You are currently viewing ‘Je vous aime, je me donne à vous pour toujours’. 6 juin 2021 – Fête Dieu à Embrun, anniversaire apparition de Marie à Benoîte Rencurel – Première Communions.

« Descendant du Sinaï, Moïse vint rapporter au peuple toutes les paroles du Seigneur. » Le livre de l’Exode, notre première lecture, raconte la libération d’Egypte du peuple hébreux, le passage de la Mer morte, puis les 40 ans au désert, avec cet épisode du don des 10 commandements sur la montagne du Sinaï. Dieu veut sceller une alliance avec ce peuple. Moïse transmet les commandements de Dieu et le peuple y répond : « Toutes ces paroles que le Seigneur a dites, nous les mettrons en pratique. » Pour fonder cette alliance, comme tout mariage par exemple, il faut un engagement réciproque, et que celui-ci soit marqué par un rite de fondation. C’est le sacrifice d’Alliance que nous avons entendu, et qui nous semble bizarre, à nous qui vivons au 21ème siècle. Essayons de le comprendre : immoler des animaux, c’est offrir à Dieu des choses dont on a besoin, c’est se priver volontairement d’une nourriture en l’offrant à Dieu. D’autant qu’il y a un symbole fort, le sang de l’animal. Dans la Bible, le sang représente la vie. Moïse pose un acte symbolique : il partage en deux le sang des animaux sacrifiés, en verse la moitié sur l’autel, qui est le lieu de la présence de Dieu, et de l’autre moitié il en asperge le peuple. C’est donc une alliance vitale, qui unit Dieu et son peuple. Mais pour que l’Alliance dure, faut-il encore que le peuple reste fidèle à sa parole. Or à plusieurs reprises, le peuple a été infidèle, on se rappelle l’épisode du veau d’or.

Alors on comprends pourquoi Dieu a envoyé son fils Jésus sur terre, pourquoi le Fils de Dieu s’est fait homme. Ce n’est plus seulement le sang qui représente la vie et l’union entre Dieu et son peuple, mais Dieu lui-même qui est devenu homme. Jésus s’est fait l’un de nous. Il est l’Alliance nouvelle. Et cette Alliance sera aussi marqué par un rite de fondation, par un sacrifice, le sacrifice sur la Croix du Fils de Dieu lui-même, qui a pris la place des animaux, et versé son sang, c’est ce qu’on a célébré le vendredi saint, pendant la Semaine Sainte. Mais déjà le jeudi Saint, Jésus avait comme anticipé ce sacrifice lors de son dernier repas, que l’évangéliste Marc nous raconte. C’est un geste inédit : « Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps. » Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. »

Ce dernier repas, que nous commémorons chaque Messe, il est bon chaque année d’avoir une fête, en plus du jeudi saint, la fête Dieu du corps et du sang du Christ. Notre part de l’Alliance, c’est de communier.

Ce que vous allez faire pour la première fois. Recevoir Jésus en vous. C’est un grand jour pour vous, et pour notre Seigneur Jésus ! 

Une sainte, Thérèse de Lisieux, fit sa première communion à 11 ans, le 8 mai 1884. « Ah ! qu’il fut doux le premier baiser de Jésus à mon âme ! » écrira t’elle. « Ce fut un baiser d’amour, je me sentais aimée, et je disais aussi : ‘Je vous aime, je me donne à vous pour toujours’. » Voyez cette Alliance entre Dieu et Thérèse. Et bien c’est aussi ce qui se passe ce matin dans cette cathédrale d’Embrun. Une alliance entre Dieu et certains enfants, entre le Ciel et la terre. Vous vous y êtes préparé cette année, et même pour certains pendant deux ans, puisque l’an passé la célébration a été annulée pour cause de covid. 

Chers enfants, Dieu vient faire alliance avec vous, en vous offrant son fils en communion. Il vous restera à être fidèle à cette Alliance, en communiant le plus souvent possible.

Et quelle grâce de faire votre première communion ici à la cathédrale d’Embrun et le jour de la fête Dieu. Car dans cette même Cathédrale, la Sainte Vierge, la mère de Jésus, est apparue à la jeune Benoîte Rencurel du Laus. C’est cet anniversaire qui me donne la joie de venir vivre avec vous votre première communion, car le diocèse vit une année mariale, et j’ai souhaité célébrer dans chacune des cathédrales, à Gap le 8 décembre dernier, et à Embrun ce jour de fête Dieu.

Pourquoi ? Parce que Benoîte Rencurel n’a pas eu des apparitions mariales qu’au Laus, mais aussi à La Saulce et à Embrun, à la cathédrale du Réal. Ici même.

Je cite les manuscrits du Laus : « Le jour de la Fête-Dieu [le 6 juin 1670, Benoîte] eut l’honneur de voir la Vierge Marie, pendant qu’on disait la grand-messe, habillée en reine, une couronne sur la tête, toute éclatante de lumière, quand on commence à jouer de l’orgue, ce qui surprend Benoîte. 

La Mère de Dieu lui apparaît et lui dit de ne pas avoir peur, que ce sont des instruments pour honorer son très cher Fils, que c’était sa plus grande fête, la marque de son amour infini. ».  CA G. p. 53 XV [99] – année 1669. Récit semblable en CA P. p. 397 [443].

Benoîte avait été obligée d’aller à Embrun, Le Laus dépendant alors du diocèse d’Embrun, et non comme aujourd’hui du diocèse de Gap et Embrun, pour rencontrer le vicaire général, le plus proche collaborateur de l’évêque. En effet, l’autorité diocésaine voulait se rendre compte de l’authenticité de ses visions et de sa mission. Elle sera interrogée pendant 14 jours, mais jamais ne se contredira. On croirait lire le procès de Jeanne d’Arc ! C’est une bien lourde épreuve pour la jeune bergère de 22 ans. Alors la Sainte Vierge vient la consoler.

Chers enfants, comme Benoîte, vous pouvez vous appuyer sur Jésus que vous recevez ce jour dans l’Eucharistie, et sur sa mère, que vous priez souvent. A vous aussi elle dit : n’ayez pas peur. N’ayez pas peur des sons qui sortent de ce magnifique orgue, mais n’ayez pas peur de Jésus. Il vous aime infiniment. Comme Thérèse de Lisieux, après la communion, vous pourrez dire : « Je vous aime, je me donne à vous pour toujours. » Amen !