You are currently viewing 20220515 homélie à Chorges avec les amis de Saint Jacques et la Chorale des Cordeliers

Homélie du 5ème dimanche de Pâques à 10h30 en l’église de Chorges
en présence des amis de saint Jacques et de Rome PACA en AG provinciale et de la Chorale des Cordeliers, pour leur concert l’après-midi des 35 ans.

« Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. » Jésus fait ses adieux à ses apôtres et on mesure l’importance de ses paroles. Le concernant, il leur dit que Dieu le glorifiera, sous-entendu, le ressuscitera ; et les concernant, il leur donne le commandement nouveau de s’aimer les uns les autres.

Est-ce vraiment nouveau ?

Ce n’est pas le commandement de l’amour qui est nouveau, mais la modalité de cet amour, exprimée par l’adverbe « comme » : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. » Alors comment Jésus a aimé ses apôtres ? En donnant sa vie en sacrifice pour eux, et donc pour nous. Le vrai amour est un amour don de soi.

Et qu’ont fait les apôtres ? A leur tour, ils ont aimé en donnant leur vie en sacrifice, par le don total de leur vie dans la mission et par le martyr pour la plupart. Cette modalité de l’amour sera vécue par les premiers chrétiens et par leurs successeurs et nous sommes invités à ce même don de nous-mêmes. Les Actes des Apôtres montrent par exemple Paul et Barnabé en voyage missionnaire ; c’est vraiment une vie donnée et ils ne cachent pas les difficultés : « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu. » L’auteur des Actes des apôtres nous partage la fécondité de leur mission, de leur vie donnée : « Une fois arrivés, ayant réuni l’Église, ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux nations la porte de la foi. » (Parenthèse, un anniversaire ou une assemblée générale est peut-être l’occasion pour ceux d’entre nous qui sommes chrétiens, de rapporter tout ce que Dieu avait fait en et avec chacun de nous !)

Et l’auteur de l’Apocalypse nous donne la fécondité finale, le Ciel : « Moi, Jean, j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle … la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari. » Tous nos gestes d’amour sont des anticipations du Ciel sur la terre. « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu. »

Frères et soeurs, pour que celui qui siège sur le Trône puisse déclarer : « Voici que je fais toutes choses nouvelles », répondons à cet appel de Jésus. « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. » Mais pour y répondre, laissons-nous d’abord aimer par Dieu. C’est parce que les apôtres se sont sentis aimés infiniment par Jésus qu’à leur tour ils ont pu aimer du même amour d’oblation, de don de leur vie. Finalement si nous chrétiens étions vraiment chrétiens, ce serait une immense circulation d’amour don de soi, dans nos villages et dans le monde. Nous avons toujours à nous convertir et à progresser. 

Certaines personnes nous montrent le chemin, ce sont les saints.

Saint Jacques par exemple, mais aussi saint Charles de Foucauld qu’en ce moment même à Rome, le pape canonise, déclare saint. Charles de Foucauld s’est convertit et a fait cette expérience de l’amour de Dieu, qui l’a entraîné à l’amour de son prochain. Quelques mois avant sa mort, il relèvera dans son carnet cette phrase qu’il a lue dans un best seller intitulé « L’imitation de Jésus-Christ » : « Qui n’est pas prêt à tout souffrir et à s’abandonner entièrement à la volonté de son bien aimé ne sait pas ce que c’est d’aimer. »

Vous connaissez peut-être sa célèbre méditation sur l’abandon entre les mains du Père céleste. Il nous est bon de la reprendre en prière, prière d’offrande et d’abandon. Je le cite : « C’est la dernière prière de notre Maître, de notre Bien-Aimé… puisse-t-elle être la nôtre… Et qu’elle soit non seulement celle de notre dernier instant, mais celle de tous nos instants : 

Mon Père, je m’abandonne à toi,
fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi, je te remercie.

Je suis prêt à tout, j’accepte tout.
Pourvu que ta volonté se fasse en moi,
en toutes tes créatures,
je ne désire rien d’autre, mon Dieu.

Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur,
parce que je t’aime,
et que ce m’est un besoin d’amour de me donner,
de me remettre entre tes mains, sans mesure,
avec une infinie confiance,
car tu es mon Père. » fin de sa méditation.

Une petite précision, car il peut y avoir une ambiguïté de langage : quand il dit « je m’abandonne à toi », ce n’est pas au sens où on dit que quelqu’un est mort abandonné des siens, mais dans le sens où on dit qu’un enfant est tout abandonné dans les bras de son Père. Ce n’est pas une résignation, c’est une offrande.

Sur le chemin de saint Jacques et de Rome, je peux témoigner que nous expérimentons l’amour de Dieu, l’abandon dans la confiance, certes aux baliseurs car ils travaillent bien, mais aussi quand on se perd, l’abandon dans les compétences de certains pour lire une carte, et finalement l’abandon au Père des Cieux.

Je peux aussi témoigner que nous expérimentons l’amour fraternel sur le chemin ; un tel moins fatigué qui porte le sac d’un plus fatigué et lui tend sa gourde. A tel point qu’on a l’impression d’être hors du temps. En fait c’est cela qui devrait être la vraie vie ! La vraie vie des chrétiens : 

« À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples :
si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » 

Courage amis pèlerins, amis choristes et amis paroissiens, avançons, ultreia !Amen !

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