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Cette année, la JMMR s’est déroulée le 25 septembre dans la paroisse de Guillestre : après l’eucharistie et le témoignage d’une paroissienne ayant enseigné le Français à des mineurs étrangers non accompagnés, un repas partagé était proposé dans la salle paroissiale suivi de la projection du film « Sous les étoiles de Paris » (cliquer pour la bande annonce) et d’un débat.

Homélie du 25.09.22 de Frédéric Jory, Diacre permanent, Délégué épiscopal à la pastorale des migrants

Frères et sœurs en Christ,

« Construire l’avenir avec les migrants et les réfugiés », voilà le thème que le Pape François a donné à son message pour la JMMR.

Lorsque j’ai reçu ma mission diaconale de délégué épiscopal à la pastorale des migrants, je me suis étonné que cette journée annuelle de sensibilisation soit tournée vers les chrétiens et non vers le monde extérieur, les périphéries. Il s’agit bien de rappeler aux chrétiens qu’ils font partie d’une seule et même humanité qui vit sur une seule et même terre ; qu’il n’y a aucun être supérieur à un autre dans cette humanité.

Et cette invitation du Pape à changer notre regard sur les migrants et les réfugiés à construire l’avenir avec eux ne vient pas de lui-même mais bien de l’Évangile. Le Christ nous invite à quitter notre enfermement – c’est le sens du mot enfer, et c’est l’image qu’il donne à travers la parabole de l’évangile :

Nous serons après la mort ce que nous avons été sur terre et si nous n’ouvrons pas notre cœur, si nous manquons d’amour, nous même chrétiens nous ne franchirons pas le vide qui nous sépare de Dieu. Et Dieu n’y pourra rien.

Au sujet des migrants et des réfugiés, si nous voulons quitter cet enfermement, nos préjugés, il nous faut nos éloigner des discours politiques ambiants basés sur la peur de l’autre.

En France, personne ne sait combien il y a d’étrangers en situation irrégulière (expliquer la différence entre un migrant et un réfugié) ; ce qui permet à certains d’affirmer que nous sommes envahis et à d’autres qu’il faut tous les accueillir. Ces personnes sont entrées sur notre territoire parfois après de longues années de misères et de violences subies, parfois en prenant l’avion parfois en prenant les routes migratoires jonchées de cadavres. Certaines fuient la pauvreté, d’autres les persécutions ou les guerres. Certaines aussi viennent pour trouver une vie plus confortable. Quelles que soient les raisons, ces personnes ne sont ni criminelles ni délinquantes.

Elles sont au contraire une formidable opportunité de mûrir en humanité :

Je cite le Pape François : « l’histoire nous enseigne que la contribution des migrants et des réfugiés a été fondamentale pour la croissance sociale et économique de nos sociétés. Et c’est encore le cas aujourd’hui. Leur travail, leur capacité de sacrifice, leur jeunesse et leur enthousiasme enrichissent les communautés qui les accueillent. »

Aujourd’hui, le Christ nous invite à changer notre regard intérieur, c’est à dire de considérer la personne migrante comme mon frère en humanité.

Ainsi doit résonner en nous cette voix intérieure : Que faisons-nous de notre baptême ? Et que faisons-nous de notre frère ?

Dieu veut que nous collaborions avec lui afin de construire son royaume, de construire un avenir de paix et de prospérité. François affirme que « la construction du royaume de Dieu se fait avec les migrants et les réfugiés, car sans eux, ce ne serait pas le royaume que Dieu veut. L’inclusion des plus vulnérables est une condition nécessaire pour y obtenir la pleine citoyenneté ».

Alors comment collaborer ? Il s’agit pour nous d’inclure ces personnes vulnérables comme nous œuvrons pour lutter contre d’autres pauvretés à travers les œuvres d’Église.

Certes, nous ne sommes pas tous appelés à accueillir chez nous l’une de ces personnes. Et puis il faut rapidement dépasser le cadre de l’accueil pour mettre en place des projets ciblés. Il y a tant de possibilité pour leur venir en aide…et je ne parle même pas des très nombreux réfugiés chrétiens qu’il nous faut inclure dans nos communautés paroissiales. Des projets ciblés donc en lien avec le secours catholique et autres associations caritatives.

Vous savez, les bénévoles des associations caritatives ne sont jamais très nombreux…

Après la messe, après la communion fraternelle, nous pourrons partager le repas et échanger sur les projets portés par notre évêque et la pastorale des migrants. Vos idées sont les bienvenues.

Frères et sœurs en Christ, la bonne nouvelle est que nous ne sommes pas dans la posture de l’homme riche de la parabole ; Il n’est pas trop tard, cette communion fraternelle est possible aujourd’hui et elle est même le seul avenir possible de l’humanité…si elle veut être sauvée.