La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri : Résultat d’une enquête au goût amer

Dans sa chronique du 23 février 2014, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri présente les résultats d’une enquête au goût amer…

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les quinze jours sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

Il y a quelques jours j’ai promulgué dans mon diocèse le nouveau statut de l’enseignement catholique. Ce dernier vient remplacer celui de 1992.

Le site de l’enseignement catholique explique en trois brefs points les particularités générales de ce nouveau texte. Je le cite :

♦ Il assure une meilleure reconnaissance de la contribution de tous les partenaires  – professeurs, éducateurs, chefs d’établissement, parents, élèves, bénévoles, etc. – à l’œuvre et à l’institution éducative de l’Enseignement catholique.

♦ Il tient compte de la diversité des situations locales et propose des solutions pragmatiques et modulables.

♦ Il redit son caractère propre, que constitue l’originalité de la proposition éducative de l’école catholique au service de tous les enfants, des familles et de la société dans son ensemble.

Et ce dernier point est renforcé par l’article 10 de ce nouveau statut. Je le cite : « Au service de l’homme et de son éducation, l’Église manifeste qu’elle porte sur toute personne un regard d’espérance. Conformément à la mission qui lui a été confiée par le Christ, elle s’adresse à tous les hommes et à tout homme ; aussi, par choix pastoral, l’école catholique est-elle ouverte à tous, sans aucune forme de discrimination. »

Voici un point tout à fait clair.

Peut-être pas assez clair pour tous. En effet selon une enquête d’octobre 2013 du Centre National de la Recherche Scientifique, CNRS, l’application de cet article n’est pas toujours aussi transparente qu’on pourrait le souhaiter, tout au moins pour l’ensemble des établissements privés qui ne comptent pas seulement des établissements catholiques.

L’enquête consistait à envoyer par mail plus de 4 000 demandes d’admission d’un élève au sein d’une école privée. À chaque école sélectionnée, deux demandes ont été envoyées, une émanent d’un parent fictif dont le nom a une consonance franco-française, « Marc Roussel » par exemple, et l’autre émanent d’un parent fictif également dont le nom a une consonance d’origine maghrébine, comme « Toufik Mehdaoui ».

Le résultat de cette enquête montre à quel point il est urgent de tirer la sonnette d’alarme. Près de 45 % des demandes du parent d’origine française ont reçu une réponse. Contre moins de 33 % des demandes du parent d’origine  maghrébine. Ce dernier a reçu 28 % de réponses  positives pour l’admission de son enfant contre 40 % pour le parent au nom à consonance française.

Alors cette situation pose question. Et si certains établissements catholiques étaient concernés, ce filtrage ne serait pas en accord avec le nouveau statut, et moins encore avec l’enseignement du Christ. Le Secrétaire général de l’Enseignement catholique affirme la nécessité de travailler pour exclure toute discrimination. En effet, quel témoignage donneraient les écoles catholiques en condamnant certains enfants pour délit de faciès ?

Mais, vous saurez relativiser les résultats de cette enquête lorsque vous apprendrez qu’à Marseille certains établissements catholiques accueillent près de 60 % d’enfants d’origine maghrébine.

Je me souviens que l’un des slogans des manifestations de 1984 fut « l’école libre, c’est la liberté ». L’enseignement privé permet aujourd’hui encore de nombreuses libertés mais mieux vaut éviter la liberté de discriminer !

À bientôt.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 5 commentaires

  1. Ce sont, disait Chesterton,des idées chrétiennes devenues folles ………….Les parents musulmans seront les premiers à comprendre que dans une école catholique la priorité revient aux catholiques .Que Mgr di Falco pose donc la question à Farida Belghoul .Elle a quitté le communisme elle mal pensante désormais.
    Plus de trente ans passés en terre d’Islam renforcent ma conviction.
    Mgr di Falco trouve-t-il la France encore trop chrétienne ?

    1. Un enfant est d’abord un enfant avant d’être catholique ou musulman. C’est un enfant français qui a droit à accéder au savoir au même titre que n’importe quel autre enfant, et de plus il pourra découvrir ce que sont les chrétiens au-delà des clichés, et pourquoi pas même découvrir le Christ. “C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on vous reconnaîtra pour mes disciples” a dit Jésus.

  2. Merci, Monseigneur, de votre vigilance, qui nous enseigne la Vigilance;
    Signé:Une retraitée de l’enseignement catholique

  3. Que je suis ravie d’habiter Marseille !!! Merci Monseigneur

  4. BONJOUR,

    Dans mon quartier il y a 2 écoles : une “libre” et une “laïque”. Il est très fréquent que des parents d’origine maghrébine envoient leurs enfants à l’école dite libre … avec la raison simple c’est que l’éducation prodiguée dans cette école est plus sérieuse (je cite …). Certains ont même participé à la veillée de Noël ! sans vouloir faire de publicité, ces réactions ne sont pas sans intérêt!

    Amicalement.

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