Fête de l’Assomption à Notre-Dame du Laus

Homélie 15 août 2018 – LE LAUS

 

En 1950, le Pape Pie XII a ainsi défini le dogme de l’Assomption : « Au terme de sa vie terrestre, l’Immaculée, Mère de Dieu, Marie toujours Vierge a été prise au ciel corps et âme dans la gloire céleste. »

Notre première lecture, – un extrait du livre de l’Apocalypse  nous parle du combat d’une femme contre un dragon. La tradition chrétienne y a toujours vu le combat de Marie contre le mal. L’Assomption représente le triomphe de Marie dans ce combat et son accueil au Ciel.         L’auteur décrit d’abord une vision grandiose : « Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles ». 

Cette vision de la couronne des 12 étoiles est à l’origine du drapeau européen, choisi par les pères de l’Europe qui étaient des chrétiens, comme Adenauer, de Gasperi et Schuman. Alors si la fête de l’Assomption est la fête nationale chrétienne de la France, et si nous avons à coeur de prier pour notre cher pays et ses dirigeants, comme d’ailleurs Marie l’a demandé à Benoîte  : « La bonne Mère lui dit encore de réciter plusieurs rosaires pour le roi et de faire prier Dieu pour lui ; qu’il avait de grandes affaires », cette vision de la couronne des 12 étoiles nous invite à élargir notre supplication pour l’Europe. Notre Europe engluée dans ses divisions, n’arrive ainsi pas à trouver une solution humaine au drame des migrants. Alors, prions pour les dirigeants européens, et comme me le suggérait justement quelqu’un, prions aussi pour les dirigeants des pays d’origine de ces migrants ; car c’est bien un échec de leur gouvernance, pour parler gentiment. Je reviens au livre de l’Apocalypse. L’auteur détaille ensuite la situation de la Femme : « Elle est enceinte, elle crie, dans les douleurs de…  l’enfantement ». Alors « Un autre signe apparut dans le ciel : un grand dragon, rouge feu, avec sept têtes et dix cornes, etc… Le Dragon vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance.» On lit bien sûr le massacre des innocents ordonné par Hérode qui recherche l’enfant Jésus. Puis le Messie est clairement annoncé : « Or, elle mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les conduisant avec un sceptre de fer….» Et la vision se termine : «Alors j’entendis dans le ciel une voix forte, qui proclamait : « Maintenant voici le salut, la puissance et le règne de notre Dieu, voici le pouvoir de son Christ ! » Frères et soeurs, Marie est maintenant au Ciel avec son Fils Jésus, et on n’ose pas imaginer la joie qu’Il a eu à accueillir sa sainte mère , et la joie de Marie de retrouver son fils et son époux saint Joseph.

Dans la seconde lecture, st Paul détaille aux Corinthiens qu’il y a un certain ordre dans la Résurrection : «c’est dans le Christ que tous recevront la vie, mais chacun à son rang : en premier, le Christ, et ensuite, lors du retour du Christ, ceux qui lui appartiennent.» Dans cet ordre, on comprends que Marie est en tête, de par son Immaculée conception, elle-même liée à sa position particulière de mère du Christ, et de par sa présence à la Croix. Marie est notre guide de montagne, la première de cordée ; elle nous entraîne vers le sommet, le Ciel. 

Le pape François en parle à la fin de sa lettre sur la sainteté Gaudete et exsultate : GE 176 «Je voudrais que la Vierge Marie couronne ces réflexions, car elle a vécu comme personne les béatitudes de Jésus. Elle est celle qui tressaillait de joie en la présence de Dieu, celle qui gardait tout dans son cœur et qui s’est laissée traverser par le glaive. Elle est la sainte parmi les saints, la plus bénie, celle qui nous montre le chemin de la sainteté et qui nous accompagne. Elle n’accepte pas que nous restions à terre et parfois elle nous porte dans ses bras sans nous juger. Parler avec elle nous console, nous libère et nous sanctifie. La Mère n’a pas besoin de beaucoup de paroles, elle n’a pas besoin que nous fassions trop d’efforts pour lui expliquer ce qui nous arrive. Il suffit de chuchoter encore et encore : “Je vous salue Marie…’’.»

Venons-en à l’évangile, qui curieusement est celui de la Visitation à sa cousine Elisabeth. Il est vrai que si Marie est monté au ciel, elle ne cesse de faire des Visitations sur la terre, et nous sommes ici au Sanctuaire du Laus bien placé pour le savoir. Il faut dire que la Visitation qu’elle a faite à sa cousine Elisabeth a été mémorable. Marie y exprime toute sa gratitude pour ce que Dieu a fait pour elle après l’Annonciation. Ce chant du Magnificat, elle a du le reprendre à son Assomption et voilà pourquoi la liturgie nous le repropose en cette fête : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. etc. »

En cette année jubilaire des 300 ans de la mort de la vénérable Benoite Rencurel, permettez-moi pour conclure, de vous offrir le récit de sa mort, selon une lettre du père Jean-Baptiste Royère écrite quelques jours après la mort de Benoîte. Vous la trouverez dans le livre de notre cher père Combal «Prier 15 jours avec Benoîte» : «Ma bonne soeur, nous sommes vos enfants, ne voulez-vous pas nous donner votre bénédiction? Benoîte, objectant que c’est à la Bonne Mère de la donner, sort sa main du lit et dit : Je vous la donne bien volontiers mes bons pères. Elle s’en excusa par respect, cependant ne voulut pas nous refuser cette consolation. Et tout aussitôt, levant les yeux vers le Ciel, entre les bras de ses nièces et la venue des Anges qu’elle donnait à connaître par son visage riant, elle décéda joyeusement. Et son âme, selon qu’on le peut pieusement croire, fut porté dans le Ciel par les esprits bienheureux. » Fin de citation. Donc le dernier acte de Benoite fut de bénir. Savez-vous que ce fut aussi le dernier acte de Notre-Seigneur Jésus-Christ ? En effet, l’évangéliste Luc dit au chapitre 24 : «Tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et fut emporté au ciel.» Et bien frères et soeurs, j’ai plaisir à penser que si ce fut le dernier geste de Jésus, le dernier geste de Benoîte, ce fut aussi le dernier geste de Marie. Et que Marie continue à nous bénir du Ciel. Amen.

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