Homélie de Mgr Xavier Malle à Navette pour la saint Jean-Baptiste

Dimanche 24 juin, Mgr Xavier Malle a célébré la messe pour la fête patronale dans la chapelle saint Jean-Baptiste, reconstruite dans le village abandonné de Navette, dans le Valgaudemar (commune actuelle de La Chapelle en Valgaudemar). Les descendants des habitants de cette commune étaient nombreux à être présents. La messe a été suivie d’un repas tiré du sac.

La saint Jean-Baptiste est une fête importante pour l’Église, elle est célébrée partout dans le monde. Saint Jean-Baptiste, cousin de Jésus, a vu la réalisation de sa prophétie, la naissance du Messie. Son rôle a été d’ouvrir une brèche dans les défenses des personnes qu’il a rencontrées pour que la grâce du Seigneur puisse s’y engouffrer.

Homélie de Mgr Xavier Malle

Homélie 24 juin 2018 – Saint Jean-Baptiste
18h00 La Saulce – 10h30 Navette
Cette fête de la nativité de saint Jean-Baptiste est particulière à deux titres : c’est une des rares fêtes d’un saint qui prime sur le dimanche, et c’est le seul saint qui ait deux fêtes, pour sa naissance et pour sa mort. Habituellement on fête un saint le jour de sa mort, sa naissance au Ciel, mais pour Jean-Baptiste, on lui fête aussi sa naissance sur terre. C’est qu’en sa personne l’Ancien Testament bascule vers le Nouveau Testament. Il est à la charnière, sa mission est de préparer le peuple élu pour la venue du Messie. Passons de la première lecture, tirée du prophète Isaïe à l’évangile selon st Luc.
Dans la première lecture, le prophète Isaïe, au temps de l’exil à Babylone essaie de soutenir le peuple, en parlant à sa place :
– «J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom.» Le peuple hébreu a été véritablement choisi par Dieu, tout comme la naissance miraculeuse de Jean-Baptiste d’une mère âgée montre bien que Dieu a un plan sur lui.
– «Il m’a dit : Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur. » Pour mesurer la folie de son espérance, il faut se rappeler qu’Isaïe dit cela au peuple en exil. Et quel titre : «serviteur du Seigneur», pour le petit reste d’Israël.
– «Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m’a protégé par l’ombre de sa main ; il a fait de moi une flèche acérée, il m’a caché dans son carquois.» Tel fut le rôle du peuple hébreux, tel fut le rôle de Jean-Baptiste, tel est le rôle de l’Église. Jean-Baptiste a prêché un baptême de conversion. Il n’hésitait pas à qualifier ses auditeurs d’engeance de vipère, pour les ébranler et les rendre plus disponibles à la grâce de Dieu. À temps et à contre temps, selon l’expression évangélique, nous ne devons pas avoir peur de parler, baptisés, prêtres, et évêques, à l’image de notre Saint Père. Et pourtant Jean-Baptiste reste humble, bel exemple pour nous chrétiens. À ceux qui pensent qu’il est le messie, il annonce qu’il vient celui qui est plus puissant que lui, et qu’il n’est pas digne de défaire la courroie de sa sandale, comme rapportent les actes des apôtres notre seconde lecture.
– «Et moi, je disais : Je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces. » C’est vrai qu’à la fin de sa vie, quand Jean-Baptiste a été emprisonné par le roi Hérode qui ne supportait plus ses paroles, Jean pouvait dire comme le serviteur du Seigneur, comme le peuple d’Israël en exil : ma mission a échouée, ma vie s’achève sur une défaite.
– Mais Dieu lui répond : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » L’Esprit Saint relève le peuple, relève Jean-Baptiste, relève l’Église. Par sa prédication et encore plus par son martyr, Jean-Baptiste est devenu lumière non seulement pour les hébreux, mais aussi pour les chrétiens.
Le peuple hébreu, Jean-Baptiste, l’Église. Voilà notre lignée ! Alors il est bon que saint Jean-Baptiste soit si bien célébré dans notre diocèse, avec ces nombreuses chapelles qui lui sont dédiées.
Revenons à l’évangile, le récit de sa naissance.
L’ange avait annoncé à Zacharie qu’il serait père. Mais celui-ci n’y a pas cru car son épouse Élisabeth n’était plus en âge d’avoir un enfant. Alors l’ange lui annonça qu’il serait muet jusqu’à la naissance, ce qui lui prouverait que c’était bien le plan de Dieu qui se réalisait. C’est ensuite l’épisode de la Visitation, la jeune Marie enceinte va rendre visite et aider sa vieille cousine Élisabeth et ce sera la première rencontre entre les deux cousins. La naissance comme l’avait annoncé l’ange, fut une grande joie pour toute la famille. La suite montre également que Dieu est à l’œuvre : quand il fallu décider du nom de l’enfant, tous s’attendait à ce qu’il porta le nom de Zacharie comme son père. Mais sa mère n’est pas d’accord et veut qu’il s’appelle Jean. En hébreu, Jean signifie «Dieu fait grâce». Les autres membres de la famille s’y oppose alors on demande son avis au papa devenu muet. Et il écrit sur une tablette : «Jean est son nom». À l’instant sa bouche s’ouvrit et il parla de nouveau. Saint Luc note alors : «La crainte saisit alors tous les gens du voisinage… Que sera donc cet enfant ? En effet, la main du Seigneur était avec lui.»
La suite de la vie de Jean-Baptiste nous a bien dit ce que fut cet enfant. Luc poursuit : «L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.» Comme disent les actes des apôtres : Jean le Baptiste, Jean le Baptiseur, a préparé l’avènement en proclamant un baptême de conversion pour tout le peuple d’Israël.
Confions nous à ce grand saint, le précurseur du Seigneur. Demandons lui sa foi, son courage dans la proclamation de la parole de Dieu, qui l’ont conduit à donner sa propre vie.
Écoutons le Seigneur nous dire à nous aussi : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur.» ou encore, « je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre.»
Alors nous répondrons dans la joie : «Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force.»
Amen !

 

Cet article a 2 commentaires

  1. C’était tellement mieux quand nous avions la version écrite! Ce n’est pas pour rien que la Bible continue à être publie en version écrite. Même les papyrus résistent à l’usure du temps. Sous prétexte de modernité ne sommes-nous pas en train d’étouffer la Parole de Dieu?
    De même nous pouvions suivre et conserver les homélies du Pape François. Maintenant, nous n’avons plus rien sur les Nouvelles du Vatican. Qui dérangent -elles?
    N’oublions pas la sagesse des Anciens: ” Les paroles s’envolent, les écrits restent”

    1. Bonjour,
      Merci de votre remarque. Le texte a été ajouté à la suite de l’enregistrement audio.

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