Enseignement du Père Jean-Marie Dezon pour le mercredi 1er avril 2020.

3e journée : JÉSUS, SACHANT QUE L’HEURE ÉTAIT VENUE…

Voici que le Christ s’avance consciemment, volontairement, vers sa Passion qu’il veut vivre pour sauver le monde et glorifier son Père. Avant de s’y plonger, il décide d’anticiper son offrande sur la Croix, ainsi que sa Résurrection, dans le cadre de la Cène, son dernier repas qu’il partage avec ses intimes. Ainsi il peut les introduire au sens de tout ce qui va se passer : sa mort violente aux mains des autorités religieuses et des Romains sera un acte d’amour, puisqu’il l’accepte volontairement ; sa Résurrection sera la réponse de Dieu qui exalte son Fils et inaugure une nouvelle vie pour l’homme.

La liturgie, en ce Jeudi Saint, choisit de rapporter l’institution de l’eucharistie en seconde lecture (1 Co. 11), mise en lien avec le récit de la Pâque fondatrice (Ex. 12).

1 Co. 11 ; trois gestes dominent : élever, bénir, rompre.

L’Évangile lu en ce jour (Jean 13,1-15) nous rapporte, non pas le récit de l’institution de l’eucharistie, mais le geste de Jésus lavant les pieds de chacun de ses disciples. Le Christ va accomplir l’acte le plus sublime de son ministère, en allant au bout du don de soi, au bout de la kénose (cf. Phil. 2). C’est cette parfaite désappropriation de lui-même, par amour pour le Père et pour nous, qui fait sa grandeur et sa gloire.

Le Christ voudrait entraîner ses disciples dans ce mouvement d’amour total, c’est pourquoi il fait un geste frappant, puis leur en explique le sens (Jn 13,34).

Le Christ s’agenouille donc, touche et lave les pieds de ses disciples, espérant par ces moyens toucher profondément leurs coeurs, qui ont encore besoin d’une conversion profonde.