« Il nous a faits et nous sommes à lui, nous, son peuple, son troupeau. » Cette foi du psalmiste, que nous avons entendue, le peuple élu, le peuple hébreu y croit profondément. Il est le troupeau de Dieu, et Dieu est son berger qui le mène à travers les dangers du désert. C’est toute son expérience des 40 ans au désert avant d’arriver en Terre Promise. Nous sommes ton troupeau, tu es notre berger, dans ce désert spirituel qu’est devenu notre pays.
En ce dimanche du bon pasteur, Seigneur, nous te demandons d’être renouvelé dans notre conscience d’être ton troupeau, nous te demandons que de nombreux bergers se lèvent dans nos familles, et nous te demandons la grâce d’inviter tous les hommes dans ton troupeau.
Je vais développer ces trois étapes : Dieu est notre berger. Il appelle aujourd’hui certains à sa suite pour cette mission de berger, et par nous tous Il veut rassembler l’humanité entière.
I. Dieu est notre berger.
Quand Jésus déclarent « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. », Jésus se dit le berger et ses auditeurs comprennent qu’il se dit ainsi le Messie. D’autant qu’il ajoute : « Je leur donne la vie éternelle, jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main ». Il se dit bien Dieu, car la main de Dieu est un thème que l’on retrouve clairement dans l’Ancien Testament. Puis Jésus ajoute encore pour que les choses soient définitivement claires : « le Père et moi nous sommes un ».
Il n’y a donc pas de doute. Pour Jésus se dire le berger, c’est se dire le Messie, c’est se dire Dieu. Cette image du berger nous parle dans les Hautes-Alpes.  Le berger connaît ses brebis et les conduits vers les verts pâturage. Il les protège, – et aujourd’hui autant qu’il peut – de tous les prédateurs. Pour avoir discuté avec une bergère récemment, je sais la relation forte entre la bergère, ses chiens et ses brebis. Elle les connaît. Donc frères et soeurs, la première bonne nouvelle de cette journée, c’est que Dieu nous connaît, qu’il veut nous conduire à travers le désert spirituel de ce monde, vers les verts pâturage du paradis, qu’il veut nous protéger des prédateurs, car il nous aime.
II. Jésus appelle aujourd’hui certains d’entre nous à sa suite pour cette mission de berger
Les enfants, vous avez vu que quand je suis entré, je portais un grand bâton. Et bien c’est le bâton du berger, pour conduire son troupeau, belle mission de l’évêque pour l’église diocésaine et du prêtre pour l’église paroissiale.
A la suite de Jésus, certains d’entre nous sont appelés par Dieu à devenir les bergers de son troupeau. Ce dimanche qu’on appelle le dimanche du bon pasteur a ainsi été choisi par l’Eglise pour prier pour les vocations sacerdotales et religieuses. Le pape François a une belle expression pour les prêtres (Messe Chrismale 2013) : « Voilà ce que je vous demande: soyez des pasteurs pénétrés de l’odeur de leurs brebis, qui sentent cette odeur». C’est le sens de ma présence parmi vous, dans cette grande paroisse de Tallard, pendant 5 jours.
Dans son message pour ce dimanche de prière pour les vocations, le pape François encourage ainsi les jeunes : « il n’y a pas de joie plus grande que de risquer sa vie pour le Seigneur ! En particulier à vous, les jeunes, je voudrais dire : ne soyez pas sourds à l’appel du Seigneur ! S’il vous appelle pour ce chemin, ne tirez pas votre épingle du jeu et faites-lui confiance. Ne vous laissez pas contaminer par la peur, qui nous paralyse devant les hauts sommets que le Seigneur nous propose. Rappelez-vous toujours que, à ceux qui laissent (tout) pour le suivre, le Seigneur promet la joie d’une vie nouvelle, qui comble le cœur. »
IIIème étape : Par nous tous, brebis et bergers, Il veut rassembler l’humanité entière.
La Parole de Dieu de ce dimanche nous emmène encore plus loin : non seulement il nous aime nous, mais il aime toutes les brebis de la terre, qu’il veut toutes rassembler dans son unique troupeau. Dans la première lecture, St Paul et St Barnabé à leurs interlocuteurs qui pourtant les injuriaient, déclarent : « Puisque vous la rejetez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les nations païennes. C’est le commandement que le Seigneur nous a donné : J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »
Voyez donc, non seulement nous sommes aimés infiniment, nous déjà membres du troupeau de Dieu par notre baptême, mais le même Dieu aime aussi infiniment, veut le salut de ceux qui ne le connaissent pas encore, dans notre entourage, et plus loin. Dieu aime infiniment mon voisin qui ne connaît pas Dieu ! C’est un amour inconditionnel ! Dieu aime même infiniment nos ennemis comme ceux qui injuriaient les deux apôtres.
Je fais une première parenthèse d’actualité :  Dieu aime infiniment les ennemis de notre pays. C’est important à méditer alors que les soldats du 4ème régiment de chasseur de Gap partent ces jours-ci pour les théâtres de guerre en Afrique, et alors que deux soldats français ont donné leur vie pour sauver 4 otages cette semaine. L’amour des ennemis est la marque distinctive du chrétien, car elle est la marque de Dieu. Oui, nous devons parfois combattre, mais nous devons aimer ceux que nous combattons. C’est fou, c’est au-delà de nos capacités humaines. Oui, c’est pour cela que nous avons reçu l’Esprit Saint, l’Esprit même de Dieu à notre confirmation. Fin de cette première parenthèse d’actualité.
Cet Esprit Saint, cet esprit de sainteté fait de nous, pour reprendre l’expression rapportée dans les Actes des aapôtres, « la lumière des nations », 
pour que, « grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre ».
Je récapitule : nous sommes le troupeaux des biens-aimés du Seigneur, par pure grâce, pur cadeau, pas à cause de notre mérites ; mais pas seulement pour nous, mais pour que le Salut parvienne à tous, pour que tous reconnaissent ce Dieu qui les aime infiniment. Ou comme dit le pape, nous sommes des disciples missionnaires, disciples de Dieu et missionnaires de son amour. 
Au bout de ces 5 jours de visite pastorale, j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup d’entre vous, de mesurer votre amour du Seigneur, de mesurer votre grand dévouement, dont je vous suis reconnaissant. Avec toute l’Eglise, dans les mois et les années à venir, il nous faudra entamer une conversion missionnaire. Pas seulement vivre de cet amour de Dieu, de cette joie d’être son troupeau et de l’avoir pour berger, mais d’être les missionnaires de cet amour autour de nous, dans chacun de nos villages. 
Alors seulement la vision de l’auteur du livre de l’Apocalypse, notre seconde lecture se réalisera : « Moi, Jean, j’ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main »; «  l’Agneau qui se tient au milieu du Trône sera leur pasteur pour les conduire aux sources des eaux de la vie. »
Je me permet une seconde parenthèse d’actualité, car en lisant ces paroles pour préparer mon homélie, « une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues », je pensais aussi à ces jeunes migrants qui passent par nos montagnes, qui viennent de cultures bien différentes de la nôtre, et pour lesquels beaucoup de chrétiens se dévouent en réponse à la parole du Christ en Mt 25 : « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »
LMa question est quelle est la volonté de Dieu ? Comment Dieu intègre ces migrations, qui en tant que telles sont un drame, dans son plan d’amour, pour réunir tout son troupeau ? « J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » Je n’ai pas de parole définitive sur cette grave question, mais je vous invite à l’espérance. Dieu est le berger de tous. Nous en avons peut-être un indice dans ces migrants qui nous demandent le baptême. Fin de la parenthèse.
En ce dimanche, Seigneur, nous te demandons d’être renouvelé dans notre conscience d’être ton troupeau, nous te demandons que de nombreux bergers se lèvent dans nos familles, et nous te demandons la grâce d’inviter tous les hommes dans ton troupeau. Amen.