La chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri –  François parmi les loups
  • Post published:7 juin 2015

Dans sa chronique du dimanche 7 juin 2015, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri présente le visage plein de miséricorde d’un pape François au milieu des loups. Saurons-nous le soutenir ?

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les mois sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

J’ai lu il y a quelque temps le livre François parmi les loups du journaliste vaticaniste Marco Politi. Je l’ai connu lorsque j’étais à l’ambassade de France près le Saint-Siège à Rome et j’apprécie la pertinence de ses analyses. À la lecture de son livre, j’ai réalisé combien le pape François avait besoin de soutien face à ceux qui, même dans son entourage immédiat, critiquent certaines de ses prises de positions qu’ils jugent trop ouvertes et tentent de leur faire obstacle. Il a face à lui certains de ceux qui se crispent sur leur vérité, qui refusent tout débat et passent derrière lui pour refermer les portes et les fenêtres qu’il ouvre pour faire entrer dans l’Église un vent d’Espérance, pour ne pas dire le souffle vivificateur de l’Esprit.

Alors, c’est vrai, ça décoiffe !!!

Dans les années 90 lorsque j’étais porte-parole des évêques de France, je déplorais fréquemment que faute de débats à l’intérieur de l’Église ce soient les médias qui en prennent l’initiative. Le pape François non seulement souhaite les débats au cœur même de l’Église mais les encourage. Et les chrétiens de toutes sensibilités devraient s’en réjouir.

Par cette attitude, le pape François brise l’image qu’a de l’Église une certaine opinion publique. À partir de l’image d’une Église qui juge et condamne, il façonne celle d’une Église qui aime, accueille et pardonne. D’une Église qui est jugée par certains comme un obstacle entre les hommes et Dieu, il fait une passerelle, un pont entre Dieu et les hommes. Et s’il met le doigt sur les blessures de l’âme humaine ce n’est pas pour les raviver mais pour les panser et pour exprimer de la tendresse et de la compassion.

Je me souviens de cette remarque que me fit un jour un grand animateur de télévision dont la vie n’était pas un exemple : « Je n’attends pas, me dit-il, que l’Église me dise que ce que je fais est bien. Ce que j’attends d’elle c’est qu’elle m’aime. »

C’est sans doute la raison pour laquelle le pape François a décidé de faire de l’année 2016 l’année de la Miséricorde, pour dire « comment l’Église pouvait rendre plus évidente sa mission d’être témoin de la miséricorde. » Témoin de la bonté et de l’amour de Dieu pour l’humanité.

Alors, dans ce monde écorché, dans des sociétés meurtries, divisées, le pape François conduit une Église qui se présente avec les blessures de ses propres faiblesses comme signes d’amour, pour rappeler à l’humanité que sa vocation est de vivre la réconciliation et le pardon et d’en puiser la force dans l’amour et la miséricorde de Dieu.

À bientôt.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 3 commentaires

  1. Launay

    Bonjour,

    Les papes précédents étaient tout autant, peut-être encore plus, entourés de loups. Rappelons-nous la haine du monde à propos de benoît XVI ou Jean-paul II. Le déchaînement des loups lorsque Benoît XVI a levé l’excommunication concernant les évêques de la fraternité St-Pie X, la meute hurlant contre Jean-Paul II lorsque celui-ci parlait de la beauté de la famille, les exemples sont innombrables…

    Notre pape, François, a besoin de notre soutien et prière, pour guider l’église selon l’Esprit-Saint.

    Par contre l’image de l’église dans le monde sera toujours mauvaise. Rappelons-nous les paroles de notre Maître:”S’ils m’ont persécutés ils vous persécuteront aussi.” Surtout qu’on ne peut pas dire que l’église des siècles précédents n’avait pas le souci de la miséricorde et de l’amour du prochain, c’est quand même la base de son message, et malgré ça, l’église de Jésus est toujours haïe du monde. C’est normal et même rassurant, que serait une église encensée par les médias et adorée du monde?

  2. Grimaldi Marie José

    ce livre est passionnant et … inquiétant . Où donc va l’Eglise ?

  3. Elisabeth Meyer

    Il faut reconnaître que notre pape François parle de multiples sujets de manière franche et directe qui peut en effet déranger. Cela a au moins le mérite de nous interpeller, de nous interroger. Sans aucun doute, cela fera évoluer notre Église et la transformera en une Eglise accueillante et aimante.
    Œuvrons pour que cette passerelle que veut construire le pape entre Dieu et les hommes devienne réalité.
    Bonne semaine

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