You are currently viewing Jésus Christ t’aime, il a donné sa vie pour te sauver, et maintenant il est vivant à tes côtés – Homélie pour la confirmation à La Saulce

Homélie 21 mars 2021 – Carême 5

10h30 Eglise de La Saulce – Six CONFIRMATIONS  

« L’heure est venue où le Fils de l’hommedoit être glorifié. » Cette parole de Jésus telle que nous la rapporte saint Jean dans son évangile est un peu une énigme.

D’abord qui est ce Fils de l’homme ? Il est clair que Jésus parle de lui-même. Cette expression veut certes dire « l’homme que je suis », insistant sur son incarnation, le Fils de Dieu étant un vrai homme, mais pour les juifs, elle était aussi une référence à une prophétie du livre de Daniel dans l’Ancien Testament : les empires comparaissent au tribunal de Dieu et sont dépouillés de leur puissance. Alors arrive sur les nuées du Ciel « comme un Fils d’Homme », il s’avance jusqu’au tribunal de Dieu et reçoit la royauté universelle. Retenons cette idée de royauté universelle, étendue sur le monde entier.

L’heure est venue. De quelle heure s’agit-il ? Bien sûr il ne s’agit pas de l’heure d’été ou d’hiver, ou du couvre-feu ! Moins qu’un moment précis du temps, c’est l’ensemble de la phase suprême de sa mission qu’elle couronne. C’est une heure de souffrance dont l’approche déclenche un rude combat intérieur. « Maintenant mon âme est bouleversée », confiera Jésus. C’est « l’heure de passer de ce monde au Père » dira encore Jésus en Jean 13,1. C’est l’heure de l’amour poussé jusqu’à son terme ; le Seigneur y allant librement. Il y a aussi dans nos propres vies des heures suprêmes…

L’heure où le Fils doit être glorifié. Quelle est cette mystérieuse glorification ? Cela arrivera quand le monde entier reconnaîtra Jésus comme son Sauveur, quand le salut sera étendu du peuple hébreu à l’humanité entière. 

Chacun des textes de ce dimanche nous l’indique.

L’évangile nous parle de Grecs, non de juifs, mais de grecs qui veulent voir Jésus. Sans doute des grecs attirés par la foi des Hébreux au Dieu unique et qui ont entendu parler de Jésus. Notons aussi qu’ils s’adressent naturellement à Philippe, un prénom grec, et que Philippe va le dire à André, autre prénom grec, l’un des trois plus proches apôtres de Jésus, le frère de Pierre. Tous deux vont le dire à Jésus. Et pour Notre Seigneur, que des grecs veuille le voir, c’est comme un déclic. C’est mon heure. « L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. » Sa glorification passe par la diffusion de la foi parmi les païens. Jésus continue d’ailleurs : « quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. »

C’est bien ce qui s’est passé. De cette terre désertique de Judée, la foi en JC est maintenant bien présente sur tous les continents. La Bible a été traduite dans pratiquement toutes les langues ! Que vous alliez à la messe ici à La Saulce ou au fin fond du Bénin, c’est la même messe, c’est le même Seigneur que nous adorons.

Oui la glorification de Jésus, c’est de transmettre la vie éternelle à tous ceux qui croient en lui. 

Cela correspond bien au projet de Dieu tel qu’également notre première lecture, extraite du prophète Jérémie, nous le révèle : « Tous me connaîtront – Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. »

« Tous me connaîtront », cela s’est déroulé par contagion, par la transmission de la Foi, la transmission de ce qu’on appelle en langage savant le kerygme, ce qui en grec ancien signifie « proclamation à voix haute ». C’est le contenu essentiel de la foi en Jésus-Christ annoncée et transmise aux non-croyants par les premiers chrétiens.

Chers jeunes qui allaient être confirmés, des anciens dans la foi vous ont transmis ce kerygme. 

Vous m’en avez parlé dans vos lettres de demande de confirmation.

Le Pape François décrit ainsi le kérygme : « Jésus Christ t’aime, il a donné sa vie pour te sauver, et maintenant il est vivant à tes côtés chaque jour pour t’éclairer, pour te fortifier, pour te libérer. » (Evangelii Gaudium 164)

Par le sacrement de la Confirmations, vous allez recevoir le don plénier de l’Esprit Saint. C’est l’Esprit Saint qui vous aidera à reconnaître chaque jour autour de vous Jésus vivant.

Mais ce don, c’est non seulement pour vous, mais vous faites partie de la grande famille des chrétiens, et à votre tour vous allez transmettre cette foi, ce kerygme, « Jésus Christ t’aime, il a donné sa vie pour te sauver, et maintenant il est vivant à tes côtés chaque jour pour t’éclairer, pour te fortifier, pour te libérer. » à vos amis, à tous ceux dans votre entourage qui ne connaissent pas encore la joie de connaître Jésus. Vous allez le faire par la parole directe, la proclamation à voix haute, par exemple : « et toi, hier dimanche t’a fait quoi ? J’ai été confirmé par l’évêque ! T’a été quoi ? » Et vous raconterez alors votre rencontre personnelle avec Jésus, votre demande de la confirmation, pour être un chrétien accompli. Et vous transmettrez le kerygme.

Revenons à ce kerygme, car cette période du Carême nous prépare à Pâques, et Dieu par sa Parole nous fait entrer dans l’intimité de Jésus devant cette heure.

Jésus sait que la conversion des grecs, c’est à dire de tous les païens, passera par sa passion, par sa mort et sa Résurrection. Il se compare au grain de blé : « si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » Et Jésus ajoute que c’est notre vocation à nous aussi ses disciples : « Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. »

Perdre notre vie, c’est faire de notre vie un « Je t’aime », c’est à dire choisir Dieu et mon prochain en premier, avant mon propre bonheur.

Hier à la cathédrale de Gap, j’ai célébré la messe de sépulture du père Pierre Fournier, qui fut votre ancien curé ici à La Saulce et vous a marqué profondément. Tous les témoignages convergent pour dire son érudition, c’était un savant, mais surtout son humilité, sa discrétion, et le don de sa vie à Dieu, à ses amis et à ses paroissiens.

Parmi les témoignages reçu, voici un message envoyé par un frère musulman, car le père Pierre était responsable diocésain du dialogue inter-religieux: « Les Connaissants ont une mort avant la mort ordinaire. Le Prophète a dit : ”Mourez avant que vous mouriez” ; c’est là la véritable mort, car l’autre mort n’est qu’un changement de demeure. Le vrai sens de la mort […] est l’extinction du serviteur, c’est-à-dire son effacement total en Dieu. » Oui, ce commentaire musulman dit juste : l’effacement total du serviteur en Dieu. Tel était le père Pierre, un bon et fidèle serviteur, tout donné à Dieu. Car tel était Jésus à qui il avait donné toute sa vie.

La prière secrète de mon coeur d’évêque hier par l’intercession du père Pierre était la suivante : « Seigneur Jésus, envoie nous des serviteurs comme le père Pierre, des jeunes qui veulent réussir leur vie en la donnant entièrement à ton Père, et à leurs frères et soeurs. »

Prions frères et soeurs pour nos jeunes confirmands. Qu’à l’intercession du père Pierre, ils soient chaque jour à l’écoute de l’Esprit saint, et qu’ils fassent de leur vie un « je t’aime ».

Amen.