You are currently viewing J’ose encore parler à mon Seigneur – homélie à Chauvet et au col de Vars 23 et 24 juillet 2022

Fêtes de Ste Marie Madeleine, le samedi 23 juillet 2022 en l’église de CHAUVET et le dimanche 24 juillet 2022 au Col de VARS

Journée mondiale des grands parents et des personnes âgées

AUDIO de l’homélie à Chauvet

Texte de base des deux homélies

textes du dimanche TO17  et oraisons de la fête

On a entendu dans le première lecture : « Abraham dit alors :J’ose encore parler à mon Seigneur. » Et dans l’Evangile : « Un de ses disciples lui demanda :Seigneur, apprends-nous à prier. »

En 2025, l’Eglise célébrera un grand jubilé, comme tous les 25 ans, pour marquer l’incarnation de Jésus, Dieu fait homme. Les plus anciens se rappellent le jubilé de 1950, puis celui de 1975, puis celui de l’an 2000. Entre temps, il peut y avoir d’autres jubilé plus thématiques, comme le jubilé de la miséricorde en 2016. Le pape François a déjà donné le thème du jubilé 2025 : témoins de l’espérance, thème ô combien d’actualité alors que de dures épreuves affectent notre planète. Il a aussi annoncé que l’année préparatoire 2024 sera consacrée à la prière. Or les textes de ce dimanche nous parlent de la prière.

Nous faisons aussi mémoire de Ste Marie-Madeleine, dont la fête officielle est le 22 juillet ; nous avons accueillis une relique prêtée par la paroisse d’Aubagne.

C’est également ce dimanche la journée mondiale des grands parents et des personnes âgées, instituée par notre pape.

L’évangéliste saint Luc note que Jésus était en prière.

Jésus est en permanence en union avec son Père céleste et il est habité par un immense désir de prier, c’est à dire de le retrouver d’une manière plus forte régulièrement. En particulier, il prie avant chaque décision forte, et la plupart du temps, c’est sur la montagne qu’il prie : « la montagne de la tentation, la montagne de la Transfiguration, la montagne de l’angoisse de l’agonie, la montagne de la crucifixion et pour finir la montagne de l’Ascension. Il y a bien sûr le symbolisme général de la montagne : la montagne comme lieu d’élévation, non seulement d’ascension extérieure, mais aussi d’élévation intérieure. La montagne comme libération du fardeau de la vie quotidienne, comme respiration de l’air pur de la création, la montagne du haut de laquelle on embrasse l’étendue de la création et de sa beauté, la montagne qui me donne une élévation intérieure et qui me fait pressentir le Créateur. » Ces paroles sur la montagne, nous touchent dans nos montagnes. Je les ai lues dans un livre du pape émérite Benoît XVI sur Jésus de Nazareth (page 337- chapitre sur la Transfiguration). 

Alors voyant leur maître prier, les disciples veulent faire pareil. Peut-être que nous aussi nous pourrions dire comme première parole de chacun de nos temps de prière : « Seigneur, apprends-nous à prier. »

Dans sa réponse à ses disciples, Jésus les encourage, nous encourage à beaucoup prier, avec l’exemple de la parabole de l’homme qui se laisse convaincre par une requête insistante. A plus forte raison, Dieu qui est la bonté même, écoute notre prière. « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez. » Alors bien sûr il y a la question des prière non exaucées. Ma maman est décédée de son cancer. je ne vais pas vous donner des réponses toutes faites à ce mystère, mais je suis persuadé que d’une manière ou d’une autre, Dieu exauce ma prière, peut-être pas comme je le voulais, mais pour un mieux, que je découvre souvent plus tard, et alors je répète : Jésus, je ne comprends pas actuellement, mais j’ai confiance en toi. 

Jésus enseigne à ses disciples la prière du Notre-Père, qui contient toute notre relation au Père. Remarquez le changement d’adverbe au milieu : d’abord TON « que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne. », puis NOUS : « Donne-nous le pain… Pardonne-nous … Ne nous laisse pas entrer en tentation. » Les deux premières demandes sont une prière de louange, qui nous décentrent de NOUS, nous mettent dans une attitude de reconnaissance envers le Père : « que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne. » Alors nous sommes libres intérieurement de demander pour NOUS. Notez aussi que Jésus nous fait prier au pluriel et pas au singulier. Il enseigne une prière communautaire. Au coeur de la prière, nous pratiquons ainsi le commandement de l’amour du prochain. Vous comprenez pourquoi on ne peut pas seulement prier seul, il faut prier en communauté chrétienne à la messe, à l’adoration, pour entrer dans une prière charitable, et mieux ensuite prier seul dans sa chambre.

Abraham, dans notre première lecture, ose déjà parler à Dieu.

Il a une profonde confiance en Dieu et n’a pas peur d’insister dans sa prière, de demander toujours plus, car Dieu est bon. Pourtant, avez-vous remarqué qu’il s’arrête à 10 justes, de sorte que sa prière n’obtient pas la miséricorde et le pardon de Dieu pour la cité pécheresse ? Jésus est le seul qui a obtenu la miséricorde pour tous, par sa prière et par l’offrande de sa souffrance. Regardez Marie-Madeleine, la pécheresse pardonnée, devenue l’apôtre des apôtres quand Jésus lui demande d’annoncer sa résurrection aux apôtres :  « Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : J’ai vu le Seigneur ! » Marie-Madeleine a vécu une conversion missionnaire : accueillant la miséricorde, l’amour de Dieu, elle est devenue apôtre. 

Frères et soeurs, vous savez que le pape ne cesse de nous inviter à devenir des disciples missionnaires.

C’est le sens du travail que nous avons mené dans le diocèse de Gap et Embrun depuis 2019 et dont j’ai rendu compte le premier mai dernier, lors d’un rassemblement diocésain au sanctuaire ND du Laus, en dévoilant la vision pastorale pour le diocèse dans les prochaines années. Permettez-moi un petit mot pour les chrétiens des Hautes-Alpes ! Pour notre diocèse montagneux, le titre de cette vision pastorale est « mission altitude », et le sous-titre est tiré du psaume 71 : « Montagnes, portez au peuple la paix ». 

De cette vision pastorale, nous avons tiré 5 chantiers missionnaires. Et je vous invite à vous en saisir, à travailler ces chantiers et à m’envoyer ce que l’Esprit vous aura inspiré, d’ici le 1er octobre prochain. Vous trouverez les infos sur le site diocésain ou sur des dépliants. Puis le samedi 26 novembre, veille du premier dimanche de l’Avent, nous proclamerons et célébrerons ensemble cette vision pastorale.

Je me permet de vous lire cette phrase de la vision pastorale, qui va inspirer toute l’activité des paroisses pour les prochaines années, et qui peut même inspirer nos frères de l’Ubaye :

Les yeux levés vers la splendeur de tes sommets, 

depuis tes diverses vallées, 

Église dans les Hautes-Alpes, 

ouvre de nouvelles voies, accueille et accompagne, 

avec la tendresse de Marie : annonce Jésus Christ ! 

Frères et soeur grands parents et personnes âgées.

Le Pape a proposé de vous prendre au coeur de notre prière communautaire ce dimanche. Il vous a écrit un très beau message, que vous pourrez lire sur les sites de nos diocèses. Il vous partage le psaume 92 : « Ils portent encore des fruits dans la vieillesse. » Que de fois dans leur lettre pour demander à être confirmé, les jeunes ou les adultes me parlent de leurs grands parents. Votre témoignage de fidélité dans l’amour conjugal, votre témoignage de fidélité dans la prière communautaire à la paroisse, sont une annonce très forte pour vos petit-enfants : la fidélité en amour et dans la prière, c’est possible, et c’est même la source vive. Rien plus que la prière ne peut nous mettre en confiance et en joie et nous donner le courage et l’amour. Alors vous aussi, grands parents et personnes âgées, « accueillez et accompagnez, avec la tendresse de Marie : annoncez Jésus Christ ! »

Amen !