Dans sa chronique du dimanche 10 avril 2016, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri nous parle d’abattoirs.

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les mois sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour,

Les cas de maltraitances animales font de plus en plus souvent la une des médias. Il y a les cas récents des abattoirs d’Alès, de Le Vigan ou de Mauléon-Licharre. Ces cas font grands bruits de par la cruauté des pratiques, la torture des animaux avant abattage et le nombre d’animaux victimes de la violence, de l’irresponsabilité et du goût prononcé d’infliger des souffrances, de la part de certaines personnes.

Il y a la maltraitance gratuite et celle qui se pratique pour l’argent comme le massacre des phoques pour leur fourrure ou des éléphants pour leurs défenses.

À ces violences de masse, il nous faut ajouter les violences individuelles. Celle du chien attaché à un arbre au bord d’une route. Celle du chat battu à mort fruit d’une distraction mélangeant ennui et inconscience. Celle du combat de coq, du tir au pigeon, de la bataille de chiens.

Il est difficile de concevoir comment l’homme peut atteindre ce niveau de barbarie, comment la souffrance d’un tiers peut procurer du plaisir ou de l’indifférence. Il est bon que l’opinion publique s’émeuve de ce type de pratiques, que les médias les relatent et que les législations évoluent pour les sanctionner de plus en plus lourdement.

En France, les actes de cruauté envers les animaux peuvent être sanctionnés par deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. Depuis peu les animaux ne sont plus des biens meubles au regard de la loi mais des êtres vivants doués de sensibilité.

Tiens, cela me fait penser à d’autres êtres vivants doués de sensibilité. Ces êtres-là meurent également sous nos yeux dans des conditions atroces. Il y en a tellement que les médias relatent cette barbarie de moins en moins. Il y en a tellement que l’opinion publique commence à s’habituer à cette situation qui devient de plus en plus un état de fait. Peut-être même un fait divers. Il est difficile de concevoir que l’homme puisse atteindre ce niveau d’indifférence devant cette tragédie.

Ces êtres-là payent d’un côté pour une mort probable et se confrontent de l’autre à un manque de générosité. Vous l’avez certainement compris, les êtres dont je parle sont les migrants.

Quelles sont les raisons pour lesquelles la torture d’un agneau nous choque et nous mobilise et la noyade d’un migrant nous fait entourer les frontières de fils de fer barbelé ? Comment se fait-il que la cruauté envers un animal est sanctionnée de deux ans de prison et que l’aide apportée à un migrant peut nous amener devant les tribunaux ?

Les agneaux et les migrants n’ont qu’une seule voix pour se faire entendre : la nôtre. Alors chacun à notre niveau, décideurs, politiques, mécènes, présidents d’association, bénévoles ou tout simplement citoyens, donnons notre voix à ceux que certains préfèrent laisser mourir et défendent cette position en jouant sur les peurs. Coulons les bateaux, bloquons nos frontières, fermons les yeux et tout ira bien : ceci est une politique digne des abattoirs récemment montrés du doigt.

Alors mobilisons-nous pour nos frères les hommes au moins autant que nous nous mobilisons pour nos amis les bêtes. À moins que nous n’ayons d’autres chats à fouetter.

À bientôt,

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 3 commentaires

  1. Elisabeth Meyer

    La maltraitance animale est inqualifiable. On ne peut que punir sévèrement les personnes qui pratiquent de tels actes.

    Pour les migrants, je suis plus que choquée de voir la façon dont l’Europe traite ces personnes. En colère de voir ces migrants enfants, femmes et hommes parqués dans des camps entourés de fils barbelés pour un retour sans avenir. Accepterions nous cela si nous étions à leur place ? J’ose espérer que non. Nous avons décidément la mémoire bien courte, car nous reproduisons les mêmes erreurs que par le passé.
    Aurons nous le courage de dire non à ces faits qui sont pour moi d’une violence terrible et inacceptable ?
    J’admire le Pape François qui au delà des religions a permis à des familles de retrouver leur dignité et de recommencer une nouvelle vie au Vatican.
    Bonne semaine Monseigneur.

  2. Maria

    Je trouve dommage de ne plus connaitre les différents rdv de Mgr di Falco (rubrique agenda) comme c’était le cas jusqu’alors.
    J’aime bien prier pour les différentes interventions de Mgr.
    Est-il malade ou fatigué ?

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