Le Père Léon Bès a été rappelé à Dieu en la fête de l’Immaculée Conception, ce mardi 8 décembre au
Foyer Saint-Marcellin. La messe des funérailles à l’église de Villard-Saint-Pancrace était concélébrée ce vendredi 11 décembre à 10h30 par Mgr Félix Caillet, vicaire général, et par de
nombreux prêtres du diocèse.

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Quelques éléments biographiques du Père Léon Bès :

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Clocher de Villard-Saint-Pancrace

Né le 16 septembre 1916 aux Alberts (commune de Montgenèvre), Léon Bès est entré au Petit Séminaire
de Gap, à Saint-Louis de Charance, en 1928, où il trouve comme condisciples ceux qui seront plus tard ses confrères : les Pères Auguste Blanc, Paul Chevallier, Louis
Guillaumier, Joseph Peyre, Paul Richaud, Joseph Villard, Joseph Catelan et bien d’autres encore. Au cours de la Première Guerre Mondiale, en 1939, alors qu’il n’a que 23 ans, il
est envoyé sur le front en Norvège. Fait prisonnier, il restera près de 5 années en captivité en Allemagne, affecté au travail agricole. Libéré, il termine sa formation au Grand Séminaire
et est ordonné prêtre le 21 décembre 1946 en la cathédrale de Gap par Mgr Bonnabel. Vicaire économe à Ceillac le 15 août 1947, vicaire économe à Saint-Clément et Réotier le 25
septembre 1949, le Père Léon Bès devient vicaire économe d’Eygliers en octobre 1956 et de Montdauphin en novembre 1960. Curé de Villard-Saint-Pancrace le 11 septembre 1964 puis de
Saint-Martin-de-Queyrières et de Prelles, le Père Léon Bès est déchargé de Saint-Martin-de-Queyrières et de Prelles en septembre 2001. Ce n’est qu’en septembre 2003 qu’il sera ensuite
officiellement déchargé de sa responsabilité de curé de Villard-Saint-Pancrace. A cette date, le Père Léon Bès rejoint le foyer Saint-Marcellin.



Le 28 avril 2006, le diocèse de Gap et d’Embrun fêtait comme chaque année ses prêtres jubilaires lors d’une célébration d’action de grâce à Notre-Dame du Laus. En voici l’extrait communiqué par
Eglise dans les Hautes-Alpes en juin 2006 :

 Léon Bès
Mgr Jean-Michel di Falco Léandri à Notre-Dame du Laus aux côtés du Père
Léon Bès

Ta joie, Léon, a toujours été com­municative ! Et nous nous
réjouis­sons avec toi, dans ce jubilé de tes 60 ans de sacerdoce ! Joie pour toi, au moment des rencontres de travail, de service, ou d’amitié, tu sais semer quelques bons mots dont tu es
le pre­mier à sourire. Ils vont toujours plus loin que l’apparence… Joie et paix du
cœur
, de la foi, dans bien des cir­constances les plus inattendues. Elles font merveille pour ouvrir un espace précieux, qui n’éloigne pas mais rap­proche. Cadeaux inestimables !
S’il t’a fallu courage et coeur au cours de ta captivité de guerre, c’est la proxi­mité humaine et spirituelle, ouverte à tous, qui depuis 60 ans a rapproché tant de gens les uns des
autres ! À l’occasion du théâtre comme à Saint-Clément ou à Villard-Saint-Pancrace, mais c’est surtout dans le théâtre de la vie où chacun joue sa partie avec les autres ! La belle eau de
la Clarée, auprès de laquelle tu es né, celle qui descend des Ayes où tu es monté si souvent, ou celle de la Durance, cette belle eau est l’image de la source qui t’a fait vivre, et que
tu as su parta­ger… Elle a fertilisé les lieux de ton service. Avec toi on ne peut pas dire que l’eau triche !


Vous trouverez ci-dessous une très belle lettre écrite par le Père Léon Bès le 3 août 1944 alors qu’il était prisonnier de guerre à l’arbeit kommando n°716 (stammlager VI J.) :

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Homélie prononcée par le Père Guy Corpataux au cours de la messe.

Nous savions bien en venant ici, dans cette église ce matin, cette grande église de Villard-Saint-Pancrace, que Léon rassemblerait la population de tout un village, dans toute sa diversité, la
population aussi des autres lieux où il a exercé son ministère –  moins longtemps certes, – dont il ne fut jamais oublié. La population des pauvres
aussi. Ils se savaient tous aimés de lui : il était l’un des leurs.

 

C’est beau de voir comme la bonté peut toucher le cœur de
tous…

C’est parce qu’elle prend le chemin de l’intérieur ; elle s’adresse à ce
qu’il y a de meilleur en chacun, elle n’oublie personne. Elle montre sans mépris la vanité de ce qui veut briller et qui mobilise tant d’énergie, ou la vanité de tant d’intérêts qui nous
divisent… La bonté !

La bonté n’est pas polémique, elle n’est pas combative ; elle n’est pas
revendicatrice. Elle pleure parfois en cachette. Mais sans rien dire, elle nous interroge et nous regarde dans les yeux… La bonté !

 

On en abuse parfois de la bonté des autres, on ne la craint pas, elle ne fait
pas peur ; il arrive qu’on la regarde parfois de haut, on en sourit même un peu. Mais sa qualité c’est d’être simple et fidèle, presque têtue. Les vents contraires ne la font pas trembler, la
confiance l’accompagne.  Elle « sait en qui elle a cru ». Elle sait comme dit Saint Paul que tout passe sauf l’amour.

 

Il semble, frères et sœurs, que la bonté était pour Léon sa boussole, sa
source, son soleil. Croyants ou non, nul doute pour personne qu’elle était le signe de sa foi en Jésus-Christ.

 

Merci Léon ; Merci à Dieu.

 

Il fut labouré dans sa vie par l’expérience du mal que fit la
guerre.

Il en a vécu l’absurdité, les blessures, l’exil, le
silence.

Il en revint plus sensible  encore
à ceux qui souffrent.

Et son humour légendaire cachait
sa peine ! Comme la pudeur qui évite de parler trop fort de ce qui vous brûle. C’était aussi sa manière de dire aussi son espérance : l’humanité vaut plus que ses laideurs, celles qu’on voit et
celles qu’on ne voit pas.

Le Christ Crucifié, comme la graine plantée en terre dont parle l’Evangile,
montre déjà le Christ du matin de Pâques.

 

Merci Léon ; Merci à Dieu.

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Allocution de Madame Laurence Fine,

maire de Villard-Saint-Pancrace.

 

Le Père Léon Bès
fut le curé de la commune de 1964 à 2003.


Comme il nous avait été impossible de le laisser partir à la retraite sans réunir tous les habitants de la commune, nous sommes réunis aujourd’hui pour un dernier au-revoir. Par ce geste, nous
voulons témoigner de toute la gratitude de nos concitoyens et surtout vous remercier pour tout ce que vous avez fait dans le cadre de votre vie sacerdotale, durant ces quarante années consacrées
à la paroisse et à la commune.


Votre intégration au sein des habitants de ce village était totale ; elle était le résultat de votre gentillesse, de votre sincérité, de vos convictions, de votre tolérance et de votre chaleur
humaine. Pour beaucoup, vous avez été un guide, un ami avec qui on peut parler et se confier.


C’est vrai que dans le monde aussi difficile que le nôtre, où les valeurs manquent de repères, il est très important que des hommes comme vous vivent leur vie religieuse, leur sacerdoce tel que
vous l’avez fait parmi nous, sans jamais vous immiscer dans des thèses ou des objectifs qui auraient été en dehors de votre rôle de prêtre.

Cela, les
habitants de notre village l’avaient bien compris et surtout bien apprécié.
C’est pour cela que vous étiez un ami aimé et respecté de tous. Votre jugement, vos
réflexions, ont toujours fait référence.


Comme de nombreux habitants de Villard, le Conseil Municipal et moi-même avions regretté très sincèrement que vous ne puissiez pas vivre votre retraite parmi nous mais vous restiez proches de
nous et nous étions nombreux à vous rendre visite lors de nos déplacements à Gap.


Et si nous sommes tristes de vous voir partir c’est parce que vous aviez su conquérir la sympathie de tous vos paroissiens et gagner le cœur de tous les habitants de notre village, pratiquants ou
non pratiquants.


Qu’il me soit permis d’exprimer au nom du conseil municipal et de tous les habitants de Villard-Saint-Pancrace, notre respect, notre grande estime et notre
amitié.

 

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