Des représentants de 1200 groupes de prière rassemblés au Laus
  • Post published:29 juillet 2016

Jeudi 21 juillet 2016, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri est venue présider la messe au sanctuaire Notre-Dame du Laus pour la Fraternité Pentecôte qui représente environ 1200 groupes de prière en France.

“L’Esprit Saint ne cherche pas à nous faire nous évader du monde ! a dit Mgr Jean-Michel di Falco Léandri dans son homélie sur les paraboles. C’est le monde bien concret dans lequel nous vivons que Dieu veut sauver. C’est à ce monde-là qu’il s’adresse.”

Depuis sa création à la Pentecôte 1988, Fraternité Pentecôte est au service des groupes de prière du Renouveau charismatique catholique en France, des groupes non rattachés aux communautés du Renouveau.

Fraternité Pentecôte organisait une session de formation au sanctuaire Notre-Dame du Laus du 20 au 24 juillet 2016 sur le thème « Au service des frères pour la croissance du corps du Christ. » Cette session était ouverte à tous ceux qui sont (ou désirent être) au service de leurs frères et sœurs dans ces 1200 groupes de prière.

Les intervenants de cette session étaient Olivier Belleil (Communauté du Verbe de Vie), Dominique Ferry (Communauté du Chemin Neuf) et Mario Landi (Renouveau charismatique italien).

http://www.fraternite-pentecote.cef.fr/frat/

Homélie

par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

« Ils m’ont abandonné, moi, la source d’eau vive, et ils se sont creusé des citernes »
Jérémie 2, 1-3.7-8.12-13
« À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux,
mais ce n’est pas donné à ceux-là »
Matthieu 13, 10-17

Chers frères et sœurs,

Nous sommes tellement habitués aux paraboles que nous ne nous rendons plus compte à quel point elles sont extraordinaires et uniques ! À tel point que, bien souvent, lorsque nous tentons de les commenter nous prenons le risque de les édulcorer.

Oui, les paraboles sont extraordinaires par leur abondance dans les évangiles et par leur rareté ailleurs. L’ancien testament ne compte que trois paraboles proprement dites. Et dans le nouveau testament, seuls les évangiles synoptiques en contiennent. De ceci, il ressort que les paraboles sont vraiment la manière privilégiée de Jésus d’enseigner et de nous parler du royaume.

Extraordinaires, ces paraboles le sont aussi par leur pertinence et leur fraîcheur. Pas si étonnant si nous relevons que ce n’est pas n’importe qui qui parle ! Ce n’est pas un maître quelconque. C’est Jésus, le Fils de Dieu ! Et quand Jésus parle du Royaume, parle de Dieu, évidemment, il sait ce qu’il dit. Il vient du Père. Il vient de ce royaume, il est ce royaume-même. Il est l’Emmanuel, Dieu parmi nous. Quand Jésus parle en paraboles, il n’imagine pas ce monde de Dieu ! Bien au contraire : il nous le décrit tel qu’il le connaît ! Si nous prenions un peu plus conscience de qui nous parle en paraboles, peut-être que nous serions alors encore plus attentifs.

Extraordinaires, ces paraboles le sont aussi en ce qu’elles nous parlent de Dieu par le biais d’histoires de tous les jours… On pourrait croire que Dieu est si différent de nous que son royaume devrait l’être aussi. Et voici qu’il n’en est rien. Jésus part de faits familiers, il tire ses exemples du monde matériel, de la vie ordinaire pour parler de ce monde de Dieu qu’il connaît bien. Cela veut dire que notre monde et le monde de Dieu ne sont pas deux mondes séparés : ils n’en font qu’un.

Bien plus qu’une simple harmonie entre les deux mondes, il y a entre eux un lien profond. Notre monde, malgré le péché, garde une trace du monde de Dieu, et peut redevenir le monde de Dieu. Tout ce qui est, et tout ce qui se fait, de bon, de beau et de bien dans notre monde relève déjà du monde de Dieu. Comme disait saint Vincent de Paul : « Habiter une maison où règne la charité fraternelle, c’est vivre au paradis ».

Souvent on s’imagine le monde de Dieu inaccessible ou caché. Jésus nous montre que tel n’est pas le cas. Les paraboles ne sont pas un langage ésotérique réservé à quelques initiés, avec des énigmes à déchiffrer. Ce que Jésus dit est clair et compréhensible pour tous. Jésus parle en paraboles pour mieux être compris de tous. Par des histoires simples, concrètes, vivantes, pleines de saveur, il nous montre à quel point le monde de Dieu est simple et directement accessible. Ce qui voile en notre monde le monde de Dieu, c’est le péché, c’est le mal, c’est la mort, c’est la haine. Il suffit d’écarter ce voile pour que le monde de Dieu nous apparaisse dans toute sa beauté.

Comment se fait-il alors que certains ne les comprennent pas, ces paraboles, et ne les entendent pas ? Peut-être parce qu’ils ont le cœur dur, et parce qu’ils refusent d’entendre et de comprendre.

Oui, il est possible d’entrevoir ce monde de Dieu, mais aussi de l’ignorer, voire de le refuser. Les paraboles restent opaques et ne révèlent rien à ceux qui ne veulent pas les comprendre. C’était possible du temps de Jésus. C’est aussi possible maintenant. C’est possible pour les autres. C’est aussi possible pour nous ! Pour chacun de nous ! Même l’évidence, nous pouvons la refuser ! Il est possible de lire l’évangile tous les jours, et de ne pas faire confiance à Dieu. Il est possible d’être pratiquant, et de ne pas vivre l’évangile. Notre liberté est engagée !

Alors que faire pour ne pas être de ces citernes fissurées qui ne retiennent pas l’eau vive venant de Dieu – comme le disait la première lecture ? pour ne pas être de ces oreilles qui écoutent sans comprendre, et de ces yeux qui regardent sans voir ? – comme nous l’avons entendu dans la lecture de l’évangile ?

Tout simplement prier l’Esprit Saint de nous donner une claire vision de ce que nous devons faire et de nous donner la force de l’accomplir.

Le royaume n’est pas loin de nous. Jésus lève le voile ténu qui pouvait nous séparer de lui. Nous pouvons trouver Dieu, et Jésus nous aide à le trouver. Pas ailleurs et après la mort, mais ici et maintenant : là où Dieu a placé chacun de nous, dans cette famille et pas dans une autre, dans ce pays et pas dans un autre, à notre époque et pas dans une autre. À notre époque et pas à une autre ! Si nous comptions dans notre langage combien de fois nous disons que c’était mieux avant ! Mais avant c’était avant. Aujourd’hui c’est aujourd’hui. Et c’est aujourd’hui que nous avons à vivre la parole de Dieu. Dans ce monde-là, pas dans un monde hypothétique, dans un monde dont nous rêvons. Et aussi bousculant que cela puisse être, c’est ce monde-là que Dieu nous demande d’aimer. Ce monde-là ! Avec tout ce qui fait qu’il est sombre, avec tout ce qui peut nous inquiéter, avec tout ce que nous pouvons désapprouver. C’est ce monde-là que nous devons aimer. Parce que seul l’amour sauve. Seul l’amour sauve ! Ce n’est pas la critique, ce n’est pas la dénonciation, ce n’est pas la calomnie, ce ne sont pas les manifestations. Tout ça c’est de l’esbrouffe. L’amour ! L’amour ! L’Amour ! C’est lui qui sauvera le monde. C’est lui qui sauvera la famille. C’est lui qui sauvera toutes les valeurs auxquelles nous sommes attachées. C’est à cela que nous sommes invités.

Dieu est à chercher dans le quotidien, et non pas dans un monde éthéré, étranger à nous, étranger à tous. L’Esprit Saint ne cherche pas à nous faire nous évader du monde. L’Esprit Saint ne cherche pas à nous faire nous évader du monde ! C’est le monde bien concret dans lequel nous vivons que Dieu veut sauver. C’est à ce monde-là qu’il s’adresse. C’est dans ce monde et en ce temps que le chrétien doit scruter les signes des temps.

Alors ouvrons nos oreilles, ouvrons nos yeux, ouvrons notre intelligence, ouvrons notre cœur. Le royaume de Dieu est tout proche.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 2 commentaires

  1. vergne

    Alors devons-nous devenir des martyrs comme les chrétiens d’Orient tués par les fanatiques que rien ne stoppe….Les Évêques d’ORIENT ont averti la…France et pays européens compris…leur Églises ou autres lieux .Que faire à ceux qui financent et qui profitent de ces désastres ??? car cela est prévu …!!! ..v.fr33@ Merci

    1. Webmaster

      Je ne comprends pas votre commentaire. Mais puisque vous évoquez le martyre, on peut rappeler ce à quoi nous invitait le concile Vatican II dans la Constitution Lumen Gentium : « Le martyre dans lequel le disciple est assimilé à son maître [Jésus], acceptant librement la mort pour le salut du monde, et rendu semblable à lui dans l’effusion de son sang, est considéré par l’Église comme une grâce éminente et la preuve suprême de l’amour. Si cela n’est donné qu’à un petit nombre, tous cependant doivent être prêts à confesser le Christ devant les hommes et à le suivre sur le chemin de la croix, à travers les persécutions qui ne manquent jamais à l’Église. » LG 42. Quelques considérations supplémentaires : 1/ Il ne s’agit pas de chercher le martyre “effusion du sang”, mais de savoir qu’il peut arriver et de nous y préparer en grandissant dans l’amour du prochain. 2/ Le martyr chrétien n’est animé d’aucune haine, il ne provoque aucune violence, il ne fait que la subir. A la violence et à la haine il répond par l’amour. 3/ “Martyre” veut dire “témoignage”. Ce témoignage rendu au Christ n’implique pas forcément l’effusion du sang. En ce sens nous pouvons “témoigner” du Christ (être “martyrs”) au quotidien en faisant tout avec amour.

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