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24 Décembre 2021 – Messe de la nuit de Noël 2021 : 18h à Manteyer et 23h30 à la Cathédrale de Gap (avec la confirmation de Manon)

« Le peuple qui marchait dans les ténèbresa vu se lever une grande lumière ;et sur les habitants du pays de l’ombre,une lumière a resplendi. » Frères et soeurs, cette prophétie d’Isaïe s’accomplit pour nous en cette nuit de Noël. A l’occasion de la cérémonie des voeux le 14 décembre dernier, je reprenais une interpellation du même Isaïe : Veilleur, où en est la nuit ?

Et bien frères et soeurs, oui notre monde est encore dans la nuit : « Au dehors, c’est le froid et la neige, images du monde … Mais dans la petite grotte, éclairée par Jésus, qu’on est bien ! Comme elle est douce, chaude, lumineuse … » Cette parole est du bienheureux Charles de Foucauld. Dans les lueurs de l’aube, deux bonnes nouvelles sont passées inaperçues : le 13 octobre dernier, l’Eglise a déclaré Vénérable Petite Soeur Magdeleine de Jésus, la fondatrice à Touggourt en Algérie des Petites Sœurs de Jésus ; le père Bertrand Gournay m’y a emmené. Les religieuses Petites Soeurs de Jésus sont présentes depuis de nombreuses années dans le Champsaur à St Bonnet. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, le Vatican a annoncé la date du 15 mai prochain pour la canonisation du frère Charles de Foucauld. Les évêques de la province espérons organiser un pèlerinage provincial à Rome à cette occasion.

Magdeleine Hutin, d’une famille lorraine, future petite soeur Madeleine lit en 1921 à 23 ans, la biographie Charles de Foucauld, explorateur du Maroc, ermite au Sahara, écrite par René Bazin. Cette vie d’aventures et d’oblation, dans des terres où personne ne va, la remue au plus profond et fait germer en elle le désir d’imiter le futur saint. A 41 ans elle fonde dans le Sahara Algérien en 1939 une nouvelle congrégation religieuse inspirée par la spiritualité de l’ermite de Tamanrasset, les Petites Sœurs de Jésus.

Permettez-moi alors de fêter Noël avec ces deux figures de sainteté, Madeleine et Charles.

« L’instant fixé par Dieu de toute éternité, explique Charles, pour son apparition parmi les hommes est arrivé … Noël, Noël, Dieu est à nous, Emmanuel, Dieu est avec nous ! La grotte s’est illuminée tout à coup : les cantiques des anges la remplissent, un petit enfant paraît entre les bras de Marie : un enfant nous est né !
« Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! » prophétisait Isaïe. Un enfant, c’est inouïe ; Dieu s’est fait enfant. Pourquoi Dieu a choisi ce moyen d’un petit enfant. Ecoutons ce que dit Petite Sœur Magdeleine de Jésus :

« Que le petit Jésus vous donne un reflet de sa joie d’enfant quand il reposait si confiant dans les bras de la Vierge Marie, sa mère. » Fin de citation.

Cette joie est à partager, je cite encore Magdeleine : « C’est parfois moins difficile qu’on le croit de rendre les gens heureux autour de soi, si on a le cœur plein d’amour du Seigneur, un amour concret, vivant. Mais pour cela il faut regarder Jésus dans la crèche : Jésus s’y est fait tout petit pour que personne n’ait peur de lui, que tout le monde puisse l’approcher, le prendre dans ses bras. »

Reprenons la parole de Dieu, notre seconde lecture, Luc écrit à Tite : « Bien-aimé,la grâce de Dieu s’est manifestéepour le salut de tous les hommes. » La grâce de Dieu, et même la tendresse de Dieu. 

« Regardez bien ce tout petit de la crèche, invite petite soeur Magdeleine : il vous crie tendresse ! Tendresse pour tous les humains. Il ouvre ses bras à l’univers tout entier, mais d’abord aux petits, aux humbles. Le monde actuel a tant besoin de Jésus tout petit : Il est douceur comme réponse à la violence qui submerge tous les pays du monde. Que l’étoile de Bethléem éclaire la route de ceux qui sont désespérés ; qu’elle les amène à Celui qui les conseillera parce qu’il est la source de toute espérance ! 

« Ne craignez pas, écrivait Charles, ne soyez pas intimidés devant ce petit enfant si doux qui vous sourit et vous tend les bras. Il est votre Dieu, mais il est plein de douceur et de sourires : ne craignez pas. Soyez toute tendresse, tout amour, et toute confiance. »
Tendresse alors même que le monde ne l’a pas reçu ; « il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune ».

Charles s’adresse à l’enfant Jésus : « Quand Vous êtes entré dans le monde, on ne Vous a pas reçu : toutes les portes de Bethléem se sont fermées devant Vous à votre Naissance. Voilà comment la terre a reçu son Dieu, et Vous ne l’avez pas maudite, mon Dieu ! Vous la quitterez en la bénissant ! »
« Mon Seigneur Jésus, le monde ne Vous a pas reçu. Oh ! Je veux Vous recevoir ! Mais hélas, avec tous mes désirs, qu’ai-je à Vous offrir ? Ai-je mieux à Vous offrir qu’une grotte froide, obscure, souillée, habitée par le bœuf et l’âne, par la nature brute, les pensées terrestres, les sentiments bas et grossiers ? Hélas, mon Dieu, je le reconnais, c’est la triste hospitalité que je Vous offre. Mais ce que je n’ai pas fait, faites-le Seigneur Jésus ! Illuminez cette grotte de mon âme, ô Divin Soleil ! »

Bien sûr Charles, qui a vécu à Nazareth en Terre Sainte et connaît la grotte de Bethléem, a vu des bergers encore présents sur le site plus d’un millénaire après. Alors il remarque : « Les premiers adorateurs, la première société que Notre Seigneur veut en sa crèche est celle des plus humbles, des plus rustiques, des plus petits, des plus simples aussi : des bergers ! Il ne se contente pas de les agréer, Il les appelle, Il les fait appeler par les purs esprits, supérieurs en pureté, en intelligence, en amour, en puissance, que sont les anges…
Quel baume Vous avez mis jusqu’à la fin des siècles au cœur des pauvres, des petits, des dédaignés du monde, en leur montrant dès Votre naissance qu’ils sont Vos privilégiés, Vos favoris, les premiers appelés : les toujours appelés autour de Vous qui avez voulu être un des leurs et être dès Votre berceau et toute Votre vie entouré par eux. »
Dans une lettre à sa sœur Mimi, écrite de Nazareth, en décembre 1897 : « Ma bonne Mimi, mon cher Raymond, je ne veux pas écrire en France, à si peu de distance de Noël, sans vous crier : Bon Noël ! Bonne Année !… N’oubliez pas la part des pauvres en ce jour de Noël… C’était l’usage de nos chrétiens aïeux, c’est l’Evangile… Et en ces jours où il fait si bon, réunis en famille, tous au coin du feu, jouissant des vacances, pensant aux grands et doux mystères de notre religion, et à ce que nous promet de bonheur dans le ciel Celui qui s’est fait si petit pour nous, et qui sait déjà nous donner de si pures douceurs sur la terre, rappelez à vos enfants qu’il y a des pauvres, que tous ne sont pas heureux comme eux et apprenez-leur à leur faire du bien, à aimer ces « Lazare » qui parfois sont si tristes à voir, mais qui reposeront, s’ils font le bien, dans le sein d’Abraham… Vous savez tout cela mieux que moi, frère et sœur chéris, mais il y a des choses qu’on ne saurait trop répéter, tant elles sont bonnes, et l’amour du prochain, la compassion pour les pauvres sont de ce nombre… »

Soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. » Oui chers amis, paix sur terre et dans vos coeurs. L’enfant Dieu est là. Amen.

Ajout à Gap pour la confirmation de Manon

Il est toute confiance, Il est toute tendresse, Il est tout petite. C’est cet enfant Dieu, Manon, que vous avez rencontré vers vos 6 ans. Vous avez alors eu la motion intérieure « qu’il y avait un homme que vous ne connaissiez pas, qui s’appelait Jésus et qu’Il était le fils de Dieu. » Il vous a conduit au Père, et bien des années plus tard, à l’Esprit Saint. Ce soir vous allez recevoir le sacrement de la confirmation, don plénier de l’Esprit Saint, amour du Père pour le Fils et du Fils pour le Père. Que cet Esprit envahisse nos âmes à nouveau en cette nuit de Noël.