Heureuse celle qui a cru – Mercredi 21 décembre

Luc 1, 41b-42.45
Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

É lisabeth, tu caches aux regards ta grossesse inespérée, mais tu proclames d’une voix forte ce que l’Esprit t’inspire ! Sais-tu que tu es en train d’inventer le Je vous salue, Marie, la prière des pauvres et des humbles ? Ou, plus exactement, tu lui donnes forme en complétant les paroles de l’ange Gabriel. Comme il est juste et beau que le ciel et la terre soient à l’unisson pour remercier celle qui, par son « oui », a permis la venue du Fils de Dieu parmi les hommes ! Mais tu vas plus loin, Élisabeth. Guidée par l’Esprit, tu discernes la vraie bénédiction qui s’attache à ta cousine : Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. Oui, Marie est d’abord une croyante, une fille d’Israël. Sa foi répare en quelque sorte l’antique méfiance du premier couple qui avait douté de la bienveillance divine. Oui, la foi est source de bonheur, du seul bonheur durable et profond. Oui, le Seigneur accomplit sa promesse, et ce verbe se conjugue toujours au présent de l’Église, au présent de nos vies !

Christelle Javary

Extrait du hors-série n° 26, Le compagnon de l’Avent, publié pour l’Avent 2011 par la revue Magnificat.

Avec l’aimable autorisation de la revue Magnificat

Cet article a 2 commentaires

  1. Rebonjour

    Sachant que le tutoiement de la Vierge Marie choque certains esprits, et pourquoi le « Nous » au lieu du « Je », un complément
    .
    Pour exprimer la foi de toutes les Églises, les pères de Nicée et ceux de Constantinople utilisent le pluriel « Nous croyons ». Ce « Nous » communautaire signifie l’adhésion de chacun et de tous à la foi de toujours et de partout : Nous croyons avec les pères anciens, avec toutes les Eglises de partout et de tous temps, celles des apôtres et celles d’aujourd’hui et de demain.
    Ce « Nous » permet d’associer dans nos prières nos parents et nos enfants vivants et décédés, ainsi que les malades qui ne peuvent pas se déplacer. Nous ne prions pas pour eux, ils sont présents parmi Nous, ils prient avec Nous.
    .
    L’usage liturgique de l’Église copte orthodoxe a gardé ce pluriel. C’est la seule Église avec celle d’Espagne dans son rite wisigothique à avoir conservé cette forme, comme pour les prières primitives.
    Les autres Églises, certainement à la suite des modifications des rites du baptême ayant perdu sa solennité ecclésiale pour devenir un sacrement plus personnel, sont passés du « Nous » au « Je » singulier.
    .
    Ni le vouvoiement puisqu’il n’existe pas en espagnol, tout comme en latin, et la plus part des peuples du bassin méditerranéen. Le vouvoiement étant une spécificité du français.
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    Très bonne fête de Noël

  2. Bonjour

    Les premiers siècles on fêtait la naissance du Christ le 06 janvier (Épiphanie), on finit, à la suite d’Origène (Ôrigénês ; né vers 185 à Alexandrie ; mort vers 253 à Tyr), par voir dans ce jour la fête de son baptême, et l’on choisit, pour fêter sa naissance, la date du 25 décembre.

    Dans un sermon prononcé le jour de Noël 386, Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople (Ioannès Khrysóstomos en grec, né vers 350 à Antioche ; mort en 407 à Comana Pontica, aujourd’hui Tokat en Turquie) déclare que cette date avait été adoptée en Syrie depuis dix ans et qu’elle était depuis longtemps en vigueur de la Thrace à l’Hispanie.
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    Le texte du Je vous salue Marie (de l’Ave Maria) :
    Plus exactement le « Nous te saluons Marie » qui est la forme primitive.

    Déjà au Ve siècle, les liturgies grecques commencèrent à saluer la Sainte Vierge dans les termes de l’archange Gabriel et de Sainte Élisabeth, tels que le rapporte l’Evangile de saint Luc.

    L’Ave Maria introduit au VIIe siècle par Saint Ildefonse, dans la liturgie mozárabe. Il fallut attendre le témoignage de saint Pierre Damien (né en 1007 à Ravenne – mort le 23 février 1072 à Faenza) que le Je vous salue Marie devient une prière populaire dans le reste de l’Europe, et au cours du XIIIe siècle, elle devint d’un usage général.
    À ce sujet, les évêques du Xe concile de Tolède en 656, présidé par Eugène, évêque de Tolède (Eugenius episcopus Toletanus – né ? – évêque en 646 – mort en 657) prirent deux décisions importantes (référence : MANSI, XI, 334) :
    – ils interdirent la fête du 25 mars, parce qu’il leur semblait inacceptable de commémorer le mystère de l’Incarnation du Verbe en plein carême.
    – ils unifièrent la date de la fête de la Vierge en la fixant, pour tout le royaume wisigoth, au 18 décembre, huit jours avant Noël : une unique fête de la Vierge, à une date unique, mais une fête célébrée avec une grande solennité.

    Saint Ildefonse de Tolède (Alphonse).
    Evêque de Tolède (né vers 607 – archevêque en 657 ; mort le 23 janvier 667). Neveu de saint Eugène de Tolède, il étudia à Séville ayant pour maître saint Isidore. Moine, il devint abbé de Tagli, sur le Tage.
    Il uniformisa les liturgies espagnoles. Parmi les nombreux ouvrages qu’il écrivit, il composa le Virginitate Beatæ Mariæ pour défendre la virginité perpétuelle de la Très sainte Mère de Dieu.

    Dans la nuit du 18 décembre 665 Saint Ildefonse avec ses ecclésiastiques sont allés à l’église pour chanter des hymnes en l’honneur de la Vierge Marie. Ils ont découvert la chapelle avec une lumière de façon étrange, ils se sentaient craintifs. Tous se sont enfuis, sauf Ildefonse et de ses deux diacres. Ils sont entrés et se sont approchés de l’autel. Au-dessus d’eux la Vierge Marie, assise dans le siège de l’évêque, entouré de vierges entonnant un chant céleste.
    Cette apparition et la chasuble étaient tellement claires, que le 07 novembre 675 au XIe Concile de Tolède, présidé par l’archevêque Quirico (de 667 à 680), il a été ordonné un jour de festivité spéciale pour perpétuer sa mémoire. L’événement est documenté dans l’Acta Sanctorum comme la Descente de la Sanctissime Vierge et de son Apparition.

    Au cours de la domination musulmane, la Basilique chrétienne fut convertie en Mosquée ; tout en respectant scrupuleusement la chapelle, parce qu’il s’agit d’un espace sacré associé à la Vierge Marie, qui est vénérée dans le Coran. Ce fait suggère que le miracle était connu avant l’invasion musulmane et ce n’est pas l’une des nombreuses histoires de piété médiévale qui ont poussé de la fantaisie populaire.

    Marie, Mariam en arabe مريم, est citée dans le Coran et la sourate 19 porte son nom. Elle est la mère de Îssâ, « Jésus », en arabe عِيسى.

    Le De Virginitate, fut copié pour l’évêque du Puy-en-Velay Godescalc en 951, par Gomesano (Gómez), moine du monastère San Martín de Albelda, dans le colophon du folio 103 il s’exprime ainsi : « Le très saint évêque Godescalc emporta ce petit livre d’Hispanie en Aquitaine durant l’hiver, dans les premiers jours de janvier… »

    L’évêque du Puy-en-Velay Godescalc (évêque vers 935 ; 955), étant considéré comme le premier pèlerin non hispanique de Compostelle. Cela démontre à cette époque que le miracle était connu dans le royaume Franc, et que cette prière commençait à se répandre.

    Bonne journée

    Nota : j’ai transmis à Monseigneur Jean-Michel di Falco Léandri un dossier informatique concernant le rite wisigothique.
    dans lequel il y a des illustrations qui accompagne ce texte, je peux vous les transmettre, libre de droit

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