Homélie : Journée diocésaine de formation liturgique
  • 18 novembre 2019

Le samedi 16 novembre 2019, tous les acteurs en liturgie du diocèse étaient réunis au sanctuaire Notre-Dame du Laus pour suivre une formation.

Homélie de Mgr Xavier Malle : « Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? »

Par cette parabole du juge et de la veuve, notre Seigneur Jésus a voulu transmettre à ses apôtres plusieurs choses.

D’abord cette rencontre entre une veuve, c’est à dire le symbole d’une personne seule, pauvre, incapable de faire pression par influences ou par cadeau de corruption, et un juge tout puissant. Oui, il y a une telle différence entre notre pauvreté et la puissance de Dieu. Mais cette puissance de Dieu, nous le savons, est la puissance de sa miséricorde, de son amour. La justice de Dieu est bien au-delà de la justice des hommes. Nous sommes là ce matin, avec nos pauvretés, notre solitude, nos désespérances, mais finalement aussi notre confiance. 

Car surtout, la pointe de cette parabole est l’explication même que donne saint Luc : « Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager ».

Prier toujours. Notre messe regroupe des pèlerins individuels, venus au sanctuaire Notre-Dame du Laus, sans doute pour plusieurs raisons, pour implorer des grâces particulières par l’intercession de Notre-Dame et de la vénérable Benoîte. Moi-même ce matin, par internet, j’ai reçu deux intentions, la personne victime d’abus sexuels qui va témoigner lors d’une conférence samedi prochain soir au Centre Diocésain à Gap et qui m’a demandé de prier pour elle, car l’angoisse monte en elle ; et puis un couple de la communauté de l’Emmanuel qui m’annonce que son petit-fils a un cancer et que les parents font une neuvaine à Benoîte et lui applique chaque jour de l’huile du Laus. Vous venez aussi avec vos intentions, ou peut-être aussi simplement pour reprendre des forces, dans ce refuge de montagne, ce refuge des pécheurs, voulu par Marie. 

Ce matin, d’autres sont venus invités par le diocèse pour se former en liturgie, et je vous remercie de votre service liturgique dans vos paroisses, et d’autres, membres des équipes du rosaire pour leur récollection interdiocésaine des diocèses de Digne et Gap, et je vous remercie pour votre service de prière.

Ce qui nous réunis est cette eucharistie commune. C’est en effet la plus belle des prières.

Notre prière est bien sûr une prière de demande. Quand je prie le chapelet, et j’ai la grâce de le faire chaque jour, j’aime donner une intention à chaque dizaine. Demander, c’est reconnaître notre pauvreté, que nous attendons tout de Dieu. Mais la merveille du chapelet, nous le savons, est d’abord une contemplation des mystères de Jésus. Comme disait saint Jean-Paul II, c’est contempler Jésus avec les yeux de Marie. 

C’est aussi un aspect important de toute liturgie, et en particulier de la messe ; une contemplation. Nous contemplons la vie de Jésus dans l’écoute de la Parole, même l’Ancien Testament, qui prophétise le sauveur. Ainsi l’extrait du livre de la Sagesse de ce matin qui nous parle de la nuit de Pâques des hébreux, nuit de leur libération de l’esclavage d’Égypte et de passage par le désert, vers la Terre Promise : « Ils chantaient ta louange, Seigneur : tu les avais délivrés.» C’est ce que nous faisons ce matin aussi, puisque la messe est le mémorial du sacrifice, de la mort et de la Résurrection de Jésus, ou pour le dire d’une autre manière, nous sommes rendus présents au calvaire et le matin de Pâques.

« Toujours prier sans se décourager », c’est ce que nous voulons faire, c’est l’expression de notre confiance, par notre participation chaque semaine à la messe du dimanche, et parfois quand nous le pouvons, aussi en semaine.

Nous apportons le peu de notre vie, comme cette pauvre veuve, mais surtout notre confiance en Dieu et notre persévérance, finalement peu de choses, et en échange – il nous donne lui-même, sa vie éternelle, bienheureuse et infinie. Comme l’exprime un chant liturgique : « Ô quel admirable échange, Dieu se donne à nous, Dieu pour nous s’est fait pain et vin, pour habiter en nous ! Ô quel beau mystère, Amour merveilleux, c’est le Créateur, qui s’unit à sa créature. »

Frères et sœurs, Dieu fait justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit, en se donnant à eux. Alors Seigneur, « nous chantons ta louange : tu nous délivres ». Merci Seigneur. Amen !

Fermer le menu