Jubilaires : l’engagement dans la durée

Lundi 20 mai, une assemblée nombreuse est venue au sanctuaire Notre-Dame du Laus à la messe présidée par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri pour entourer les jubilaires. Cette année se trouvaient fêtés aussi bien les prêtres que les religieuses et les couples mariés. “N’oublions pas dans nos prières aussi ceux qui se sont engagés, et qui pour une raison ou une autre ont connu l’échec, et qui ensuite vivent une fidélité de tous les jours pendant des années” a rappelé Mgr Jean-Michel di Falco Léandri. Ci-dessous une vidéo, la bande-son de l’homélie dans son intégralité du père André Bernardi, quarante ans de sacerdoce, et un diaporama.

Écoutez l’homélie du Père André Bernardi dans son intégralité :

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Texte de l’homélie du Père André Bernardi

“Faites tout ce qu’il vous dira”

Durant ce mois de Mai, mois de Marie, nous dirigeons nos prières vers elle. Nous nous mettons sous sa protection et, nous essayons de suivre son itinéraire, d’emboîter son pas et sa foi qui nous rapproche du Christ.

Marie nous entraîne sur le chemin de la foi.

Pensons à tous ces pèlerins d’ici et d’ailleurs, au Laus, à la Salette, à Lourdes et tant d’autres sanctuaires, à ces cantiques, à ces processions du soir avec tous ces visages éclairés par la lumière des cierges, à tous ces cœurs touchés par la grâce.

Prier Marie, c’est se placer sous sa protection et se mettre à l’école de sa foi. La Vierge Marie est ce visage maternel, à qui tout simplement on se confie.

Elle est celle qui a veillé sur Jésus.

Elle est, à Cana, celle qui invite les serviteurs à faire ce que Jésus leur dira.

Elle invite à accueillir sa Parole et à la mettre en pratique.

Elle est « Marie, mère de Dieu » à qui l’on demande d’intercéder pour « nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort » : quelle belle prière de contemplation, de supplication et d’abandon à Dieu que ce « Je vous salue Marie » que les croyants aiment redire depuis des siècles, en méditant cette prière, en suivant les « mystères » joyeux, douloureux, glorieux et – depuis que Jean-Paul II les a introduits – les mystères lumineux qui permettent aux croyants que nous sommes d’accueillir plus profondément dans nos vies celle du Christ, de sa naissance à sa mort, sa Résurrection, son Ascension, et de s’unir aux disciples qui en deviennent les témoins, au jour de la Pentecôte.

Prier Marie, c’est prendre ce chemin de foi qui nous rapproche du Christ, qui transforme notre cœur en cœur de disciple, en cœur d’apôtre, sur les pas de Marie.

Hier, dans beaucoup de paroisses, une étape dans la vie des enfants a été célébrée : la Profession de Foi, préparée par des temps forts, une retraite afin de les faire réfléchir à leur vie de chrétien dans le monde d’aujourd’hui, monde qui n’est pas toujours favorable ni porteur ou même parfois hostile à la foi. Nos communautés ont prié pour qu’ils reçoivent l’Esprit-Saint et qu’Il les rende forts dans leur résolution de poursuivre le chemin d’amour pour Jésus qu’ils ont choisi. Je suis toujours très frappé par leurs difficultés à croire en Dieu, en l’Esprit-Saint. Que ce même Esprit-Saint nous donne l’intelligence d’ouvrir pour eux et avec eux des chemins d’évangélisation, en comprenant leur langage pour qu’ils se sentent rejoints dans ce qu’ils vivent.

Encore dans le souffle de Pentecôte, nous nous redisons que depuis la première Pentecôte, rien ne sera plus comme avant : ce vent qui secoue les apôtres, ce « big bang » chasse les peurs et ouvre les portes. Cet Esprit nous est donné comme Défenseur contre nos peurs, peur de ne pas aimer, de ne pas pouvoir aimer, de ne pas être aimé, peur de moi, de autres, peur qui comme un mal sournois se cache dans les replis de notre inconscience et conduit au repli sur soi au lieu de l’ouverture à l’amour qui rend fragile et vulnérable.

C’est dans le contexte d’une vie où les communications ne manquent pas, où notre monde est devenu un village dans lequel règnent souvent l’orgueil, la jalousie, la discorde que nous avons à nous laisser guider dans l’humilité par l’Esprit de vérité vers la rencontre des autres et le partage.

C’est dans ce monde d’aujourd’hui que nous avons à vivre notre fidélité, fidélité à l’Esprit par nos engagements dans la vie de mariage, religieuse ou sacerdotale.

Aujourd’hui, nous sommes venus rendre grâce à Dieu pour toutes ces années de fidélité et pour qu’elle se poursuive encore. Nous sommes venus ce matin pour demander d’être habités par cette Sagesse qui nous conduit sur un chemin de vérité. Nous sommes venus pour nous rappeler tel souvenir du début de nos alliances, des souvenirs doux comme le miel de la ruche.

Moi-même, je me souviens des pèlerinages de mon enfance ici avec mes parents, de ces années de scolarité à la Maîtrise où des figures de prêtres aujourd’hui disparus m’ont impressionné par leur dynamisme, leurs connaissances, leurs talents, leur manière de s’occuper de nous. Ils ont contribué à faire de moi ce que je suis aujourd’hui. Le petit enfant que j’étais admirait ce grand podium, ces belles cérémonies mais également la simplicité et la ferveur des gens de nos campagnes et de nos cités venant ici prier Marie et Benoîte.

Que Marie, présente au milieu des apôtres, et maintenant couronnée d’étoiles aide chacun de nous tous ici rassemblés, jubilaires de cette année, en particulier, à renouveler notre désir de fidélité à l’Esprit-Saint, d’être attentifs aux attentes et aux besoins des autres, à vivre dans l’attitude des serviteurs pour nous entendre dire « Faites tout ce qu’il vous dira ». Ainsi la joie de servir fidèlement le Maître habitera nos cœurs d’apôtres, chacun selon sa vocation.

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