Entre terre et ciel, comment trouver sa place ? Homélie du 1er dimanche de Carême – Messe des bienfaiteurs

Homélie 21 février 2021 – Carême 1

10h30 Cathédrale de Gap – Messe des donateurs 

« Dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient. » Jésus a vécu 40 jours de retraite au désert, après son baptême et avant d’entamer sa vie publique, sa mission. 40, en mémoire des 40 ans du peuple hébreux au désert avant d’entrer dans la Terre Promise. 40 jours de préparation qui sont un combat spirituel contre les forces du mal symbolisées par les bêtes sauvages. St Marc ne nous décrit pas les tentations, mais il nous fait comprendre que Jésus les a vaincu, puisque les bêtes sauvages ne l’ont pas dévoré, et que les anges le servaient. « Entre les bêtes sauvages et les anges, commente le livret de Carême du CCFD, voilà le Christ ramené à l’expérience fondamentale de tout être humain. Entre terre et ciel, comment trouver sa place ? » 

Frères et soeurs, nous sommes nous-mêmes en carême, et même comme je le développais dans mon homélie de ce mercredi des Cendres, au milieu d’un grand Carême représenté par la pandémie, entre les bêtes sauvages et les anges. Nous affrontons chacun les forces du mal, dans la prière, avec l’aide de Dieu. Ces forces du mal sont suractives dans le monde et en nous. Les anges qui servaient Jésus montre que Dieu n’est pas absent dans le combat spirituel de Jésus, qu’Il lui envoies ses anges pour l’aider, que Dieu n’est pas absent dans notre propre combat spirituel de ce carême.

Immédiatement après les tentations, Jésus commence à annoncer la Bonne Nouvelle : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » Comme dit le Pape François dans son dernier livre « Un temps pour changer », il nous faut choisir, entre une culture du service du frère ou une culture du déchet. Et dans ce livre, il a une belle expression, qui fait écho en ce premier dimanche du Carême à notre première lecture, le récit de l’Alliance de Dieu avec Noé qui a échappé au déluge. Le pape dit : « La covid-19 est notre moment de Noé. » Il explique : « L’histoire de Noé dans la Genèse ne parle pas seulement de la façon dont Dieu a proposé un chemin pour sortir de la destruction, mais aussi de tout ce qui a suivi. La régénération de la société humaine a signifié un retour au respect des limites, à la restriction de la soif effrénée de richesse et de pouvoir, à la prise en compte des pauvres et des marginaux. L’introduction du Sabbat et du jubilé – moment de relèvement et de réparation, de remise de dettes et de rétablissement des relations – a été la clef de cette régénération, donnant le temps à la terre de renaître, aux pauvres de trouver un nouvel espoir, aux gens de retrouver leur âme. » Et le Pape ajoute : « C’est la grâce qui nous est offerte en ce moment, la lumière au milieu de notre tribulation. Ne la gâchons pas. »

Chers frères et soeurs donateurs, bienfaiteurs du diocèse de Gap, vous comprenez pourquoi cette messe en action de grâce pour les bienfaiteurs est bien placée en Carême. Non seulement vous nous faites du bien à tous les chrétiens du diocèse et au delà, à tous les hommes que nous servons dans ce département à travers nos missions d’évangélisation, mais en plus vous vous faites du bien. Votre don n’est pas seulement un acte de charité, pas seulement un devoir du chrétien, même s’il est important de rappeler que tout baptisé qui gagne sa vie à le devoir de financer son église par le Denier de l’Eglise, car nous ne vivons que de vos dons. Surtout, votre don est une offrande, au sens liturgique du mot. Ce n’est pas pour rien que l’on fait la quête au moment de l’offertoire, même si pour des raisons de pandémie certains la font maintenant à la sortie : le prêtre offre le pain et le vin, fruit de la terre et du travail des hommes, et le peuple de Dieu tout entier s’offre et manifeste son offrande matériellement dans la quête. Les dons que vous faites, en argent et en bénévolat, sont précieux pour remplir notre mission d’évangélisation, mais aussi pour vous libérer de la tentation de l’avoir et du pouvoir. C’est enfin un acte de confiance en Dieu, et pour l’expérimenter, il est bon de faire de temps en temps des dons importants, qui puisent d’une manière sérieuse sur nos réserves. « Oui, j’établis mon alliance avec vous, dit Dieu à Noé : aucun être de chair ne sera plus détruit par les eaux du déluge, il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre. » Frères et soeurs, ayons confiance, Dieu a fait alliance avec nous. Le déluge, l’arche de Noé et l’arc en Ciel étaient, comme le rappelle st Pierre dans la seconde lecture, « une figure du baptême qui vous sauve maintenant : le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ ».

Merci chers bienfaiteurs, chers donateurs, chers bénévoles du diocèse de Gap et Embrun. Merci pour votre générosité augmentée qui en 2020 nous a permis de traverser la crise, grâce également à une gestion serrée, comme je m’y engageait lors de notre campagne 2020 : « Missionnaire et gestionnaire », que ce soit au niveau du diocèse, au Sanctuaire ND du Laus et dans les Paroisses. Merci pour votre générosité renouvelée en 2021 qui est pour vous un chemin de sainteté. Vous découvrirez bientôt les nouvelles affiches du Denier, mettant en parallèle une figure de saint et un habitant de chez nous, par exemple Thérèse de Lisieux et Thérèse de Briançon ; François d’Assise et François du Dévoluy.

Gardons confiance frères et soeurs dans ce carême, dans ce grand carême de la pandémie. Dieu nous accompagne, les anges nous servent. Nous sommes sur un chemin de sainteté. Amen !

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