La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri –  Dire du mal

Les chroniques dominicales de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri reprennent. Dire du mal, cela fait tellement de bien !… Est-ce si sûr ?… Tel est le sujet de cette chronique du dimanche 11 octobre 2015.

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les mois sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

Je suis très heureux de vous retrouver pour une nouvelle saison, et merci à celles et ceux rencontrés au cours de l’été qui m’ont vivement encouragé à poursuivre ces chroniques. Et si pour bien commencer nous disions un peu de mal ? Ça fait tellement de bien…

Un peu de mal des autres, du voisin, de la belle-famille, des jeunes, du président, de la météo, des journalistes, des juges, des curés, des évêques, du pape, et que sais-je encore… Dire du bien ne serait pas bien vu, et en tout cas pas crédible. Et puis dire du bien des autres n’est-ce pas une manière un peu indirecte de dire du mal de nous-mêmes ?

Dire du mal, c’est le titre du dernier ouvrage du journaliste Claude Sérillon, qui nous offre un inventaire bien fourni de nos plaintes quotidiennes. Ah, alors là, que l’imagination est productive lorsqu’il s’agit de dresser un tableau noir de tout ce qui se passe autour de nous. Pas de crainte, personne ne sera oublié. Du cercle intime aux personnalités publiques, de notre secteur de compétence à ce domaine dont nous ignorons tout, des faits réels aux rumeurs et suppositions les plus folles, tout y passe !

On dit du mal en privé mais aussi en public, sur les réseaux sociaux, dans les médias comme Claude Sérillon le décrit, je le cite : « On apostrophe, on raille, on gouaille, on vitupère, on harcèle, on houspille, on provoque la faute en formulant une réponse sous forme d’interrogation complice. Et si quelqu’un s’offusque c’est bien sûr un atteinte intolérable à la liberté d’expression ». Fin de citation.

Eh oui, dire du mal semble être devenu la norme et même plus que cela, la réalité, la vérité. L’auteur parle d’une présomption de culpabilité constante, qui nous pousse non plus à nous expliquer mais à avouer. Puisque ce qu’on dit sur les autres est négatif et qu’on y croit, il vaut mieux que la personne concernée fasse preuve d’un peu d’humilité et avoue. C’est la force de l’article calomnieux en Une, et la faiblesse du démenti perdu quelque part dans le journal. C’est la puissance de celui qui a pris la parole en premier pour détruire, et l’impuissance de celui qui a raison.

Claude Sérillon fait aussi ce constat, je le cite à nouveau : « C’est ce que nous sommes devenus. Des citoyens qui disent du mal de tout, tout le temps ». Il continue un peu plus loin : « Les râleurs savent tout, ils sont au courant des complots et persuadent chacun qu’un train en cache un autre. » Fin de citation.

Avoir la hargne pour hobby est un sujet qui aurait pu être un peu plus développé dans l’ouvrage intitulé Faites vous-même votre malheur du sociologue autrichien Paul Watzlawick. Si vous aimez les autres, il faut commencer par un amour sain de soi. Combien doivent se détester ces gens qui ont le venin pour salive et une lance acérée pour langue !

N’est-il pas plus raisonnable, plus reposant, plus utile, de s’informer, de comprendre, d’approfondir et s’il le faut de porter une critique juste et ouverte au dialogue plutôt qu’être aigri par défaut ?

Allez, je vous quitte sur cette citation d’Oscar Wilde à méditer : « Dire du mal des autres est une façon malhonnête de se flatter. »

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 3 commentaires

  1. MONSEIGNEUR,je corrige mes fautes,”du CONCRET,et APPARAT,c’est impardonnable! trop préssée pour envoyer le commentaire!

  2. Heureuse également,MONSEIGNEUR,de retrouver vos chroniques dominicales qui font tellement de bien,après tout ce mal être.Enfin du positif,du congrès!.Des langues de vipère,il y en à toujours eu,mais avec internet,les réseaux sociaux,un grand déballage public.Les grincheux,ceux qui ne s’aiment pas,devraient lire les romans de BERNANOS,Cet écrivain à débarrassé le mal de tout son apparât,de sa médiocrité.L’homme est toujours confronté entre le bien et le mal.L’écrivain le plus loin dans le mal,mais aussi dans la sainteté.”Nos amis les saints”.”La grâce se fait un chemin”. A méditer!.Merci MONSEIGNEUR,et aimons-nous les uns les autres,comme DIEU nous aime! Bonne semaine

  3. Nous ne pouvons que vous encourager à poursuivre vos chroniques. Le choix du sujet sur le livre – Dire du mal – pour une reprise de vos chroniques avec en toile de fond “les vamps” fait sourire et relate bien la réalité du quotidien.
    En regardant le côté positif des personnes plutôt que le côté négatif la vie n’est elle pas plus belle ? Je le pense.
    Aujourd’hui, notre société par nature ne peut s’empêcher de râler, de critiquer pour la moindre chose.
    Bonne semaine.

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