Éléments de discernement – 07 / La subsidiarité

2. Les valeurs fondatrices que l’Église appelle à mettre au cœur de tout projet de société
  2.1. L’importance des valeurs
  2.2. Un fondement incontournable : la personne humaine
  2.3. Les valeurs fondatrices d’une société humaine
    2.3.1. Le bien commun
    2.3.2. La destination universelle des biens
   2.3.3. La solidarité (voir article précédent)

__________________

    2.3.4. La subsidiarité

Le principe de subsidiarité engage chaque élément de la société humaine à reconnaître les éléments dont il a la responsabilité comme ayant une capacité d’autonomie propre qui doit être favorisée et défendue :

« Dieu n’a pas voulu retenir pour Lui seul l’exercice de tous les pouvoirs. Il remet à chaque personne les fonctions qu’elle est capable d’exercer, selon les capacités de sa nature propre. Ce mode de gouvernement doit être imité dans la vie sociale. Le comportement de Dieu dans le gouvernement du monde, qui témoigne de si grands égards pour la liberté humaine, devrait inspirer la sagesse de ceux qui gouvernent les communautés humaines. Ils ont à se comporter en ministres de la providence divine. Le principe de subsidiarité […] trace les limites de l’intervention de l’État. Il vise à harmoniser les rapports entre les individus et les sociétés. Il tend à instaurer un véritable ordre international. » Catéchisme de l’Église catholique, 1883-1885

La subsidiarité respecte la dignité humaine, prend en compte la liberté de l’homme, favorise la responsabilité :

« Le principe de subsidiarité, expression de l’inaliénable liberté humaine, est […] une manifestation particulière de la charité et un guide éclairant pour la collaboration fraternelle entre croyants et non croyants. La subsidiarité est avant tout une aide à la personne, à travers l’autonomie des corps intermédiaires. Cette aide est proposée lorsque la personne et les acteurs sociaux ne réussissent pas à faire par eux-mêmes ce qui leur incombe et elle implique toujours que l’on ait une visée émancipatrice qui favorise la liberté et la participation en tant que responsabilisation. La subsidiarité respecte la dignité de la personne en qui elle voit un sujet toujours capable de donner quelque chose aux autres. En reconnaissant que la réciprocité fonde la constitution intime de l’être humain, la subsidiarité est l’antidote le plus efficace contre toute forme d’assistance paternaliste. Elle peut rendre compte aussi bien des multiples articulations entre les divers plans et donc de la pluralité des acteurs, que de leur coordination. Il s’agit donc d’un principe particulièrement apte à gouverner la mondialisation et à l’orienter vers un véritable développement humain. Pour ne pas engendrer un dangereux pouvoir universel de type monocratique, la « gouvernance » de la mondialisation doit être de nature subsidiaire, articulée à de multiples niveaux et sur divers plans qui collaborent entre eux. La mondialisation réclame certainement une autorité, puisque est en jeu le problème du bien commun qu’il faut poursuivre ensemble; cependant cette autorité devra être exercée de manière subsidiaire et polyarchique pour, d’une part, ne pas porter atteinte à la liberté et, d’autre part, être concrètement efficace. » Benoît XVI, encyclique Caritas in Veritate, 57

 ______________________________

 

Pour aller plus loin

 

Élections 2012 : Éléments de discernement (table des matières et accès au contenu au fur et à mesure de sa mise en ligne)

– Vidéo : Mgr Jean-Michel di Falco Léandri parle des échéances électorales

– Élections : un vote pour quelle société ? Déclaration du conseil permanent de la conférence des évêques de France au sujet des élections présidentielles et législatives de 2012

Compendium de la doctrine sociale de l’Église