Dans sa chronique du dimanche 8 novembre 2015, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri nous invite à regarder, ne serait-ce qu’un instant, par les yeux des autres.

Les chroniques de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri sont également diffusées toutes les semaines :

• sur les ondes de RCF Alpes Provence
• sur le site internet du journal Le Point
• sur D!CI TV
• sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus

et tous les mois sur KTO dans l’émission À la source.

Bonjour.

Nous connaissons tous le questionnaire de Proust et ses nombreuses variantes. Si j’étais un oiseau, je serais un hibou. Si j’étais un livre, je serais le Petit Prince. Si j’étais un héros, je serais. Si j’étais une peinture… et ainsi de suite.

Et si j’étais un pauvre, un handicapé, un migrant, un sans-papier, un sans-abri, un détenu, un rejeté, un intouchable, que sais-je encore…

Certains se demandent parfois pourquoi ces millions d’investissements et ces normes contraignantes pour l’accès des personnes à mobilité réduite. Et si nous étions handicapés, nous poserions-nous la même question ?

Il arrive parfois que certains disent que la surpopulation et l’insalubrité dans les prisons, ce n’est pas bien grave car la population qui y réside l’a bien mérité. Et si nous étions détenus, dirions-nous la même chose ?

D’autres disent que le migrant n’a qu’à rester dans son pays, que le sans-papier n’a qu’à y retourner, que le sans-abri n’a qu’à trouver un travail. Mais que dirions-nous si, si, si…

Afin de nous aider dans cette réflexion, sera inaugureré en septembre 2016, à Londres, le musée de l’empathie. Il s’agira du premier musée qui invite le visiteur à se mettre à la place de l’autre. Le philosophe à l’origine de ce musée explique, je le cite : « L’empathie a le pouvoir incroyable de transformer la société. Il faut la faire sortir du champ de la psychologie pour l’introduire non seulement dans les échanges de tous les jours mais aussi dans la culture. […] Le but est que l’empathie fasse irruption dans notre vie de tous les jours. » Fin de citation.

Il donne l’empathie comme une aide pour les transitions démocratiques souvent difficiles. « L’empathie est essentielle pour établir les fondements d’une culture démocratique. En nous mettant à la place d’autrui, en voyant avec les yeux des autres, nous les humanisons et nous bousculons les préjugés et les stéréotypes responsables de cette mentalité toxique (“nous” contre “eux”) qui génère tant de conflits et d’inégalités », estime-t-il.

Un philosophe américain du XIXe siècle s’interroge : « Pourrait-il se produire miracle plus grand pour nous que de regarder un instant par les yeux des autres ? » [Henry David Thoreau]. Fin de citation. Bien sûr, cela est dérangeant voire inconfortable.

Et si on essayait un autre questionnaire à la manière de Proust : Et si j’étais bon ? Et si j’étais généreux ? Et si j’étais souriant, à l’écoute, ouvert, accueillant ?

Allez, je vous laisse répondre.

À bientôt.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 4 commentaires

  1. manoroland

    Bonsoir Monseigneur;

    En effet je pense que dans vie l’empathie est nécessaire , pour un épanouissement de soit même , il est tellement agréable de faire plaisir à son prochain, partager un repas, une petite douceur;, et voir cette personne vous sourire
    quel bonheur
    laissons de côté l’indifférence
    aimons nous tout simplement

  2. croassant

    MONSEIGNEUR,de tout cœur avec vous,pour cette soirée de prières et de recueillement à la Basilique du Laus pour toutes les victimes des attentats meurtriers qui ont endeuillés la capitale,ce vendredi,13.Notre France attaquée sauvagement! Comme je voudrais être des vôtres en ce moment et implorer la Sainte Vierge Marie de nous protéger,mais je me joins à vous par la pensée. “Notre Dame du Laus,refuge des pêcheurs,priez pour nous qui avons recours à vous” .Demain le glas à midi à l’initiative de MGR Georges Pontier.Mon DIEU plus jamais çà! Merci MONSEIGNEUR

  3. Elisabeth MEYER

    N’est il pas plus facile de vivre tranquille en se voilant la face sur le problème des autres ? Cela s’appelle l’indifférence.
    La mise aux normes pour les handicapés est effectivement très exigeante. Cependant, Il est déplorable qu’un handicapé ne puisse pas prendre le métro parisien par exemple faute d’ascenseurs dans un grand nombre de stations, pas d’indications au sol pour les non voyants…. Notre pays est très en retard.
    Alors, je vais essayer d’être généreuse, à l’écoute, souriante, accueillante. Cela ne devrait pas être trop difficile!!!

  4. croassant arlette

    L’empathie,revient à contempler sa propre image.Regarder un instant “par” les yeux des autres et non “dans” les yeux,gênant! La faculté de se mettre dans la peau des autres et de réfléchir à la manière dont on agirait à leur place.C’est dans l’effacement de soi,que l’on peut,par empathie,percevoir la réalité de l’autre.Merci MONSEIGNEUR . Et si j’étais parfait?

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