : Connaissances et Savoirs, 2006, 764 p.

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