Enseignement par le Père Jean-Marie Dezon pour le lundi 30 mars 2020.

1ere journée : JÉSUS REND LA VIE A SON AMI LAZARE (Méditation sur Jean 11,1-45)

Béthanie. En hébreu beith aneiah, signifie « la maison du pauvre ». Béthanie, c’est l’oasis de la lumière et de l’amitié. Là, dans une maison amie, Jésus a été heureux.

La résurrection de Lazare est le « dernier miracle » de Jésus, le dernier « signe » qu’il offre aux juifs dans le procès entre la lumière et les ténèbres : juste après ce signe, commence, en saint Jean, la Passion (Jn 11,46-53). En allant en Judée pour sauver son ami Lazare, Jésus va au-devant de sa propre mort.

… Jésus a attendu que Lazare meure, car, il le sait, il ne vient pas nous épargner la souffrance et le deuil, mais transmuer ces souffrances et cette mort par sa résurrection, lui à qui la mort ne sera pas épargnée !

Lazare, notre ami, s’est endormi… Jésus appelle toujours la mort un « sommeil », nous invitant par là à changer notre conception au sujet de cette réalité inéluctable : la mort physique, pour Jésus, est un simple et provisoire sommeil… Le tombeau devient un lieu où l’on se repose en attendant le réveil. -Voir Eph. 5,14 ; 1 Th. 4,14).

Marthe, comme une bonne partie des juifs de son temps, croyait donc à la résurrection « à la fin des temps »… au « dernier jour ». La nouveauté à laquelle Jésus lui demande de croire, c’est une résurrection « présente » : Je suis, la résurrection !

Alors, Jésus pleura. Les juifs se dirent : ‘Voyez comme il l’aimait !’. L’évangéliste Jean nous fait voir les larmes silencieuses d’un Jésus maître de lui, et qui, même quand il souffre, domine sa propre douleur.

Les versets qui préludent à la résurrection de Lazare nous suggèrent que le véritable but de cette page n’est pas le « réveil » de la mort physique de Lazare, mais bien la progression de la foi pour tous ceux qui entourent Jésus. Et l’action de grâces de Jésus, notons-le, ne porte pas sur le miracle qu’il va accomplir, mais sur le fait que ce miracle va aider des gens incrédules ou mal-croyants à « croire ».

La question essentielle pour l’homme, selon Jésus, n’est pas d’abord de pouvoir sortir du tombeau un jour, mais de passer, dès maintenant, de la mort à la vie par une adhésion de Foi en la personne de Jésus : Ils crurent en lui…

Et nous ?..