Éléments de discernement – 59 / La question sociale est devenue mondiale : devoir de solidarité internationale !
  • 6 avril 2012

3. Ce que l’Église a à dire sur les sujets au cœur de la campagne présidentielle 2012 en France
   3.8. La communauté internationale
     3.8.1. La France en Europe

         3.8.1.1. Le juste sens de la nation : aimer son pays… sans étroitesse d’esprit !
         3.8.1.2. La construction européenne
         3.8.1.3. Les racines chrétiennes de l’Europe
         3.8.1.4. La régulation de l’immigration
(voir article précédent)

__________________

      3.8.2. La France dans le monde

         3.8.2.1. La question sociale est devenue mondiale : devoir de solidarité internationale !

En 1967, le pape Paul VI affirmait que la question du développement ne pouvait s’envisager qu’à l’échelle mondiale et que les pays les plus développés ont une responsabilité particulière :

« Le devoir de solidarité des personnes est aussi celui des peuples : « les nations développées ont le très pressant devoir d’aider les nations en voie de développement ». Il faut mettre en œuvre cet enseignement conciliaire. S’il est normal qu’une population soit la première bénéficiaire des dons que lui a faits la Providence comme des fruits de son travail, aucun peuple ne peut, pour autant, prétendre réserver ses richesses à son seul usage. Chaque peuple doit produire plus et mieux, à la fois pour donner à tous ses ressortissants un niveau de vie vraiment humain et aussi pour contribuer au développement solidaire de l’humanité.(…) Il faut aussi le redire : le superflu des pays riches doit servir aux pays pauvres. La règle qui valait autrefois en faveur des plus proches doit s’appliquer aujourd’hui à la totalité des nécessiteux du monde. » Paul VI, encyclique Populorum Progressio, 48

Depuis l’encyclique « Le progrès des peuple » de Paul VI en 1967, l’Église n’a de cesse d’inciter chacun à prendre conscience que la question du développement et de la pauvreté ne peut s’envisager qu’à l’échelle du monde :

« En déclarant que la question sociale a acquis une dimension mondiale, l’encyclique de Paul VI se propose avant tout de signaler un fait d’ordre moral, qui a son fondement dans l’analyse objective de la réalité. Selon les paroles mêmes de l’encyclique, «chacun doit prendre conscience» de ce fait, précisément parce que cela touche directement la conscience, qui est la source des décisions morales. (…) Ainsi, les responsables des affaires publiques, les citoyens des pays riches, chacun à titre personnel, surtout s’ils sont chrétiens, ont l’obligation morale – à leur niveau respectif de responsabilité – de tenir compte, dans leurs décisions personnelles et gouvernementales, de ce rapport d’universalité, de cette interdépendance existant entre leur comportement et la misère et le sous-développement de tant de millions d’hommes. Avec une grande précision, l’encyclique de Paul VI traduit l’obligation morale en «devoir de solidarité », et cette affirmation, bien que beaucoup de situations dans le monde aient changé, a aujourd’hui la même force et la même valeur que quand elle a été écrite. D’autre part, sans sortir du cadre de cette vision morale, la nouveauté de l’encyclique consiste encore dans la façon de présenter le problème de fond, à savoir que le concept même de développement change considérablement quand on le situe dans une perspective d’interdépendance mondiale. Le vrai développement ne peut pas consister dans l’accumulation pure et simple de la richesse et dans la multiplication des biens et des services disponibles, si cela se fait au prix du sous-développement des masses et sans la considération due aux dimensions sociales, culturelles et spirituelles de l’être humain. » Jean Paul II, encyclique Sollicitudo Rei Socialis, 9

L’Église invite chacun à une cohérence très concrète, quotidienne même :

« Aujourd’hui, étant donné la dimension mondiale qu’a prise la question sociale, cet amour préférentiel [des plus démunis], de même que les décisions qu’il nous inspire, ne peut pas ne pas embrasser les multitudes immenses des affamés, des mendiants, des sans-abri, des personnes sans assistance médicale et, par-dessus tout, sans espérance d’un avenir meilleur: on ne peut pas ne pas prendre acte de l’existence de ces réalités. Les ignorer reviendrait à s’identifier au «riche bon vivant» qui feignait de ne pas connaître Lazare le mendiant qui gisait près de son portail (cf. Lc 16, 1931). Notre vie quotidienne doit tenir compte de ces réalités, comme aussi nos décisions d’ordre politique et économique. » Jean-Paul II, encyclique Sollicitudo Rei Socialis, 42

______________________________

 

Pour aller plus loin

 

Élections 2012 : Éléments de discernement (table des matières et accès au contenu au fur et à mesure de sa mise en ligne)

– Vidéo : Mgr Jean-Michel di Falco Léandri parle des échéances électorales

Élections : un vote pour quelle société ? Déclaration du conseil permanent de la conférence des évêques de France au sujet des élections présidentielles et législatives de 2012

Compendium de la doctrine sociale de l’Église

Fermer le menu