Du 23 au 24 octobre 2009, l’évêque de Gap et d’Embrun se rendra à
Poitiers au Kaléidoscope, premier festival chrétien du film court francophone. Suite aux Assises de l’audiovisuel de février 2005 et au congrès Ecclésia de 2007, le Kaléidoscope a été lancé par
le Service national de la catéchèse et du catéchuménat (SNCC) de la Conférence des évêques de France. Unique en son genre, son objectif est d’exprimer le message chrétien dans les langages
du monde d’aujourd’hui en prenant le Septième Art comme outil d’annonce de l’Evangile.
Retour sur l’interview accordée par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri à Florence de Maistre, journaliste pour le site de la Conférence des évêques de
France.

 

Pourquoi avez-vous accepté de participer au jury du festival
?

Je crois qu’il est fondamental que l’Église soit visible et active au cœur même du cinéma. Or, nous n’avons pas toujours suffisamment conscience de l’impact de cette industrie auprès du grand
public et jusqu’à quel point il contribue à façonner notre culture. Notre responsabilité est d’accepter ce rôle incontournable de l’image en mobilisant toutes nos énergies pour œuvrer ici à la
gloire de Dieu et à la dignité de l’homme. Tout ce qui touche l’homme intéresse l’Église. Notre devoir de chrétien est de proclamer la bonne nouvelle en offrant à tous la source
d’
Espérance qu’est
la
résurrection du Christ. Et mieux que tout autre, le septième art peut contribuer à cette
annonce.

Dans quel esprit abordez-vous ce rôle
?

J’aborde ce Festival sans idée préconçue, avec le regard neuf et bienveillant de celui qui rêve d’être surpris. « Ne crains pas d’innover, d’inventer, de créer. Sois audacieux ! » disais-je
encore au jeune
prêtre que j’ai ordonné en juin
dernier. C’est particulièrement vrai pour les réalisateurs mais c’est aussi le cas pour les membres du jury qui, avec Stijn Coninx, président du Festival, auront la responsabilité de décerner les
prix, je pense notamment au prix Kaléidoscope et espoir « jeunes ». Je m’enthousiasme à l’idée de pouvoir partager mes réflexions avec les membres du jury et suis impatient de pouvoir rencontrer
les réalisateurs ! La rencontre, comme le dit l’un des titres des films sélectionnés, est toujours un pari, un risque, qu’il faut oser si l’on veut engager l’avenir de manière responsable.

Quels sont, pour vous, les
critères de sélection les plus importants ?

La pédagogie et la qualité. La recherche de l’originalité ne doit pas se faire au détriment de la compréhension. Les critères retenus posent avant tout un cadre et une ligne de conduite
nonobstant la dimension universelle du film et son utilisation à des fins catéchétiques. Tous les thèmes et tous les genres sont les bienvenus. Les critères ne doivent donc pas limiter notre
regard sur les œuvres ou imposer une orientation particulière. Néanmoins, l’originalité ou la singularité du court-métrage, la faculté de son réalisateur à dépasser les carcans culturels,
sociologiques et mêmes techniques de son milieu sont selon moi prioritaires. Il nous faut trouver la perle rare à même de marquer les consciences !

Que souhaitez-vous faire
découvrir au public à cette occasion ?

Je dirai que le Kaléidoscope de Poitiers peut contribuer à la prise de conscience que le cinéma peut être au service de la catéchèse. J’ai cette année entendu beaucoup de critiques à l’égard de la sélection officielle du
Festival de Cannes, parfois à juste raison. Le Festival chrétien du film court francophone est ouvert à tous, y compris aux internautes qui pourront décerner un prix. Il devient ainsi l’occasion
pour chacun de mettre ses valeurs au service d’une critique constructive. Plutôt que l’anathème, montrons-nous force de proposition et partons à la reconquête d’un art qui mérite la place qui lui
revient : la septième dans l’ordre d’apparition, mais la première pour la majeure partie de la planète !

Quel regard portez-vous sur cette manifestation
?

Les dix-huit films sélectionnés par le Festival proviennent d’horizons divers
et sont probablement tous de grande qualité. Le choix sera par conséquent difficile. Ma joie est grande de voir que l’Église est à l’initiative de cette manifestation. Depuis les Assises de
l’audiovisuel en 2005 et le congrès Ecclésia en 2007, pour la première fois producteurs, réalisateurs et utilisateurs de films courts vont se réunir à Poitiers. Inscrire le message chrétien dans
le monde d’aujourd’hui ne doit pas être un vain mot. Par ce biais, l’usage catéchétique du cinéma pourrait parvenir ainsi à toucher les cœurs à des carrefours où l’Église n’est pas toujours
attendue, je pense à la jeunesse en particulier.

Pour tout savoir sur le Kaléidoscope, vous pouvez consulter le site officiel en cliquant ici

 

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