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Samedi 17 septembre 2022 – TO25

Nous venons de découvrir cette impressionnante gravure de Rembrandt, la grande descente de Croix.

Alors la seconde lecture prend son sens quand st Paul invite à la prière en terminant en disant : « Cette prière est bonne et agréable à Dieu notre Sauveur, car il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité. En effet, il n’y a qu’un seul Dieu, il n’y a aussi qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. » 

Un seul médiateur entre Dieu et les hommes : cette dimension verticale est claire dans la gravure ; accentuée de bien des manières, par le bras vertical de la croix, par les rayons venus du Ciel, par le bras de celui qui tient un suaire d’en haut de la Croix, par le corps du Christ qui semble d’ailleurs littéralement se disloquer, s’effondrer. « Le Christ Jésus, qui s’est donné lui-même ». C’est la même expérience spirituelle que j’ai vécu le jour où j’ai été vénérer le saint suaire de Turin : il m’a aimé jusque là. Il a donné sa vie pour moi.

Tous les personnages sont douloureux ; un seul est droit, Joseph d’Arimathie, le juste, qui a obtenu de Pilate l’autorisation d’ensevelir le corps, comme si c’était le seul qui avait compris en voyant Jésus mourir, le sens de cette mort, comme le centurion romain cité en Marc 15,39 : « le centurion, qui se tenait en face de la croix, et s’écria, une fois le Christ mort : Vraiment cet homme était Fils de Dieu ! ».

Un petit mot quand même sur l’évangile de ce dimanche. A la première écoute de cette parabole dite du gérant malhonnête, on pourrait croire que Notre Seigneur Jésus fait l’éloge de ces méthodes.

C’est l’histoire d’un gérant qui a gaspillé les biens de son maître et qui allant être licencié, cherche le moyen de s’assurer d’une vie tranquille : « Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion ? Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte. Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, des gens m’accueillent chez eux. » Et il remet leur dette aux créanciers de son maître, s’assurant ainsi de leur reconnaissance pour qu’ils l’aide quand il sera licencié. Qu’est-ce que Jésus veut dire ?

D’abord il nous invite à l’inventivité et à l’habileté. « Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté ; en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. » En gros, ne vous découragez pas, soyez imaginatifs.

C’est valable à chaque niveau de décision ; pour nos pays, alors que la guerre fait rage à nos portes, pour nos familles, pour nos paroisses, pour notre diocèse, alors que chacun va être touché par l’augmentation du coût des énergies.

Et la seconde leçon que nous donne Jésus : mettre les pauvres au centre. « Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. » Ces amis ce sont les pauvres et les malheureux. La tentation quand on manque d’argent, c’est de se replier. Soyons attentifs à rester généreux.

Mais attention, en troisième lieu, Jésus n’approuve pas la malhonnêteté ! « Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande. Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête,
qui vous confiera le bien véritable ? » Le bien véritable, c’est la vie éternelle, car comme dit st Paul, « Dieu notre Sauveur, veut que tous les hommes soient sauvés ».

Enfin Jésus nous met en garde contre les biens matériels qui favorisent l’égoïsme plutôt que d’aider à vivre dans la générosité. Nous ne sommes que les administrateurs du Seigneur pour exercer sa générosité avec l’argent qu’il nous confie. 

Et il nous demande de choisir entre Dieu et l’argent : « Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

Quand on voit les oligarques russes, ou les salaires de certains footballeurs, on est en droit de reprendre cette adresse d’Amos, c’est notre première lecture : « vous écrasez le malheureux pour anéantir les humbles du pays ».

Derrière tout cela il y a une invitation à être généreux. 

Mais attention, il y a une maladie du don, c’est le burn out. Il y a par contre une générosité sans aucun danger, c’est la générosité dans la prière. Et St Paul en parle magnifiquement : « j’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions et des actions de grâce pour tous les hommes. »

Et il précise en particulier « pour les chefs d’État et tous ceux qui exercent l’autorité, afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme, en toute piété et dignité ». Dans toute l’Europe, les catholiques ont prié cette semaine à l’occasion de la fête de la Croix Glorieuse le 14 septembre pour la paix en Ukraine, pour ces deux grands peuples meurtris que sont les Ukrainiens et les Russes, et pour la conversion des agresseurs.

« Je voudrais donc qu’en tout lieu les hommes prient
en élevant les mains, saintement, sans colère ni dispute. »

Le Seigneur est heureux de votre prière. Amen !