Installation de nouveaux curés à Embrun et à Gap
  • 17 septembre 2013

Samedi 7 et dimanche 8 septembre, en la fête de la Nativité de la Vierge Marie, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri a installé deux nouveaux curés : le père André Bernardi pour les paroisses de l’Embrunais et du Savinois, et le père Sébastien Dubois pour la paroisse Saint-Arnoux pour le Gapençais.

Ci-dessous des vidéos, des diaporamas, le texte de l’homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri à Gap, et le mot de présentation de la paroisse Saint-Arnoux par Jean-Marie Reynaud, membre du Groupe d’animation paroissiale (GAP).

Embrun

Fête de Notre-Dame du Réal le 7 septembre 2013 à Embrun.
Procession depuis les jardins de l’archevêché
et installation comme curé du père André Bernardi.

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Gap

Fête de la Nativité de la Vierge Marie à Gap.
Installation du père Sébastien Dubois comme curé.

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Présentation de la paroisse par M. Jean-Marie Reynaud : de 00:25 à 10:20
Homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri et applaudissements : de 10:20 à 26:30
Remerciements du père Sébastien Dubois : de 27:30 à la fin.

Homélie

de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

Chers frères et sœurs, chers amis,

Pour la soirée d’hier, veille de la Nativité de Marie que nous célébrons aujourd’hui, le pape François avait invité toutes les personnes de bonne volonté à prier et à jeûner pour la paix. Pour la paix en Syrie en premier lieu. Mais aussi pour la paix au Moyen Orient et dans le monde entier. Dans le monde entier, donc aussi jusque dans notre pays, notre diocèse, nos paroisses, nos familles et pourquoi pas à l’intérieur de nous-mêmes. J’espère que les uns et les autres nous avons vécus ce temps de prière avec ferveur, avec la volonté de ne pas s’en tenir à une soirée de prière, mais là où nous sommes, quelle que soit la responsabilité de chacune et de chacun, de mettre tout en œuvre pour que rechercher la paix ne soit pas un vain mot.

Je suis avec vous ce soir pour installer, “installer” c’est le mot officiel qui désigne la célébration que nous allons vivre, pour installer donc, l’abbé Sébastien Dubois (je sais qu’il préfère le terme d’ “abbé” à celui de “père”) comme curé de la paroisse Saint-Arnoux. L’émoi que sa nomination a suscitée chez certains ne m’a évidemment pas échappé. Je ne m’attarderai pas sur les commentaires que je qualifierai de grotesques pour ne pas dire indécents que l’on a pu entendre ici ou là. En revanche je peux comprendre l’émotion de celles et ceux qui ont légitimement exprimé leurs regrets de voir s’éloigner un pasteur qu’ils estimaient et avec qui ils ont vécu plusieurs années, en la personne du père Jean-Michel Bardet. Puisque l’occasion m’en est donnée je tiens à exprimer ma reconnaissance au père Jean-Michel Bardet pour la manière avec laquelle il a assumé sa charge au cours de ces années. Sa délicatesse, sa disponibilité, sa capacité à écouter, à déléguer, ont été appréciés par la plupart d’entre vous. Après une année au cours de laquelle il suivra des sessions, vivra des temps forts de vie spirituelle, enregistrera le troisième album des « PRÊTRES » il nous reviendra « tout beau tout neuf » pour prendre les responsabilités que je lui confierai. Merci de le porter dans votre prière.

Et maintenant, frères et sœurs, écoutez bien ce que je vais vous dire avec gravité. Il peut vous arriver de critiquer vos prêtres. Il se peut même que les critiques soient justifiées et salutaires. Mais attention,  je parle de critiques, et non de calomnies. Chaque fois que l’on calomnie un de mes prêtres, c’est moi que l’on calomnie, c’est le Christ que l’on calomnie. Mais pourquoi donc certaines personnes ne peuvent ouvrir la bouche que pour cracher leur venin de vipère ? Pourquoi donc ne peuvent-elles agiter leur langue plus acérée qu’une lance pour salir ce qui est propre et beau, pour détruire, pour faire naître la suspicion, le doute à propos de leurs prêtres. Il faut que cela cesse ! Pardon si vous trouvez mon langage cru, mais il est des cas où il ne faut pas hésiter. Répandre de tels ragots, de telles rumeurs pestilentielles dégradent ceux qui les répandent et ceux qui leur prêtre une oreille attentive pour les colporter à leur tour. Comment voulez-vous que des jeunes se posent la question du sacerdoce lorsqu’ils entendent parfois même à la table familiale des propos indignes tenus par des adultes, les mêmes qui présentent en public le visage de chrétiens exemplaires et qui osent avec une fausse piété s’approcher de l’Eucharistie. Oui je suis en colère ! Alors, à bon entendeur, salut !

Il fallait un successeur au Père Bardet puisqu’il était parvenu au terme des six années, durée de chaque nomination. Plusieurs prêtres du diocèse étaient bien sûr en mesure de lui succéder, et j’ai fait le choix du Père Sébastien Dubois. Ce choix a surpris, en particulier ceux qui ont encore en mémoire le conflit qui nous a opposé il y a quelques années. Être en désaccord sur tel ou tel point ne doit pas occulter les qualités que possède par ailleurs celui avec lequel on est en conflit. Il nous arrive à lui comme à moi de prêcher le pardon, il ne nous est pas interdit de le pratiquer nous-mêmes.

Le père Sébastien Dubois est un prêtre pieux, dévoué, actif, entreprenant, créatif, décoiffant et même irritant parfois. Sa première qualité n’est sans doute pas la diplomatie, mais il le sait et il progresse…

C’est à tout cas le prêtre que j’ai choisi pour succéder au père Bardet et notamment pour poursuivre la mise en place de la paroisse unique. Certes il faudra vous habituer à passer d’une brise légère dans le mode de gouvernement avec le père Bardet à des coups de bourrasque avec le père Dubois. Mais je sais que ceux avec qui il aura à collaborer et en particulier les laïcs sont suffisamment bien accrochés pour ne pas se laisser emporter par un coup de bourrasque.

Avec un nouveau pasteur il faut s’attendre à des changements dans les habitudes, cela bouscule et dérange mais c’est le meilleur moyen pour ne pas s’engluer dans les ornières de la routine.

Sa mission, il va l’exercer en compagnie des pères Jean-Marie Dezon, Damien de Beaumont, Adrien Michel, les prêtres résidants à Gap, le diacre en vue du sacerdoce Mickaël Fontaine, les diacres permanents Michel Gruère et Henri Pascal, sans oublier les communautés religieuses et le GAP, le groupe d’animation paroissiale. Le père Sébastien sait bien qu’il entre dans une histoire qu’il devra prendre le temps de connaître pour continuer à l’écrire avec vous.

Ma présence parmi vous aujourd’hui me donne l’occasion de remercier les membres des différents conseils qu’il faudra sans douter renouveler ou étoffer : conseils pastoraux, conseils économiques. Merci aux nombreux laïcs qui contribuent à faire que cette paroisse ne vive pas repliée sur elle-même, mais ouverte à ceux et celles qui habitent ce secteur pour leur faire découvrir et aimer la Parole de Vie.

J’ai évoqué tout à l’heure les conflits. Un des premiers moyens de les éviter, c’est de rester à sa place, et rien qu’à sa place. Dans une entreprise, une bonne définition de poste prévient bien des conflits potentiels. Dans l’Église, la structure hiérarchique est au service des personnes et du bien commun. Et si l’on parle parfois d’abus de pouvoir, c’est bien qu’il y a d’abord un pouvoir, un pouvoir accordé aux uns et pas aux autres. Un pouvoir accordé mais qui n’est pas sans limite, et vécu comme un service!

Ici, dans cette cathédrale, vous me voyez à la cathèdre, le siège de l’évêque. J’installe aujourd’hui le père Sébastien Dubois comme curé de la paroisse Saint-Arnoux pour le Gapençais. Mais je ne l’installe pas à cette cathèdre ! Comme dans n’importe quelle cathédrale, vous ne verrez jamais le curé présider la célébration eucharistique depuis la cathèdre. Elle est réservée à l’évêque nommé par le pape. La cathédrale est l’église de l’évêque. Et elle le demeure, même quand il n’est pas là. C’est pourquoi personne ne célèbre depuis cette cathèdre lorsque l’évêque n’est pas là, pas même le curé de la cathédrale.

Rester à sa place, n’agir que dans les limites des responsabilités confiées, permet d’éviter bien des conflits. Autrement dit, que chacun ne s’occupe que de ce qu’il maîtrise. Chacun n’est, a priori, réellement compétent que dans le métier qu’il a appris (même si parfois on peut y trouver des incompétents…). À chacun donc, de connaître son charisme, d’évaluer ses compétences, de se former pour combler ses lacunes, sans chercher à faire ce dont il n’est pas capable.

Mais ne nous leurrons pas. Les germes du conflit sont partout présents. Quand bien même on démine le terrain, quand bien on établit des structures claires et précises, quand bien même chacun est soucieux de ne pas empiéter sur le terrain du voisin, on n’évite pas les tensions, et les conflits. Dès que deux personnes entrent en contact, il y a bien, à un moment ou à un autre, divergence de point de vue, divergence d’opinion. Même quand on est d’accord sur les objectifs, on peut être en désaccord sur les moyens à mettre en œuvre pour les atteindre.

« Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimée », a dit un jour Jésus à Sainte Angèle de Foligno. Et de fait, il suffit de voir cette croix placée là-haut, devant vos yeux, pour saisir ce que Jésus a supporté dans sa vie et dans sa mort pour l’amour de chacun de nous. Il suffit de le regarder pour saisir l’amour qui lui brûlait les entrailles. Et Marie, dont nous fêtons la naissance aujourd’hui, a poussé son premier cri dans « cette vallée de larmes » comme nous. Et Marie a suivi Jésus. Et Marie est restée debout au pied de la croix. Non, Jésus ne nous a pas aimés pour rire, mais d’un amour vrai, profond, parfait. Et Marie a suivi le même chemin. Alors bien sûr, notre amour à nous, notre pauvre amour pour Dieu et pour nos frères et sœurs, peut nous apparaître en retour bien fragile, voire même parfois comme du mensonge, de la négligence, de la duplicité.

Oui, nous sommes bien tièdes dans notre amour pour Jésus, nous chrétiens. Et un certain Julien Green, le disait déjà en 1926 dans tout l’élan de sa conversion. Je le cite :

« Les personnes qui reviennent de la messe parlent et rient ; elles croient qu’elles n’ont rien vu d’extraordinaire. Elles ne se sont doutées de rien parce qu’elles n’ont pas pris la peine de voir. On dirait qu’elles viennent d’assister à quelque chose de simple et de naturel, et cette chose, si elle ne s’était produite qu’une fois, suffirait à ravir en extase un monde passionné. Elles reviennent du Golgotha et elles parlent de la température. Cette indifférence empêche qu’elles ne deviennent folles. Si on leur disait que Jean et Marie descendirent du Calvaire en parlant de choses frivoles, elles diraient que c’est impossible. Cependant elles-mêmes n’agissent pas autrement. »

Oui, nous sommes bien tièdes dans notre amour pour Jésus. Nous sommes bien tièdes aussi dans notre amour pour le monde.

Cet été, je recevais un message d’un ami chrétien et syrien. J’en ai fait part dans l’éditorial de ce mois d’Église dans les Hautes-Alpes. Il disait que ce conflit détruisait le monde du travail, l’enfance innocente, la famille tranquille, l’école paisible, le lieu de culte, l’abri des pauvres et le dispensaire des malades. Les seuls chantiers d’agrandissement en Syrie sont ceux des cimetières… Et de terminer par ce fait qui m’a beaucoup touché : « Une fillette de six ans jouait avec son frère à cache-cache. Un franc-tireur abat le petit garçon.  Au cimetière la fillette creuse chaque jour de ses mains la tombe de son petit frère en criant : « Sors de ta cachette, je ne veux plus jouer. » »

Là-bas de vrais drames se vivent. Ici, peut-être trop souvent nous avons tendance à en créer à partir de rien, ou de si peu. À partir de nos susceptibilités. On donne de l’importance à ce qui n’en a pas. On s’occupe de ce qui est accessoire et on néglige l’essentiel. On parle du monde, on refait le monde, mais on ne se retrousse pas les manches, on ne met pas les mains à la pâte. On se désintéresse de ce qui se passe à côté de nous.

« Sors de ta cachette, je ne veux plus jouer » dit la fillette à son frère dans la tombe, là-bas, en Syrie. Aujourd’hui cette fillette s’adresse à nous aussi, nantis de France, paroissiens bien-pensants, en ce jour d’installation de votre nouveau pasteur : «  Sortez de vos cachettes, sortez de vos habitudes bien installées, sortez de votre train-train quotidien. Laisser tomber vos préjugés, vos jugements à l’emporte-pièce. »

Frères et sœurs, au lieu de nous lamenter, hauts les cœurs ! Bien sûr nous ne pouvons pas transformer le monde d’un coup de baguette magique. Mais là où nous sommes, le monde nous attend ! Dans le diocèse, tout comme dans la paroisse Saint-Arnoux, tout comme dans nos familles, tout comme sur nos lieux de travail, nous n’avons rien à donner, si ce n’est notre foi en l’Amour de Dieu pour nous, en Jésus Christ, mort et ressuscité d’entre les morts.

Jésus est mort, oui. La pauvreté, la souffrance et la mort nous cernent. Mais le Christ est ressuscité ! Le Christ est vivant ! Pâques est le fondement de notre foi. Pourquoi vous rassembler tous les dimanches, venant de Neffes, de Gap, de la Freissinouse, de Rambaud, de Romette, bref de tous les lieux marqués sur les piliers par des banderoles, si ce n’est pour célébrer ensemble la Résurrection ? Pourquoi tout évêque est-il tenu de célébrer les fêtes de Pâques dans son diocèse, et plus particulièrement dans sa cathédrale, si ce n’est pour que l’Église tout entière célèbre ensemble son Seigneur ce jour-là ? Tout a commencé pour l’Église lorsque les deux disciples, sur la route d’Emmaüs, ont reconnu Jésus à la fraction du pain. Et comme ces deux disciples des origines, nous, disciples de Jésus rassemblés, nous devrions sentir nos cœurs brûler à l’écoute des Écritures, nous devrions reconnaître le Christ ressuscité, vivant, présent, agissant au milieu de nous, à la fraction du pain. Et enfin, nous devrions comme ces disciples, quitter cette église pour annoncer partout la Bonne Nouvelle : « La Paix soit avec vous. Christ est ressuscité.”

Alors Sébastien, mon frère dans le sacerdoce,  je te confie cette portion du peuple de Dieu. Et à vous frères et sœurs, je vous confie Sébastien votre nouveau pasteur. Prenez-en soin comme il prendra soin de vous. Amen. Alléluia !

+ Jean-Michel di FALCO LÉANDRI
Évêque de GAP et d’EMBRUN

 

Présentation de la paroisse
Saint-Arnoux

par Jean-Marie Reynaud
membre du Groupe d’animation paroissiale (GAP)

La communauté paroissiale de Saint-Arnoux est heureuse de vous accueillir, père Sébastien, heureuse de vivre un temps de grâce en accueillant son nouveau curé dans cette célébration présidée par notre évêque. Il nous vient de suite à l’esprit ces paroles de bénédiction : « Bénis sois le Seigneur le Dieu d’Israël qui visite et rachète son peuple », ce peuple qui vit à Gap-Romette,  La Garde, Sainte-Marguerite, Rambaud, La Bâtie-Vieille, Neffes, Pelleautier et La Freissinouse. Ce sont pour vous, Père Sébastien, de nouveaux clochers que vous apercevez sur ces panneaux accrochés aux piliers de la cathédrale, ce sont autant de clochers qui constituent la paroisse et qui servent de signal aux neuf communautés chrétiennes qui y vivent.

Avant de présenter la vie et l’organisation de votre nouvelle paroisse, il nous a semblé opportun de situer rapidement l’espace humain que recouvre ce secteur pastoral.

Au 1er janvier de cette année, la ville de Gap (comprenant Romette) comptait près de 42 000 habitants et représente à elle seule 30% de la population du département.

Les emplois sont majoritairement présents dans les secteurs de l’administration, de l’enseignement, de la santé, du commerce, des services. C’est là où se concentrent le plus grand nombre de créations d’entreprises et de créations d’emplois dans le département. Si sur le front de l’emploi Gap est dans une situation un peu plus favorable qu’au niveau régional ou national, il n’empêche que la crise s’y fait ces derniers temps durement sentir : le nombre de chômeurs a progressé de +13% en un an. La progression est plus forte pour les moins de 25 ans avec +15% et elle est encore plus forte pour les chômeurs de longue durée avec une progression de +19%. Corollaire du chômage, la montée de la précarité. Le nombre de bénéficiaire du RSA est en forte augmentation. Il atteint aujourd’hui un millier de personnes. 

Deux  particularités souvent méconnues : Gap est la première commune agricole du département, et ce n’est pas une ville vieillissante puisque ses écoles viennent d’accueillir 120 enfants supplémentaires.

Gap compte plus d’emplois que d’actifs, ce qui veut dire que l’on vient travailler à Gap tout en résidant dans les communes environnantes, dont celles qui composent la paroisse Saint-Arnoux :

Rambaud avec près de 400 habitants et La Batie-Vieille avec près de 300, Neffes plus de  700, Pelleautier et La Freissinouse avec 500 habitants chacune. Mais ces villages alentours ont des points communs : ils sont à dominante rurale, leur nombre d’habitants augmente rapidement, de très nombreuses constructions de maisons individuelles changent le paysage et la vie qui s’y déroule, et la proximité de Gap reste pour toutes ces familles un atout majeur sur le plan professionnel ou pour les activités de loisir.

D’où aussi l’idée de cette grande paroisse Saint-Arnoux qui permet aussi à ces villages de participer à une vie paroissiale que l’on espère plus riche et plus vivante. La réciproque est vraie, la communauté urbaine de Gap bénéficie des approts de ces communautés plus petites et soudées.

Voici situé rapidement l’espace humain de la mission pour la paroisse Saint-Arnoux. Et maintenant quelques points de repères pour présenter sa vie et son organisation.

Son point de départ  date de mars 2010, lorsque notre évêque a fait part de son souhait de créer une nouvelle paroisse sur le bassin gapençais, et où il a demandé que soit engagée une réflexion sur sa mise en œuvre.

Cette réflexion a été engagée par les prêtres, les diacres, des religieuses et des laïcs qui se sont souvenus que, dans le cadre de la préparation de notre synode diocésain à l’initiative de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, l’évêque de Poitiers d’alors avait fortement marqué les esprits en présentant la création de communautés ecclésiales locales.

Alors, s’appuyant sur notre propre synode diocésain de 2007 où notre évêque demandait « que dans chaque doyenné il soit procédé à une analyse des besoins en terme de mission et d’organisation », et que « la coresponsabilité laïcs/prêtres soit réaffirmée et développée », notre réflexion a abouti au document intitulé Vivre la communion et la mission sur la paroisse saint Arnoux, qui est le résultat d’un effort d’écriture pour être soumis à notre évêque. C’est donc ce document qui précise l’organisation de la paroisse et les modes de collaboration des laïcs retenus, et c’est dans ce contexte que notre évêque a proclamé et érigé cette nouvelle paroisse lors de la Veillée Pascale 2011.

Suivant les orientations synodales qui demandaient « de mettre en place dans chaque secteur une équipe d’animation pastorale autour du pasteur qui participe à l’exercice de la charge pastorale», il a été mis en place :

1- « Le Groupe d’Animation Paroissiale »  composé des prêtres, des diacres et de 3 laïcs missionnés par l’évêque, ce groupe a la charge de l’animation pastorale et de relier les Communautés entre elles pour  veiller à la communion

2- Une « Assemblée Paroissiale » composée des représentants des 9 Communautés Locales et de tous les représentants des équipes et de mouvements apostoliques, caritatifs, spirituels, familiaux, aumôneries, communautés religieuses…

3- Un Conseil Paroissial des Affaires Economiques qui porte le souci de la vie matérielle et financière de la paroisse.

4- Et au sein de chacune des neuf communautés locales, il a été créée une Équipe d’Animation Pastorale composée de cinq personnes « envoyées » ensemble par le curé au service de leur communauté de vie.

Ces équipes animées par un délégué pastoral, sont composés d’un délégué pour l’annonce de la foi, d’un délégué pour la  prière communautaire, d’un délégué à la charité, une cinquième personne est responsable des affaires matérielles de la communauté et est souvent, notamment dans les villages alentours, l’interlocuteur de terrain des municipalités.

Ces Équipes sont des relais de proximité pour les prêtres, et il faut souligner combien elles portent aussi le souci de favoriser la rencontre au sein de leur communauté, de créer des liens par la convivialité où la foi trouve sa place.

C’est ainsi que près de 50 laïcs ont accepté de répondre à un appel de l’Eglise pour servir au sein du Groupe d’Animation Paroissiale et des équipes d’animation pastorale.

Alors certes nous sommes toujours en rodage, et en rodage il y a quelque fois des ratées  mais en regardant en arrière on mesure déjà le chemin parcouru.

Ces modalités de collaboration des laïcs ont tenu une place importante dans la réflexion qui a précédé la mise en place de la paroisse car c’est aussi, bien sûr, de  la vie même des paroisses qu’il s’agit. Et une émission récente de RCF montrait déjà que cette question de la participation des laïcs est  ancienne puisqu’elle était déjà soulevée par saint François.

Elle est ancienne et en même temps elle est toujours d’actualité car au moment même où notre évêque décidait de la création de la paroisse Saint-Arnoux en 2010 , l’évêque de Rome, le pape Benoît XVI, dans une de ses visites pastorales, parlait à ces diocésains de « coresponsabilité des laïcs » et ses propos ont été repris dès l’année suivante par nos évêques en France qui citent alors le passage de cette homélie du pape : « Il est nécessaire que les mentalités changent à l’égard des laïcs, que l’on cesse de les considérer comme des collaborateurs des prêtres pour les reconnaître réellement coresponsables de l’être et de l’agir de l’Eglise. »

Certes l’interprétation de ces termes de « coresponsabilité » et de « participation des laïcs » reçoit encore des approches différentes, alors, nous poursuivrons avec vous, père Sébastien, cette réflexion sous la conduite de notre évêque et du pape François dont on a pu lire récemment dans Prions en Église, sous la plume du Père Nieuviarts : « Le nom même du pape, François, est un chemin pour l’Eglise… un chemin simple ».

Nous serons ensemble et à vos côtés sur « ce chemin pour l’Église » sachant bien avec le psalmiste que « si le Seigneur ne bâtit la maison, c’est en vain que peinent les maçons. »

Cet article a 8 commentaires

  1. merci

  2. vous annoncez 3 discours et n’en publiez que deux : celui de Mgr di Falco et celui de Monsieur Reynaud – peut-être avez vous oublié celui du Père Sébastien Dubois – le principal concerné- que nous aimerions lire puisque certains n’ont pas pu se rendre à son intronisation… le publierez vous dans les prochains jours……??? merci d’y penser….

    1. Bonsoir,
      Pour seulement deux “discours” nous avions les textes : l’homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri et la présentation de la paroisse par M. Reynaud. Ces deux “discours”-là, on peut donc aussi bien les lire que les écouter sur la vidéo. Mais en ce qui concerne les remerciements du Père Sébastien Dubois, nous n’avions que la vidéo, pas le texte écrit. A moins que quelqu’un n’ait retranscrit ce qu’il a dit. Vous pouvez en tout cas l’écouter. Les remerciements commencent, comme c’est indiqué, à 27 minutes 30 secondes et durent jusqu’à la fin de la vidéo.

  3. Pourquoi ne pas ordonner les diacres ? Peut-être est-ce une “piste” ?

  4. une magnifique homélie Monseigneur, une sainte et juste colère et un enseignement à graver dans nos esprits : Les mots peuvent tuer aussi surement qu’une balle de revolver, ils tuent l’espoir, la confiance l’amour, jettent la suspicion et sèment le doute, et ils tuent aussi celui qui les prononcent .
    Nous sommes des “tièdes” dans l’amour que nous portons à Dieu, amour fragile … Si fragile.
    je souhaite bonne route au Père Bardet sur son nouveau chemin (ouf ! il chante encore!) .
    Le Père Dubois est quelqu’un que l’on a envie de connaître, je ne sais pas pourquoi mais je trouve extrêmement sympathique, un je ne sais quoi d’attachant … Un caractère bien trempé sans doute et un humour flamboyant … Monseigneur il se peut que “la douce brise” vous manque parfois, mais un bon orage ce n’est pas mal de temps en temps ! Je suis heureuse d’avoir eu la chance d’entendre cette belle homélie et salutaire leçon ! Quel beau Diocèse que le votre !

  5. commentaire rapide :
    Je suis entièrement d’accord avec vous Monseigneur, comment peut on être chrétien et colporter de tels ragots ?
    Cependant ces colporteurs de médisances représentent une infime minorité des fidèles. Dans nos villages les pratiquants entendent tous les jours des inepties, des lieux communs pestilentiels sur l’ Eglise et son clergé. Il nous appartient d’écouter et de répondre calmement et toujours en référence aux Evangiles. Les chrétiens ne sont pas ” des paillaissons” , nous devons réagir toujours avec calme mais aussi avec fermeté aux propos calomnieux !

  6. Courageuse votre homélie Monseigneur ! J’apprécie et je loue votre saine colère !
    Je prie pour vous, pour le prêtre qui part et pour celui qui arrive…

  7. Merci Monseigneur 🙂

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