Éléments de discernement – 34 / L’État providence et ses limites

3. Ce que l’Église a à dire sur les sujets au cœur de la campagne présidentielle 2012 en France
   3.4. Au sujet de l’économie

     3.4.1. Le développement humain authentique ne saurait être exclusivement économique !
     3.4.2. La juste propriété privée
     3.4.3. La promotion des entreprises par l’État

     3.4.4. Le profit ne peut pas être le seul but de l’entreprise

     3.4.5. L’État a le devoir d’intervenir et de protéger certains secteurs d’activités au sein du marché économique
(voir article précédent)

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     3.4.6. L’État providence et ses limites

L’Église reconnaît la mission d’assistance de l’État auprès des différents secteurs :

« L’État a le devoir de veiller au bien commun et de pourvoir à ce que chaque secteur de la vie sociale, sans exclure celui de l’économie, contribue à le promouvoir, tout en respectant la juste autonomie de chacun d’entre eux. » Jean-Paul II, encyclique Centesimus Annus, 11

Cependant l’Église met en garde contre une action exagérée de « l’État providence » et les réelles limites d’une intervention purement « technique » :

« Les dysfonctionnements et les défauts des soutiens publics proviennent d’une conception inappropriée des devoirs spécifiques de l’État. Dans ce cadre, il convient de respecter également le principe de subsidiarité: une société d’ordre supérieur ne doit pas intervenir dans la vie interne d’une société d’un ordre inférieur, en lui enlevant ses compétences, mais elle doit plutôt la soutenir en cas de nécessité et l’aider à coordonner son action avec celle des autres éléments qui composent la société, en vue du bien commun. En intervenant directement et en privant la société de ses responsabilités, l’État de l’assistance provoque la déperdition des forces humaines, l’hypertrophie des appareils publics, animés par une logique bureaucratique plus que par la préoccupation d’être au service des usagers, avec une croissance énorme des dépenses. En effet, il semble que les besoins soient mieux connus par ceux qui en sont plus proches ou qui savent s’en rapprocher, et que ceux-ci soient plus à même d’y répondre. On ajoutera que souvent certains types de besoins appellent une réponse qui ne soit pas seulement d’ordre matériel mais qui sache percevoir la requête humaine plus profonde. Que l’on pense aussi aux conditions que connaissent les réfugiés, les immigrés, les personnes âgées ou malades, et aux diverses conditions qui requièrent une assistance, comme dans le cas des toxicomanes, toutes personnes qui ne peuvent être efficacement aidées que par ceux qui leur apportent non seulement les soins nécessaires, mais aussi un soutien sincèrement fraternel. » Jean-Paul II, encyclique Centesimus Annus, 48

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Pour aller plus loin

 

Élections 2012 : Éléments de discernement (table des matières et accès au contenu au fur et à mesure de sa mise en ligne)

– Vidéo : Mgr Jean-Michel di Falco Léandri parle des échéances électorales

Élections : un vote pour quelle société ? Déclaration du conseil permanent de la conférence des évêques de France au sujet des élections présidentielles et législatives de 2012

Compendium de la doctrine sociale de l’Église